dimanche 12 juin 2016

Psycho-pass de Natsuo Sai et Midori Gotô



Je sais ne pas être l'exacte cible des éditeurs de mangas, mais que voulez-vous, entre la curiosité et la lecture par le passé de quelques séries bien fichues ( "Monster", "Death note", ...), je me suis laissé tenter par ce premier volume de "Psycho-pass" vanté avec beaucoup d'à-propos par la maison Kana.
Bien installé, je me plonge dans une ville moderne ( pas spécifiquement japonaise ) et dans un futur proche. Et là, ça ne traîne pas. En trois planches, la situation est exposée, on ne s'encombre pas de détails. Pour permettre une vie cool et pépère, les scientifiques ont réussi à mesurer l'état mental de la population grâce à un psycho-pass qui permet au final de fliquer tout le monde. La moindre personne ayant un semblant de colère en lieu est traquée et arrêtée. Pour surveiller et intervenir une sorte de brigade spéciale existe composée de jeunes gens dynamiques.
Jusque là je suis sans problème, mais dès que va être posé l'argument principal, soudain je vais achopper dans la compréhension et devoir relire quatre fois les mêmes planches, sans être vraiment éclairé. J'ai saisi que lors d'une opération d'une veille personne, on s'était aperçu qu'un rein greffé depuis des dizaines d'années déjà, portait une marque imprimée sur ses tissus, comme une signature... Ce départ franchement singulier, inquiète énormément le directeur de cette clinique qui a peur du scandale et de l'émoi que cela peut susciter. Je ne dois pas être japonais, car franchement, à ce stade du développement humain, cela ne m'apparaît pas bien méchant, tant que l'organe fonctionne... On peut s'habiller avec des jupes improbables, pratiquer le hara kiri comme un art mais posséder un rein tatoué, non ! Alors offusquons-nous, tremblons et poursuivons. L'enquête débute sur les chapeaux de roues. Le fameux psycho-pass qui sert à tout détecter en trente secondes, désigne très vite un coupable qui est traqué, vite neutralisé et éliminé. Page 68, tout est plié !...Ah non, trop simple ! Ce n'était qu'un maillon ! Y'a un cerveau ! Traquons-le ! D'autres cadavres possèdent des reins tatoués ! Horreur ! c'est un vrai complot à grande échelle! Vite réfléchissons ( deux pages), agissons ( 10 pages), utilisons l'espèce de pistolet fourni en mode disrupteur annihilateur. Brrrsh, ! Criiii !  Dooom ! ( c'est le bruit  qui accompagne l'utilisation du fusil machin truc... que serait un manga sans ces onomatopées zébrant les pages d'action ? ) Ouais ! On la ! Oui mais après...on fait quoi ?  Ce n'est que le dernier tiers d'un premier tome, faut trouver une idée .... Une nouvelle poursuite après...je ne sais plus qui... , ça meuble ....Euréka! Un peu de cannibalisme ( mmm, c'est bon ça coco pour faire frémir les ados scarifiés et alcoolisés ) Clang ! ( C'est le bruit qui accueille la révélation de la dégustation de foies humains, de reins peut être, je suis un peu perdu). Mais en fait, celui-là est encore un maillon... Y'a plus gros ! Faut le trouver !... Mais ce sera dans le tome 2 (peut être ) ...et sans moi.
Oui sans moi, car j'avoue qu'entre un dessin faisant des personnages très anguleux pas toujours identifiables et des yeux de biches, espèce née à Tchernobyl, aux personnages féminins et une intrigue au final très prévisible, "Psycho-pass" n'a rien de passionnant. Quand en plus vous rajoutez des notes d'humour aussi tartes qu'un personnage crachant son café en arrière-plan parce que pas bien fameux ou...ou ? Ben non, rien d'autre....Vous croyez que quand on est une bande de  jeunes traquant des tatoueurs d'organe, on a le temps de faire des vannes ? Que nenni, on compulse son ordi, les bases de données et on court en criant !
Je dois avoir passer l'âge de courir après des cannibales ( Vendredi, c'était au siècle dernier) tout comme celui de me laisser emporter par des histoires, certes tirées par les cheveux, mais développées sans grande inventivité. Le quinqua fana de manga ce ne sera pas moi !


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