dimanche 26 février 2012

Le jeu vidéo de Bastien Vivès

Je dois l'avouer, je n'ai dans ma vie que très rarement joué à des jeux vidéo, question de génération sans doute... Ce monde ne m'est pas totalement inconnu pour autant, beaucoup d'enfants de mes amis sont possesseurs de playstation, xbox, wii et autres Ds. Je peux donc observer que ces engins ludiques créent de fortes addictions ainsi que des moments de tension pouvant aller jusqu'à l'hystérie, dans des familles aux apparences tranquilles et aux préceptes éducatifs forts.
Par contre,  si je suis un lecteur de Bastien Vivès et des ses albums sensibles, je ne suis pas un visiteur de son blog (enfin jusqu'à présent). 
"Le jeu vidéo", BD format manga, mais paginée à l'européenne, est une compilation de petites histoires publiées sur son blog. Bastien Vivès nous parle avec humour de tous ces gamers (mais est-ce bien le bon mot?) qui passent leur vie, une manette, un joystick greffé à la main.  
Et disons le tout de suite, c'est vraiment réussi. Je dissocierai toutefois le texte et le dessin.
 Les dialogues des personnages présentés sont d'une justesse inouïe. En les lisant, on à l'impression de les entendre, tellement ils sont proches de la réalité. Même si le vocabulaire employé est celui d'une tribu fort lointaine de mes contrées, j'ai pris un énorme plaisir à me plonger dans cet univers de fous furieux. On sent que Bastien Vivès est un amateur de "Street Fighter 1, 2, 3 et 4" et que les quelques coups de griffe qu'il donne sont ceux de quelqu'un qui a un regard distancié mais bienveillant. En variant les situations, quelquefois jusqu'à l'absurde (un sdf ne voulant pas qu'on touche à ses jeux vidéos), il brosse un portrait tout à fait crédible d'une société vivant par procuration des émotions un peu infantiles, s'inventant un monde virtuel pour mieux échapper à une réalité qui la rattrapera sitôt le nez décollé de l'écran, mais, avec une drôlerie qui donne à l'ensemble une hauteur digne des grands observateurs de nos petites vies.
Je rajouterai un mot pour le dessin, que j'appellerai plutôt croquis. Simple, souvent répété (mais comment faire autrement quand les personnages sont scotchés devant un écran), il est tout simplement magnifique, un régal pour l'oeil. Avec juste un trait noir plus ou moins appuyé, Bastien Vivès donne tout de suite la bonne atmosphère et une distance qui amplifie l'identification des personnages. 
Du grand art là aussi, qui ne dépareillerait pas sur les mûrs de galeries d'art (ni chez moi, mais ça, c'est hors de mes moyens, hélas).

Pour prolonger et mieux connaître l'univers de Bastien Vivès son blog est ici






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