Les éditions Didier Jeunesse sont devenues en quelques années la référence incontournable en matière de contes du monde entier revisités par des auteurs et des illustrateurs contemporains.
Cet automne paraît une adaptation d'un conte russe populaire mettant en scène deux frères : un nigaud et un malin. Un jour, le plus débrouillard, en labourant le champ de son seigneur, trouve une marmite pleine d'or.
Voulant la garder pour lui, et se méfiant de son imbécile de frère trop bavard, il invente un stratagème pour s'emparer de ce trésor.
Je ne raconterai pas la suite, vous laissant le plaisir de découvrir ce conte qui séduira tous les amateurs d'histoires classiques. Le texte est tout à fait adapté aux enfants et les illustrations agréables et colorées donnent une jolie touche de modernité.
Encore un belle réussite des éditions Didier et, cerise sur le gâteau, si vous achetez cet album, une partie des recettes est reversée à l'association "Lire et faire lire" qui fournit auprès des enfants un formidable travail de partage du plaisir de lire.
Alors, aucune hésitation, pour Noël, plutôt que Dora...
La marmite pleine d'or de Jean-Louis Le Craver et Charles Dutertre, Didier jeunesse, 12,50€.
A partir de 4/5ans
mardi 6 décembre 2011
lundi 5 décembre 2011
31 boîtes de Cécile Boyer
Il y a des albums jeunesse qui parient sur une histoire attachante, d'autres sur des illustrations attrayantes, certains mêlent les deux quand d'autres essaient d'abord de séduire les parents. Enfin, il y a une catégorie plus rare qui préfère s'adresser à la fois à l'intelligence des enfants et à la patience des parents. " 31 boîtes" de Cécile Boyer est de celle là.
Vous me rétorquerez que l'on est très loin de la jolie histoire du soir censée endormir bien vite nos petits, qu'avec un album comme celui-ci, on est bon à retarder le coucher d'une bonne heure s'il faut expliquer tout ce qui se passe en dehors du texte.
Peut être, mais quel plaisir de pouvoir parler, échanger, expliquer le monde, imaginer des histoires à partir de ces boîtes. C'est tellement rare les albums qui font confiance à la sagacité, à l'imaginaire et à l'intelligence des enfants et de leur famille qu'il serait idiot de priver les votres de ce petit bijou.
31 boîtes de Cécile Boyer, édité chez Albin Michel jeunesse.12,90€. A partir de 4/5 ans.
Partant du principe que tout enfant devant une boîte à envie de l'ouvrir, cet album nous en propose donc 31, toutes différentes, sur une pleine page avec la question : Qu'y a-t-il dans cette boîte? Il suffit de tourner la page et apparaît le contenu, souvent coloré, toujours surprenant, accompagné d'une phrase qui ne décrit en rien l'illustration, mais emmène le lecteur à deviner, imaginer une histoire suggérée par les objets apparus.
Par exemple, on voit dans la boîte une scie, un marteau, des clous,... et le texte dit : " un danger pour les doigts !" Ou alors, on découvre des escarpins et un collier de perles et la phrase qui accompagne est : "Une soirée à l'opéra !"Vous me rétorquerez que l'on est très loin de la jolie histoire du soir censée endormir bien vite nos petits, qu'avec un album comme celui-ci, on est bon à retarder le coucher d'une bonne heure s'il faut expliquer tout ce qui se passe en dehors du texte.
Peut être, mais quel plaisir de pouvoir parler, échanger, expliquer le monde, imaginer des histoires à partir de ces boîtes. C'est tellement rare les albums qui font confiance à la sagacité, à l'imaginaire et à l'intelligence des enfants et de leur famille qu'il serait idiot de priver les votres de ce petit bijou.
31 boîtes de Cécile Boyer, édité chez Albin Michel jeunesse.12,90€. A partir de 4/5 ans.
dimanche 4 décembre 2011
Le tout petit roi de Taro Miura
La première chose qui m'a sauté aux yeux en ouvrant cet album, c'est une explosion de couleurs rendues plus intenses par le fond noir des pages.
La deuxième chose qui m'a impressionné, c'est ce véritable sentiment d'enfance que dégage cette histoire, une enfance faite de jeux de constructions, de bricolages, de rêve et de générosité.
"Le tout petit roi" est un album totalement ludique pour l'enfant qui le regarde. Son oeil est attiré par une multitude d'objets, de soldats, de collages rigolos et par sa mise en page colorée.
L'histoire, toute simple, d'un petit roi qui s'ennuie, tout seul, dans son grand château, est de celles qui allient simplicité et créativité. Et quand il épouse une très grande princesse et qu'ils ont plein d'enfants, l'histoire, pour une fois, continue pour nous vanter les charmes de la vie en groupe en redoublant de couleurs toutes plus joyeuses les unes que les autres.
Vous l'aurez compris, cet album est un parfait cadeau pour un enfant à partir de 2/3ans, à recommander à ceux qui aiment bien offrir des jouets en bois et notamment ces jeux de construction colorés qui transforment nos petits en graine d'architectes.
La deuxième chose qui m'a impressionné, c'est ce véritable sentiment d'enfance que dégage cette histoire, une enfance faite de jeux de constructions, de bricolages, de rêve et de générosité.
"Le tout petit roi" est un album totalement ludique pour l'enfant qui le regarde. Son oeil est attiré par une multitude d'objets, de soldats, de collages rigolos et par sa mise en page colorée.
L'histoire, toute simple, d'un petit roi qui s'ennuie, tout seul, dans son grand château, est de celles qui allient simplicité et créativité. Et quand il épouse une très grande princesse et qu'ils ont plein d'enfants, l'histoire, pour une fois, continue pour nous vanter les charmes de la vie en groupe en redoublant de couleurs toutes plus joyeuses les unes que les autres.
Vous l'aurez compris, cet album est un parfait cadeau pour un enfant à partir de 2/3ans, à recommander à ceux qui aiment bien offrir des jouets en bois et notamment ces jeux de construction colorés qui transforment nos petits en graine d'architectes.
Le tout petit roi de Taro Miura, édité chez Milan. 12€
samedi 3 décembre 2011
Dans le ventre de Papa de Norac-Grousset et Magali Bardos
Dans le flot d'albums publiés depuis des années sur la thématique "papa et son enfant", voici que paraît chez Pastel un album au titre accrocheur : "Dans le ventre de Papa".
Sur la couverture, un papa, en short de bain, main sur sa bedaine, flotte sur une mer d'huile, heureux.
Sur la couverture, un papa, en short de bain, main sur sa bedaine, flotte sur une mer d'huile, heureux.
Le point de départ de cette histoire peut sembler plein de fraîcheur enfantine. Sur la plage, en observant son père se déshabiller, une petite fille en voyant son gros ventre se dit : "Mon papa va avoir un bébé!"
Et il aura un garçon ! Les papas font les garçons et les mamans les filles. Illico presto, la petite fille devient ultra protectrice avec son père, l'obligeant à s'asseoir dans le métro à la place de dames plus âgées, évitant que son ballon ne rebondisse sur son ventre, jusqu'à ce que sa maman lui révèle la vérité.
Cela peut paraître charmant, mais j'ai été gêné par l'image dévalorisante du sexe féminin que véhicule cet album.
Tout d'abord, la petite fille est blonde bien entendu, pour avoir une idée aussi stupide de nos jours, il faut être ou fille (et blonde) ou sous informé (même à 3 ans). Ensuite, en observant les activités de la maman 2011, je suis ravi de voir qu'elle est vraiment à contre courant : à la veillée, elle tricote des chaussettes pendant que son mari dort devant la télé ! Trouvez une femme en âge de procréer capable de tricoter des chaussettes doit être aussi rare que de découvrir un trèfle à quatre feuilles dans son jardin. Bien sûr, aimante, elle accompagne son mari jouer au football (bon Ok, c'est pour jouer avec sa fille, modernité oblige). Mais quand, dans le jeu, il s'agit de refaire le lacet défait de l'enfant, ce macho de père préfère rester dans les buts, bobonne traverse prestement le terrain pour accomplir cette tâche somme toute ingrate.
Et à la fin, quand on retrouve toute la famille sur la plage, qui reste à s'occuper de bébé pendant que papa, avec maintenant un corps de rêve, prêt pour toutes les aventures, enfile palmes et tuba pour une petite baignade? Maman bien sûr, figure maternante éternelle et dévouée. Tout est de nouveau dans l'ordre, chacun bien à sa place, la femme coincée sous le parasol, l'homme faisant le beau dans l'eau tel un Georges Clooney de banlieue.
Après ce couplet féministe, il est évident que je ne conseille cet album qu'aux électeurs de madame Boutin et aux lecteurs d'Eric Zemmour... Il en faut pour tous les goûts...
vendredi 2 décembre 2011
Americano de Mathieu Demy
Y'a-t-il quelque chose à sauver du premier film de Mathieu Demy? Même pour moi qui espérais trouver un peu de ce qui faisait, et fait toujours, la magie des films de ses illustres parents, je me creuse la tête à chercher une scène, un moment quelconque qui m'ait titillé l'oeil, mais rien ne vient.
Je ne garderai pas le personnage de Martin ( Mathieu Demy), assez antipathique, inconsistant, qui part à Los Angeles pour régler la succession de sa défunte mère. Il est un peu dépressif, au bord de la rupture avec sa copine (Chiara Mastroianni) et répète inlassablement que sa maman ne l'aimait pas.
Je jetterai toute la partie mexicaine dans laquelle nous découvrons un bouge dans lequel se produit Lola (!) une ancienne camarade de jeu de Martin lorsqu'il avait 8 ans. Ici, les couleurs sont plus chaudes, l'atmosphère plus typée mais, hélas, plus proches de "Parking", film oubliable de son père, que des "demoiselles". Si vous êtes de bonne humeur, vous pourrez vous moquer de Salma Hayek, pourvue d'une perruque rouge et d'une balafre, dont l'interprétation brigue le prix de la pire prestation de l'année.
Je ne retiendrai pas le scénario, bien mince au départ, virant au noir improbable puis se terminant dans des tons roses gnangnans. Les nombreux clin d'oeil aux films de ses parents et notamment des extraits de "Documenteur" d'Agnès Varda, n'apportent pas vraiment un plus à cette divagation cafardeuse dont les tenants et les aboutissants m'ont totalement échappé, trop personnels sans doute...
Restent, les apparitions fugitives de Chiara Mastroianni, parfaite comme d'habitude, et de Géraldine Chaplin, rigolote en copine survoltée. C'est bien peu pour un film d'une heure quarante-cinq, qui prouve que Mathieu Demy a un énorme talent de... persuasion pour arriver à faire produire un long métrage aussi peu passionnant.
Je ne garderai pas le personnage de Martin ( Mathieu Demy), assez antipathique, inconsistant, qui part à Los Angeles pour régler la succession de sa défunte mère. Il est un peu dépressif, au bord de la rupture avec sa copine (Chiara Mastroianni) et répète inlassablement que sa maman ne l'aimait pas.
Je jetterai toute la partie mexicaine dans laquelle nous découvrons un bouge dans lequel se produit Lola (!) une ancienne camarade de jeu de Martin lorsqu'il avait 8 ans. Ici, les couleurs sont plus chaudes, l'atmosphère plus typée mais, hélas, plus proches de "Parking", film oubliable de son père, que des "demoiselles". Si vous êtes de bonne humeur, vous pourrez vous moquer de Salma Hayek, pourvue d'une perruque rouge et d'une balafre, dont l'interprétation brigue le prix de la pire prestation de l'année.
Je ne retiendrai pas le scénario, bien mince au départ, virant au noir improbable puis se terminant dans des tons roses gnangnans. Les nombreux clin d'oeil aux films de ses parents et notamment des extraits de "Documenteur" d'Agnès Varda, n'apportent pas vraiment un plus à cette divagation cafardeuse dont les tenants et les aboutissants m'ont totalement échappé, trop personnels sans doute...
Restent, les apparitions fugitives de Chiara Mastroianni, parfaite comme d'habitude, et de Géraldine Chaplin, rigolote en copine survoltée. C'est bien peu pour un film d'une heure quarante-cinq, qui prouve que Mathieu Demy a un énorme talent de... persuasion pour arriver à faire produire un long métrage aussi peu passionnant.
jeudi 1 décembre 2011
Habibi de Craig Thompson
Il y a des jours où j'ai honte, honte d'être incapable d'apprécier ce qui est considéré comme un chef d'oeuvre par le commun des mortels. A commencer par mon libraire spécialisé BD qui m'a remis entre les mains "Habibi" de Craig Thompson. Il avait adoré ce gros pavé de 680 pages et il était intarissable sur l'histoire qui l'avait bouleversé. Je suis donc ressorti, lesté de l'ouvrage que j'avais acheté malgré un léger scepticisme car je ne suis pas très friand des contes orientaux.
Ensuite, je suis allé faire un tour sur le web, histoire de voir ce que les critiques en pensaient. Là aussi ce n'était que louanges, cris de bonheur, couronnes de laurier. Pas un seul hiatus, pas l'ombre d'un mécontent, rien qui puisse indiquer qu'il pouvait y avoir la possibilité d'un léger ennui.
C'est donc en toute confiance que je me suis plongé dans la lecture du chef d'oeuvre...
Ca débute bien, beau graphisme, histoire sordide mais mise en scène avec talent et ... tiens une citation du Coran... ah, revoilà l'histoire, dessin sublime, très poétique,...tiens, un genre de carré magique, oh, de la calligraphie... Là, je commence à décrocher un peu... L'histoire reprend, attachante, sensuelle et terrible avec de temps en temps un peu de Coran, un peu de Bible, un coup de carré magique et des illustration de plus en plus foisonnantes...
Bon, je suis allé jusqu'au bout de cette lecture qui conte la rencontre de Zam petit garçon noir et de Dodola, magnifique jeune fille dans un Orient de conte entre les mille et une nuits et la fable écologique.
Non, la lecture ne m'a pas enchanté. J'ai admiré le délire graphique de l'auteur qui a décoré son histoire de toutes les volutes orientales possibles mais pour moi c'était un peu trop lourd, lourd comme si j'avais mangé toute la boîte de loukoums.
Les très nombreuses références à la religion m'ont laissé de marbre (oui, je sais, c'est écrit par un américain qui a lu le Coran, c'est donc une performance) ainsi que cette initiation aux carrés magiques que je n'ai pas comprise.
Reste l'histoire, pas légère non plus, un peu tirée par les cheveux, sûrement pour faire oriental, qui reste attachante et empreinte d'une grande sensualité sans pour cela devenir pour moi inoubliable.
Voilà, je suis un gros balourd, je suis passé à côté d'un album magnifique et intelligent. Suis-je vraiment le seul?
Ensuite, je suis allé faire un tour sur le web, histoire de voir ce que les critiques en pensaient. Là aussi ce n'était que louanges, cris de bonheur, couronnes de laurier. Pas un seul hiatus, pas l'ombre d'un mécontent, rien qui puisse indiquer qu'il pouvait y avoir la possibilité d'un léger ennui.
C'est donc en toute confiance que je me suis plongé dans la lecture du chef d'oeuvre...
Ca débute bien, beau graphisme, histoire sordide mais mise en scène avec talent et ... tiens une citation du Coran... ah, revoilà l'histoire, dessin sublime, très poétique,...tiens, un genre de carré magique, oh, de la calligraphie... Là, je commence à décrocher un peu... L'histoire reprend, attachante, sensuelle et terrible avec de temps en temps un peu de Coran, un peu de Bible, un coup de carré magique et des illustration de plus en plus foisonnantes...
Bon, je suis allé jusqu'au bout de cette lecture qui conte la rencontre de Zam petit garçon noir et de Dodola, magnifique jeune fille dans un Orient de conte entre les mille et une nuits et la fable écologique.
Non, la lecture ne m'a pas enchanté. J'ai admiré le délire graphique de l'auteur qui a décoré son histoire de toutes les volutes orientales possibles mais pour moi c'était un peu trop lourd, lourd comme si j'avais mangé toute la boîte de loukoums.
Les très nombreuses références à la religion m'ont laissé de marbre (oui, je sais, c'est écrit par un américain qui a lu le Coran, c'est donc une performance) ainsi que cette initiation aux carrés magiques que je n'ai pas comprise.
Reste l'histoire, pas légère non plus, un peu tirée par les cheveux, sûrement pour faire oriental, qui reste attachante et empreinte d'une grande sensualité sans pour cela devenir pour moi inoubliable.
Voilà, je suis un gros balourd, je suis passé à côté d'un album magnifique et intelligent. Suis-je vraiment le seul?
mercredi 30 novembre 2011
Jayne Mansfield, 1967 de Simon Liberati
En relisant la liste des ouvrages couronnés par le prix Fémina, je m'aperçois que c'est un prix dont j'ai lu peu de livres ( "Où on va papa? de J L Fournier et "Une vie française" de Jean Paul Dubois, ces dix dernières années). En regardant encore mieux, j'ai l'impression que la plupart sont tombés dans l'oubli et que le choix de ces dames semble avoir été guidé plus par les tractations mercantiles des éditeurs que par la qualité formelle des écrits.
Cette année, j'ai lu le prix Fémina et... je ne pense pas que "Jayne Mansfield, 1967" de Simon Liberati déroge à la règle précédemment écrite.
En deux mots, à partir du terrible accident de la route qui coûta la vie à cette actrice de deuxième zone qu'était Jayne Mansfield, l'auteur, nous dresse le portrait de la starlette en compilant tous les éléments, même les plus minimes, qui ont jalonné la dernière année de sa vie.
Même si sur la couverture apparaît le terme de roman, nous ne sommes pas du tout dans la fiction. Les derniers jours de Jayne Mansfield sont décrits avec la minutie d'un entomologiste. L'accident qui ouvre le livre, est terrifiant de précision, mélange de rapport de police, de coupures de presse, de témoignages divers, assemblé de façon magistrale par l'auteur. Dans un amas de tôles froissées et de sang, Simon Liberati arrive, en creux, à dresser un portrait saisissant de cette pseudo actrice sur le déclin, monstre drogué, perruqué, à la réputation sulfureuse et au talent incertain. On entrevoit l'envers du décors du mythe hollywoodien, machine à broyer de pauvres filles crédules, fatalement bourrées d'alcool et de LSD, réduites à se dénuder dans des bouges du fin fond de l'Amérique.
Seulement, à la fin de ce premier chapitre brillant, nous ne sommes qu'à la page 61. Les dames du jury Fémina, fatiguées ou convaincues par les critiques d'une presse servile, ont dû s'arrêter là, pas moi.
La suite est moins glorieuse, anecdotes quelconques, rencontre peu palpitante avec un gourou satanique et autre énumérations de coupures de journaux, n'apportent rien de nouveau ni de vraiment intéressant pour le lecteur. C'est fastidieux, répétitif, limite maniaque dans cette accumulation de petits détails un peu insignifiants. On est loin de la virtuosité du début et le style ressemble à celui d'un pigiste chargé de compiler des infos pour un biographe qui n'aurait aucune envie de traîner dans les archives.
Je ne pense pas qu'avec ce livre là, le prix Fémina redore son blason. D'ailleurs, cet après-midi, dans la librairie d'à côté, tous les prix littéraires était présentés, jolies piles bien aguichantes sauf le Fémina, relégué parmi le commun des romans non-primés. Un signe?
Cette année, j'ai lu le prix Fémina et... je ne pense pas que "Jayne Mansfield, 1967" de Simon Liberati déroge à la règle précédemment écrite.
En deux mots, à partir du terrible accident de la route qui coûta la vie à cette actrice de deuxième zone qu'était Jayne Mansfield, l'auteur, nous dresse le portrait de la starlette en compilant tous les éléments, même les plus minimes, qui ont jalonné la dernière année de sa vie.
Même si sur la couverture apparaît le terme de roman, nous ne sommes pas du tout dans la fiction. Les derniers jours de Jayne Mansfield sont décrits avec la minutie d'un entomologiste. L'accident qui ouvre le livre, est terrifiant de précision, mélange de rapport de police, de coupures de presse, de témoignages divers, assemblé de façon magistrale par l'auteur. Dans un amas de tôles froissées et de sang, Simon Liberati arrive, en creux, à dresser un portrait saisissant de cette pseudo actrice sur le déclin, monstre drogué, perruqué, à la réputation sulfureuse et au talent incertain. On entrevoit l'envers du décors du mythe hollywoodien, machine à broyer de pauvres filles crédules, fatalement bourrées d'alcool et de LSD, réduites à se dénuder dans des bouges du fin fond de l'Amérique.
Seulement, à la fin de ce premier chapitre brillant, nous ne sommes qu'à la page 61. Les dames du jury Fémina, fatiguées ou convaincues par les critiques d'une presse servile, ont dû s'arrêter là, pas moi.
La suite est moins glorieuse, anecdotes quelconques, rencontre peu palpitante avec un gourou satanique et autre énumérations de coupures de journaux, n'apportent rien de nouveau ni de vraiment intéressant pour le lecteur. C'est fastidieux, répétitif, limite maniaque dans cette accumulation de petits détails un peu insignifiants. On est loin de la virtuosité du début et le style ressemble à celui d'un pigiste chargé de compiler des infos pour un biographe qui n'aurait aucune envie de traîner dans les archives.
Je ne pense pas qu'avec ce livre là, le prix Fémina redore son blason. D'ailleurs, cet après-midi, dans la librairie d'à côté, tous les prix littéraires était présentés, jolies piles bien aguichantes sauf le Fémina, relégué parmi le commun des romans non-primés. Un signe?
mardi 29 novembre 2011
L'art d'aimer d'Emmanuel Mouret
Pour son nouveau film, Emmanuel Mouret, fidèle à lui même, nous embarque dans des histoires de séduction, d'amour, d'infidélité et plus si affinités. Or, ici, il n'y a pas beaucoup d'affinités, car la plupart des histoires se terminent sans passer par la case sexe bien qu'il en soit énormément question.
Et c'est ça qui fait le charme de "L'art d'aimer". Avec des situations piquantes, sans complexes, les personnages s'essaient à l'infidélité, en parlent sans détours, avec des dialogues fins et primesautiers, sans une once de vulgarité et beaucoup de candeur. On se croirait un peu chez Rohmer mais c'est plus vif, un peu chez Marivaux en plus moderne quand même.
Il y a une brochette de comédiennes, amoureusement filmées, qui brillent de tout leur éclat à l'écran (Judith Godrèche, Frédérique Bel, Julie Depardieu). On prend un plaisir fou à suivre les méandres du coeur et du corps de ces personnages qui ne se préoccupent que de leurs amours. C'est léger, très léger et ça fait du bien. Emmanuel Mouret filme de mieux en mieux et devient le virtuose de plans d'intérieur, jouant avec art des portes, des coins et des murs, qui deviennent ici partie prenante de l'histoire.
Le seul reproche que l'on puisse faire à ce film est le sentiment qu'il est composé de sketches vaguement assemblés pour arriver à une unité un peu superficielle. Mais tel qu'il est, il permet de passer un très agréable moment et c'est déjà ça.
Et c'est ça qui fait le charme de "L'art d'aimer". Avec des situations piquantes, sans complexes, les personnages s'essaient à l'infidélité, en parlent sans détours, avec des dialogues fins et primesautiers, sans une once de vulgarité et beaucoup de candeur. On se croirait un peu chez Rohmer mais c'est plus vif, un peu chez Marivaux en plus moderne quand même.
Il y a une brochette de comédiennes, amoureusement filmées, qui brillent de tout leur éclat à l'écran (Judith Godrèche, Frédérique Bel, Julie Depardieu). On prend un plaisir fou à suivre les méandres du coeur et du corps de ces personnages qui ne se préoccupent que de leurs amours. C'est léger, très léger et ça fait du bien. Emmanuel Mouret filme de mieux en mieux et devient le virtuose de plans d'intérieur, jouant avec art des portes, des coins et des murs, qui deviennent ici partie prenante de l'histoire.
Le seul reproche que l'on puisse faire à ce film est le sentiment qu'il est composé de sketches vaguement assemblés pour arriver à une unité un peu superficielle. Mais tel qu'il est, il permet de passer un très agréable moment et c'est déjà ça.
lundi 28 novembre 2011
Coccinelles cherchent maison de Davide Cali et Marc Boutavant
"Coccinelles cherchent maison" est un très bel objet, grand format, couleurs claquantes, auteurs talentueux.
Tout est réuni pour faire de cet album un incontournable des cadeaux de Noël car en plus d'une très jolie planche d'autocollants, il met en scène d'adorables coccinelles finement croquées par Marc Boutavant, le créateur de Mouk.
A partir d'un thème porteur pour les enfants, la recherche d'une maison, l'histoire, narre la randonnée d'un couple de coccinelles et d'un agent immobilier, Mr Balanin, parmi des habitations plus saugrenues les unes que les autres. La mise en page originale de cette histoire, nous fait suivre les pérégrinations des héros grâce à des pointillés qui nous guident dans le paysage bucolique imaginé par l'illustrateur.
Quand j'ai mis cet album dans les mains de mon petit neveu de 5 ans, cela a été immédiat, il s'est plongé littéralement dans l'album, goulument, fasciné par toutes ces bestioles adorables.
Puis, bien vite, est arrivé le moment où il a fallu que je lise cette histoire à cet enfant, avide de prolonger le plaisir visuel, certain de faire d'autres découvertes merveilleuses.
Et c'est là que l'on se trouve confronté aux limites de cet album, agencé un peu façon bande dessinée. Si l'histoire, bourrée de références immobilières, plaît à l'adulte qui retrouve tous les tics de la profession, l'enfant, lui, se désintéresse petit à petit, noyé par un vocabulaire un peu compliqué et d'innombrables allusions très éloignées de son champ de compréhension. L'adulte doit souvent s'arrêter et se transformer en prof de français (ou pas, allez expliquer une phrase du genre : "Good bye tchampiniouz, je vous emmène visiter un lieu fantastique, digne d'un roman de Jules Vers"). Cela devient vite pénible de devoir ainsi morceler son récit car le jeune lecteur est curieux et veut des explications.
Au bout du compte, cet album est un joli objet qui va attirer les enfants (et même les parents) par ses couleurs, ses bestioles, ses autocollants mais qui ne supporte pas la lecture, du moins pour la tranche d'âge visée. Dommage...
Coccinelles cherchent maison de Davide Cali et Marc Boutavant, édité aux éditions Sarbacane 16,50€;
A partit de 4 ans (?)
Tout est réuni pour faire de cet album un incontournable des cadeaux de Noël car en plus d'une très jolie planche d'autocollants, il met en scène d'adorables coccinelles finement croquées par Marc Boutavant, le créateur de Mouk.
A partir d'un thème porteur pour les enfants, la recherche d'une maison, l'histoire, narre la randonnée d'un couple de coccinelles et d'un agent immobilier, Mr Balanin, parmi des habitations plus saugrenues les unes que les autres. La mise en page originale de cette histoire, nous fait suivre les pérégrinations des héros grâce à des pointillés qui nous guident dans le paysage bucolique imaginé par l'illustrateur.
Quand j'ai mis cet album dans les mains de mon petit neveu de 5 ans, cela a été immédiat, il s'est plongé littéralement dans l'album, goulument, fasciné par toutes ces bestioles adorables.
Puis, bien vite, est arrivé le moment où il a fallu que je lise cette histoire à cet enfant, avide de prolonger le plaisir visuel, certain de faire d'autres découvertes merveilleuses.
Et c'est là que l'on se trouve confronté aux limites de cet album, agencé un peu façon bande dessinée. Si l'histoire, bourrée de références immobilières, plaît à l'adulte qui retrouve tous les tics de la profession, l'enfant, lui, se désintéresse petit à petit, noyé par un vocabulaire un peu compliqué et d'innombrables allusions très éloignées de son champ de compréhension. L'adulte doit souvent s'arrêter et se transformer en prof de français (ou pas, allez expliquer une phrase du genre : "Good bye tchampiniouz, je vous emmène visiter un lieu fantastique, digne d'un roman de Jules Vers"). Cela devient vite pénible de devoir ainsi morceler son récit car le jeune lecteur est curieux et veut des explications.
Au bout du compte, cet album est un joli objet qui va attirer les enfants (et même les parents) par ses couleurs, ses bestioles, ses autocollants mais qui ne supporte pas la lecture, du moins pour la tranche d'âge visée. Dommage...
Coccinelles cherchent maison de Davide Cali et Marc Boutavant, édité aux éditions Sarbacane 16,50€;
A partit de 4 ans (?)
dimanche 27 novembre 2011
Tous au Larzac de Christophe Rouaud
Et moi je dis d'emblée, tous au cinéma pour voir "Tous au Larzac" !
Je l'avoue, je me suis rendu à la projection du film de Christophe Rouaud en traînant les pieds, me disant, malgré de très bonnes critiques, qu'un documentaire de deux heures sur ce vieux combat, cela risquait d'être un peu pensum...
Et là, dès les cinq premières minutes, j'ai été happé par le sujet, captivé par l'évocation de ce combat d'un noyau de paysans contre l'état et son projet d'agrandir un terrain militaire en les expropriant comme des malpropres.
La force de ce film, mélange d'images d'archives, de témoignages et de magnifiques plans de paysages réside dans le message de solidarité et d'espoir qui se développe au fil des séquences.
Mais le meilleur reste les témoignages des différents anciens leaders de ce mouvement. Si le discours de José Bové, figure médiatique connue, n'est pas vraiment surprenant, ceux qui crèvent l'écran sont les anciens leaders, paysans "pur porc" du Larzac. Avec sincérité, intelligence, humilité et humour, ils donnent une grande leçon de vie, de survie. Ils content ces dix années de combat avec lucidité, délivrant ainsi un véritable message de solidarité et d'espérance à notre génération dont les combats contre ce pouvoir libéral ne font que commencer.
Ces gens là, en dix ans, ont tout connu du combat militant et notamment de ses pièges. Ils ont réussi à vaincre les tentatives de noyautage de mouvances extrémistes, d'intimidation des médias, des tentatives de déstabilisation des renseignements généraux. Ils ont su inventer un combat original, imaginatif, non violent. Ils ont compris comment utiliser les médias en occupant le terrain avec des images fortes et symboliques.
Trente ans après, nous les écoutons égrener leurs souvenirs. Ce qui m'a frappé, c'est la beauté de ces personnes. Les visages sont ridés, vieillis mais chaque geste, chaque regard, chaque silence dégage une humanité extraordinaire. Ils ont accompli dans leur vie des actes dont ils peuvent être fiers et cela se voit.
Ces années de lutte les ont soudés, et lorsqu'en 1981, François Mitterrand décide d'enterrer le projet d'extension, leur rebellion est restée intacte puisque c'est encore dans le Larzac que sont nés les mouvements altermondialistes, la lutte contre les OGM,...
Ce documentaire est une leçon de résistance, qui prouve qu'avec de la solidarité, de l'imagination, on peut arriver à faire plier le pouvoir. Un film qui donne de l'espoir à tous les indignés de la terre.
Allez voir "Tous au Larzac" et vous saurez que s'indigner c'est possible, que ce combat mène toujours à quelque chose. Un tremplin pour le futur? Espérons-le!
Je l'avoue, je me suis rendu à la projection du film de Christophe Rouaud en traînant les pieds, me disant, malgré de très bonnes critiques, qu'un documentaire de deux heures sur ce vieux combat, cela risquait d'être un peu pensum...
Et là, dès les cinq premières minutes, j'ai été happé par le sujet, captivé par l'évocation de ce combat d'un noyau de paysans contre l'état et son projet d'agrandir un terrain militaire en les expropriant comme des malpropres.
La force de ce film, mélange d'images d'archives, de témoignages et de magnifiques plans de paysages réside dans le message de solidarité et d'espoir qui se développe au fil des séquences.
Mais le meilleur reste les témoignages des différents anciens leaders de ce mouvement. Si le discours de José Bové, figure médiatique connue, n'est pas vraiment surprenant, ceux qui crèvent l'écran sont les anciens leaders, paysans "pur porc" du Larzac. Avec sincérité, intelligence, humilité et humour, ils donnent une grande leçon de vie, de survie. Ils content ces dix années de combat avec lucidité, délivrant ainsi un véritable message de solidarité et d'espérance à notre génération dont les combats contre ce pouvoir libéral ne font que commencer.
Ces gens là, en dix ans, ont tout connu du combat militant et notamment de ses pièges. Ils ont réussi à vaincre les tentatives de noyautage de mouvances extrémistes, d'intimidation des médias, des tentatives de déstabilisation des renseignements généraux. Ils ont su inventer un combat original, imaginatif, non violent. Ils ont compris comment utiliser les médias en occupant le terrain avec des images fortes et symboliques.
Trente ans après, nous les écoutons égrener leurs souvenirs. Ce qui m'a frappé, c'est la beauté de ces personnes. Les visages sont ridés, vieillis mais chaque geste, chaque regard, chaque silence dégage une humanité extraordinaire. Ils ont accompli dans leur vie des actes dont ils peuvent être fiers et cela se voit.
Ces années de lutte les ont soudés, et lorsqu'en 1981, François Mitterrand décide d'enterrer le projet d'extension, leur rebellion est restée intacte puisque c'est encore dans le Larzac que sont nés les mouvements altermondialistes, la lutte contre les OGM,...
Ce documentaire est une leçon de résistance, qui prouve qu'avec de la solidarité, de l'imagination, on peut arriver à faire plier le pouvoir. Un film qui donne de l'espoir à tous les indignés de la terre.
Allez voir "Tous au Larzac" et vous saurez que s'indigner c'est possible, que ce combat mène toujours à quelque chose. Un tremplin pour le futur? Espérons-le!
vendredi 25 novembre 2011
La centrale Elisabeth Filhol
A l'heure des accords d'Europe Ecologie et du PS, où l'avenir du nucléaire semble réduit à un marchandage politique inquiétant et qu'au Japon, le drame de Fukushima est enterré sous la chape de plomb de la désinformation gouvernementale, je n'ai pas résisté à l'envie de me plonger dans "La centrale", le roman d'Elisabeth Filhol qui a obtenu l'an dernier le prix France Culture/Télérama.
Plongé est un bien grand mot car, ce texte qui nous raconte le quotidien d'intérimaires du nucléaire chargés des pires travaux de nettoyage de nos centrales, est un peu difficile d'accès. L'écriture, aussi glaciale que le coeur du réacteur peut être brûlant, nous garde à distance des personnages. Et nous avançons dans ce roman, lestés par une combinaison anti-radiation, suivant le travail terrifiant de ces hommes qui, pour un salaire dérisoire, prêtent leur vie à faire un sale boulot qui fait d'eux des nomades, sans famille, sans maison et presque sans amis.
La mise en évidence de ces soutiers du nucléaire est un bon sujet mais, ici, traité de façon tellement froide, que je n'ai jamais vraiment été en empathie avec le personnage principal, ni avec ses camarades de galère.
On reste à distance, on ne connaît rien de leur passé, de leurs pensées. On a l'impression que ces hommes sont entrés en religion et que leur vie ne tourne qu'autour des centrales qu'ils visitent annuellement, au gré des différents arrêts de tranche.
Cependant, pour ses descriptions réalistes de ces centrales et de leur environnement, pour ses détails techniques égrenés au fil des pages et pour son évocation de ces précaires du nucléaire, ce roman est bien entendu à lire par respect pour ces hommes qui risquent leur vie, en silence, dans l'indifférence générale.
Plongé est un bien grand mot car, ce texte qui nous raconte le quotidien d'intérimaires du nucléaire chargés des pires travaux de nettoyage de nos centrales, est un peu difficile d'accès. L'écriture, aussi glaciale que le coeur du réacteur peut être brûlant, nous garde à distance des personnages. Et nous avançons dans ce roman, lestés par une combinaison anti-radiation, suivant le travail terrifiant de ces hommes qui, pour un salaire dérisoire, prêtent leur vie à faire un sale boulot qui fait d'eux des nomades, sans famille, sans maison et presque sans amis.
La mise en évidence de ces soutiers du nucléaire est un bon sujet mais, ici, traité de façon tellement froide, que je n'ai jamais vraiment été en empathie avec le personnage principal, ni avec ses camarades de galère.
On reste à distance, on ne connaît rien de leur passé, de leurs pensées. On a l'impression que ces hommes sont entrés en religion et que leur vie ne tourne qu'autour des centrales qu'ils visitent annuellement, au gré des différents arrêts de tranche.
Cependant, pour ses descriptions réalistes de ces centrales et de leur environnement, pour ses détails techniques égrenés au fil des pages et pour son évocation de ces précaires du nucléaire, ce roman est bien entendu à lire par respect pour ces hommes qui risquent leur vie, en silence, dans l'indifférence générale.
jeudi 24 novembre 2011
Les adoptés de Mélanie Laurent
J'aurai tellement aimé dire du bien du premier film de Mélanie Laurent "Les adoptés"... mais cela m'est impossible.
Mélanie Laurent est une jeune actrice plutôt épatante à l'écran et dont le premier disque, sorti ce printemps, m'était très agréable à l'oreille, grâce à une production soignée, parfait écrin pour sa voix délicate mais teintée de gravité.
Pour sa première réalisation, il en est tout autrement. Déjà, le scénario, sur le thème de deux soeurs fusionnelles que l'amour de l'une pour un critique gastronomique vont séparer, n'est que très peu exploité.
Le film avance doucement par bouts de scènes souvent convenues, noyées dans un filmage chichiteux, employant à outrance des flous, et encore des flous et toujours des flous. Cela veut être esthétique (et quelque fois ça l'est) mais c'est surtout creux, ça coupe toute émotion et cela n'arrive pas à masquer l'indigence du scénario.
Sur la longueur, on peut trouver quelques moments plaisants mais c'est peu.
En cherchant bien, ce film a une qualité : il met en tête d'affiche de très bons comédiens que l'on voit peu habituellement, Marie Denarnaud et Denis Menoret. On peut aussi remercier Audrey Lamy de réveiller le spectateur lorsqu'elle apparaît entre deux zones floues. Comme d'habitude, elle emporte le morceau, ici en libraire survoltée, passant du rire à l'émotion avec brio.
Allez, Mélanie, retournez avec Tarantino ou refaites un disque, mais attendez quelques années avant de reprendre une caméra...
Mélanie Laurent est une jeune actrice plutôt épatante à l'écran et dont le premier disque, sorti ce printemps, m'était très agréable à l'oreille, grâce à une production soignée, parfait écrin pour sa voix délicate mais teintée de gravité.
Pour sa première réalisation, il en est tout autrement. Déjà, le scénario, sur le thème de deux soeurs fusionnelles que l'amour de l'une pour un critique gastronomique vont séparer, n'est que très peu exploité.
Le film avance doucement par bouts de scènes souvent convenues, noyées dans un filmage chichiteux, employant à outrance des flous, et encore des flous et toujours des flous. Cela veut être esthétique (et quelque fois ça l'est) mais c'est surtout creux, ça coupe toute émotion et cela n'arrive pas à masquer l'indigence du scénario.
Sur la longueur, on peut trouver quelques moments plaisants mais c'est peu.
En cherchant bien, ce film a une qualité : il met en tête d'affiche de très bons comédiens que l'on voit peu habituellement, Marie Denarnaud et Denis Menoret. On peut aussi remercier Audrey Lamy de réveiller le spectateur lorsqu'elle apparaît entre deux zones floues. Comme d'habitude, elle emporte le morceau, ici en libraire survoltée, passant du rire à l'émotion avec brio.
Allez, Mélanie, retournez avec Tarantino ou refaites un disque, mais attendez quelques années avant de reprendre une caméra...
Pour me consoler, je mets un clip de Mélanie Laurent :
mercredi 23 novembre 2011
Boucle d'or et les trois ours d'Olivier Douzou
Aujourd'hui, j'ai une excellente nouvelle : Olivier Douzou est de retour aux éditions du Rouergue !
Si quelques personnes ne connaissent pas cet auteur, il faut qu'elles se rendent dare-dare dans une bonne librairie et lisent tous les albums que ce génial créateur a publié. Elles y découvriront comment, à la fin du siècle dernier, l'univers de la littérature jeunesse a été durablement secoué par cet artiste hors norme.
Pour ce grand retour, Olivier Douzou a choisi de faire paraître un nouvel album intitulé : Boucle d'or et les trois ours.
Bof, me direz-vous, encore une énième version de conte un peu niais, parlez-moi d'originalité!
C'est là où intervient le génie d'un grand auteur. A partir d'un sujet mille fois adapté, Monsieur Douzou nous livre une version vraiment originale, créative et qui n'oublie pas d'être drôle.
Dans un univers finalement très sobre, composé de quatre couleurs ( le blanc, le noir, le rouge et le jaune) et d'un méli-mélo de chiffres, Boucle d'or revit son habituelle aventure sauf qu'ici elle n'est qu'un rond jaune (le zéro) perdu au milieu d'ours formés de trois ou de cinq. L'esprit créatif et joueur d'Olivier Douzou fait le reste. Accompagnant un vrai délire graphique, le texte, à l'unisson, décalé, humoristique, joue merveilleusement sur les mots et les sonorités et font de cet album une vraie réussite.
Vous avez du mal à imaginer ? Tant mieux, comme cela, vous vous précipiterez chez votre libraire pour découvrir cette version totalement déjantée de la jolie petite fille blonde.
Amateurs d'albums classiques, bourrés de fillettes mignonnes avec des noeuds-noeuds partout ou de gentils ours au regard si tendre, ne passez pas votre chemin, osez la créativité et plongez dans le monde délirant d'Olivier Douzou, cela mérite vraiment le détour.
Boucle d'or et les trois ours d'Olivier Douzou aux éditions du Rouergue 15€ A partir de... heu, là c'est un peu difficile pour les plus petits , je dirai 5 ans mais jusqu'à 108 ans !
Si quelques personnes ne connaissent pas cet auteur, il faut qu'elles se rendent dare-dare dans une bonne librairie et lisent tous les albums que ce génial créateur a publié. Elles y découvriront comment, à la fin du siècle dernier, l'univers de la littérature jeunesse a été durablement secoué par cet artiste hors norme.
Pour ce grand retour, Olivier Douzou a choisi de faire paraître un nouvel album intitulé : Boucle d'or et les trois ours.
Bof, me direz-vous, encore une énième version de conte un peu niais, parlez-moi d'originalité!
C'est là où intervient le génie d'un grand auteur. A partir d'un sujet mille fois adapté, Monsieur Douzou nous livre une version vraiment originale, créative et qui n'oublie pas d'être drôle.
Dans un univers finalement très sobre, composé de quatre couleurs ( le blanc, le noir, le rouge et le jaune) et d'un méli-mélo de chiffres, Boucle d'or revit son habituelle aventure sauf qu'ici elle n'est qu'un rond jaune (le zéro) perdu au milieu d'ours formés de trois ou de cinq. L'esprit créatif et joueur d'Olivier Douzou fait le reste. Accompagnant un vrai délire graphique, le texte, à l'unisson, décalé, humoristique, joue merveilleusement sur les mots et les sonorités et font de cet album une vraie réussite.
Vous avez du mal à imaginer ? Tant mieux, comme cela, vous vous précipiterez chez votre libraire pour découvrir cette version totalement déjantée de la jolie petite fille blonde.
Amateurs d'albums classiques, bourrés de fillettes mignonnes avec des noeuds-noeuds partout ou de gentils ours au regard si tendre, ne passez pas votre chemin, osez la créativité et plongez dans le monde délirant d'Olivier Douzou, cela mérite vraiment le détour.
Boucle d'or et les trois ours d'Olivier Douzou aux éditions du Rouergue 15€ A partir de... heu, là c'est un peu difficile pour les plus petits , je dirai 5 ans mais jusqu'à 108 ans !
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