vendredi 30 août 2019

Les petits de Décembre de Kaouther Adimi


3 raisons qui peuvent vous amener à vous plonger dans la dernière livraison de Kaouther Adimi et qu'il faut examiner de plus près : 

J'ai adoré son précédent ouvrage ! 

Quand on a énormément apprécié le roman d'un auteur, force est de reconnaître que l'envie d'acheter, séance tenante, son suivant démange tout lecteur, même si dans un coin de sa tête il sait que la réussite n'est pas toujours deux fois de suite au rendez-vous. " Nos richesses", il y a deux saisons maintenant, avait séduit jurys divers et lecteurs. La vie d'Edmond Charlot et de sa petite librairie avait ému, touché, surtout qu'elle épousait subtilement autant l'histoire de l'Algérie coloniale puis indépendante que tout un pan de la littérature française. Ce succès attise les envies des éditeurs à voir leur ( ici)  jeune pouliche se remettre vite au turbin pour bénéficier de l'engouement encore frais d'un public toujours un peu curieux de voir ce que la suite va engendrer. Cette hâte se révèle souvent pas si bonne productrice que ça... "Les petits de Décembre" , joli titre, en est un bon exemple.

Ca parle de l'Algérie d'aujourd'hui. 

Exact ! Kaouther Adimi, reste dans un thème qu'elle connaît visiblement bien, l'Algérie. Comme dans son précédent récit, elle part d'un fait assez marquant ( ici, une friche au milieu d'un quartier qui sert de terrain de jeu à toute une bande d'enfants, est achetée par deux généraux afin d'y faire construire leurs maisons ) pour brosser au final le portrait actuel d'un pays gangréné par les très vieux militaires au pouvoir et d'une société sous surveillance et pas mal corrompue. De plein pied dans l'actualité, son roman tombe à pic pour qui voudrait connaître de façon un peu plus agréable qu'un article ou un reportage, la situation de ce pays. Si l'on prend le seul côté informatif, le pari est réussi. En plongeant le lecteur au coeur de ce quartier mélangé, nous approchons d'une réalité algérienne que l'on devinait mais qui ici se trouve joliment incarnée par les quelques personnages que nous y croisons ( de l'ancienne égérie de l'indépendance au franc-parler aux militaires à la retraite qui perçoivent l'impasse dans laquelle le pays est engagé).

Ca parle aussi de cette jeunesse qui risque de faire changer l'Algérie.

Certes, il y est question d'une bande d'enfants ( et de quelques grands ados ou jeunes adultes) qui se révolte contre ces généraux en luttant pour conserver leur terrain vague. Mais, c'est là où le roman pêche pas mal. De cette situation hautement symbolique, Kaouther Adimi n'en tire pas grand chose. Elle répète beaucoup la première altercation des généraux et de leur chauffeur avec les jeunes du quartier mais au final se sent bien plus à l'aise à décrire la situation politique et sociale de l'Algérie, elle bien tangible, s'attarde beaucoup avec les adultes mais n'arrive pas à hisser son récit vers le vrai romanesque que la situation appelait. La révolte tourne court littérairement ( je ne dis rien quant au résultat), l'auteure visiblement plus portée sur le reportage que le vrai récit. On reste sur notre faim et l'on ressent au final le petit côté un peu pédagogique de l'ensemble. Reste une tentative romanesque en demi-teinte... Mais il vaut mieux lire un Kaouther Adimi à demi réussi qu'un Sorj Chalandon complètement raté.






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