samedi 24 décembre 2011

A dangerous method de David Cronenberg



Il est des films très intimidants pour le public. "A dangerous méthod" mettant en scène les expérimentations et les échanges de Freud et Jung autour de la psychanalyse est de ceux là.
L'histoire se concentre néanmoins sur le personnage de Sabina Spielrein (Keira Knightley), jeune femme très torturée que Jung (Michaël Fassbender) va guérir et en faire une de ces égales en même temps que sa maîtresse voire le grand amour de sa vie. Freud (Viggo Mortensen)  observera, jugera cette relation trouble car sado-masochiste, à l'aune de ses théories nouvelles et encore fragiles. Autour de ce thème qui rejoint pas mal de ses films précédents, David Cronenberg, déroule une mise en scène ultra classique, corsetée comme ses personnages et faussement lumineuse comme ces lacs suisses aux eaux sombres sur lesquels vogue Jung.
Pourtant le sexe rôde tout le temps, à chaque scène, dans tous les discours. Mais dans cette Europe du début du vingtième siècle, où les femmes, toutes habillées de blancs pour mieux souligner ou imposer leur pureté, où les hommes, coincés par une société aussi raide que leurs faux cols amidonnés, libérer la parole autour de la sexualité reste un tabou.
Le film nous fait assister à ce bouillonnement intellectuel des débuts de la psychanalyse et aux difficultés que rencontre le docteur Jung, tiraillé entre raison et liberté, satisfaction du corps et de l'esprit.
David Cronenberg, un rien machiavélique, utilise à contre emploi Michaël Fassbender, comédien formidable mais aussi, après le fameux "Shame", sex toy ambulant. Il est parfaitement convaincant en médecin tiraillé par ses pulsions, ne dégrafant aucun bouton de ses pantalons impeccables.
Keira Knightley illumine l'écran de sa beauté mais aussi de son talent (quoiqu'en disent les critiques d'outre-manche) même si au début, les crises d'hystérie de son personnage sont un peu surjouées.
Viggo Mortensen, Freud encore fringant, tout en retenu, apparaît uniquement dans les moments les moins palpitants du film, longues scènes d'échanges autour des théories psychanalytiques et malgré la présence tout à fait freudienne d'un gros cigare perpétuellement dans sa bouche, ces moments alourdissent le déroulé du film.
Si vous êtes férus de psychanalyse, si vous êtes fans absolus des acteurs de ce film ou si vous êtes curieux, allez voir "A dangerous méthod". Par contre si vous voulez de l'action, être bousculé par des images dérangeantes comme Cronenberg s'en est fait le spécialiste, passez votre chemin, ce cru ci est plutôt en mode mineur ou très intériorisé.

2 commentaires:

  1. Bonsoir, pour un Cronenberg, je l'ai trouvé en effet très sage (ce n'est pas pour me déplaire) mais je m'attendais à autre chose, à des dialogues étincelants (on en est loin). J'ai trouvé Keira Knightley très bien. Bonne soirée.

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  2. J'hésite encore à aller le voir...
    Le sujet est très intéressant mais je ne supporte pas Melle Keira Knightley que je trouve mono-expressive avec ses lèvres gonflées au collagène.
    C'est dommage car Viggo Mortensen est un acteur que j'aime beaucoup depuis que je l'ai (re)découvert dans "A history of violence".

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