lundi 29 août 2011

Les biens aimés de Christophe Honoré

Voilà un film que j'aurai adoré parler comme d'un chef d'oeuvre...
Christophe Honoré n'a pas une filmographie exemplaire ( "Ma mère", "L'homme au bain"  sont vraiment ratés) mais elle contient des films aux charmes certains ("Dans Paris", "17 fois Cécile Cassard"), d'autres parfaitement réussis ("La belle personne", "Non, ma fille tu n'iras pas danser") et pour moi un des films les plus marquants de la dernière décennie ("Les chansons d'amour").
Pourtant, "Les biens aimés" par son ampleur (plus de 2h) et son ambition de conter une sociologie des rapports humains et de la sexualité sur 40 ans, avait, sur le papier de quoi séduire. Ajouté à cela un casting épatant (Deneuve, Sagnier, Mastroianni, Garrel) et l'inclusion de chansons d'Alex Beaupain spécialement écrites pour le film, tout était réuni pour que la réussite soit au rendez-vous.
Le film, nous conte l'histoire de Madeleine et de sa fille en 7 époques, de 1964 à 2007. Madeleine trouve pratique d'arrondir ses fins de mois en se prostituant au gré de ses besoins. Elle tombe amoureuse d'un de ses clients, médecin tchèque, qu'elle épousera et avec qui elle aura une fille, Véra.
Divorcée puis remariée, Madeleine entretiendra toujours une liaison avec son ex mari, passant ainsi de fille à femme légère.
La deuxième partie du film va plutôt s'attacher aux errements de Véra et de sa difficulté à vivre des amours légères.
Madeleine (jeune) est interprétée par Ludivine Sagnier et plus âgée par Catherine Deneuve. C'est là où le bât blesse. La partie des années 60 et 70, reconstituée de façon trop appuyée, a du mal à convaincre à cause du jeu trop théâtralisé de Ludivine Sagnier. La faute aussi aux costumes et maquillages qui essaient de faire réapparaître la Catherine Deneuve de ces années là et qui alourdissent le trait. Cependant, il y a quand même dans cette partie des moments très réussis, notamment cette manière unique de filmer les corps nus, à la fois impudique et réaliste.
Le film décolle réellement dès qu'apparaît Véra, la fille de Madeleine, interprétée magistralement par Chiara Mastroianni, qui irradie littéralement l'écran. Et là, on retrouve le Christophe Honoré que l'on aime, le cinéaste urbain entomologiste de notre époque. Il emporte le spectateur dans un tourbillon de sentiments, évoquant sans fard, les difficultés de se rencontrer, de s'aimer. Cette carte du tendre des années 2000 est admirablement soutenue par les chansons d'Alex Beaupain qui magnifient le propos sans mièvrerie.
Après un final très émouvant, le spectateur est tout de même conquis, la première partie est oubliée.
"Les biens aimés" est un film qu'il faut voir pour son regard affuté sur notre époque et pour la virtuosité de sa mise en scène qui fait mouche dès que la caméra erre dans les rues des grandes villes ou sur les visages fiévreux de personnages en quête d'amour.




1 commentaire:

  1. Grand Coup de coeur pour ces bien-aimés, je m'empresse de me procurer la Bande Originale du Film, qui est loin loin loin d'être BOF.

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