mercredi 11 mai 2016

Café Society de Woody Allen



La question de rigueur lorsque sort un nouveau Woody Allen est de savoir où le placer dans sa filmographie. Parmi les grands crus ? Plutôt dans le genre mineur ? Après la vision de "Café Society", cela ne vient pas à l'esprit. La légèreté teintée de mélancolie qui nimbe ce film élégant fait oublier tout ce questionnement mesquin. Pendant une heure et demie nous avons été emportés dans le Hollywood et le New York des années 30, au gré d'une histoire d'amour contrariée, marivaudage conté par le maître lui-même. Léger comme les bulles de champagne qui coule à flot dans les réceptions clinquantes ou les clubs de jazz, le film semble revisiter une nouvelle fois l'univers du réalisateur ( la séduction, la famille juive, les années d'avant guerre, ...). On pourrait craindre une répétition, alors que c'est juste pétillant, avec ici une touche acidulée, là une pointe d'humour et partout un nuage de tristesse, plaçant ses héros au bord d'un gouffre que l'on sent venir, la guerre bien sûr, mais la fin d'une époque ( même pas bénie).
La lumière magnifique, les mouvements de caméra virtuoses mais jamais voyants rendent le spectacle aussi gracieux que possible. Jesse Eisenberg, un peu malingre et voûté, apparaît comme le clone parfait et jeune du maître. Et cerise sur le gâteau, même Kristen Stewart est arrivée à me faire oublier que jusqu'à présent je la considérais comme une actrice un poil tête à claques !
Je me suis laissé porter par cet exceptionnel sentiment de fraîcheur qui court durant tout le film. Cette vraie leçon de jeunesse que nous donne cet octogénaire décidément toujours aussi vert, possède cette touche si personnelle et toujours revigorante qui fait que l'on ressort de la salle joyeux et léger. Si la fin très réussie de "Café Society " nous serre un peu le coeur, le plaisir éprouvé est tel, que l'on comprend que ce film fasse l'ouverture de Cannes même si l'évocation du Hollywood du passé est un peu acide, le film est un hymne au beau, au bon cinéma qui sait allier élégance et humour, dérision et profondeur .


1 commentaire:

  1. Moi je vis le festival de Cannes en décalage d'un an, au Mans, et c'est très plaisant ;-)Je retiens cette jolie phrase de fin répétée plusieurs fois, et à méditer: " un rêve n'est jamais qu'un rêve..."

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