jeudi 19 juin 2014

Adieu au langage de Jean Luc Godard

"Quel film ! Quelle magnifique leçon de cinéma !" Adieu au langage" est vraiment une réinvention du cinéma, un nouveau mode d'écriture, la porte ouverte vers une nouvelle dimension artistique . On en prend plein les yeux, les oreilles, le cerveau. On en sort avec l'impression d'avoir découvert un nouvel art narratif. !"
Ca c'est ce que les ultimes fans ou ceux qui pensent encore que Jean Luc Godard est LE génie du cinéma qui répandent ce genre de commentaires (en langage plus soutenu et alambiqué bien sur !) lors des dîners en ville. Le spectateur lambda que je suis est nettement plus sceptique quant à l'intérêt de l'oeuvre. Disons que ce monument d'ennui n'a pas réussi à me toucher. Tout y est volontairement moche (à part quelques plans fugaces) et raté. L'image est soit sale, ou laide ou sursaturée de couleurs ou polrisée ou pixelisée. Les scénes peuvent s'arrêter net au milieu d'une action ( mais y en a-t-il vraiment ? ) ou d'un phrase sentencieuse. Les sons peuvent se chevaucher, grésiller, faire mal aux oreilles voire être inaudibles. Vous me direz que l'on dit adieu au langage et que c'est normal ! Il y a quelques acteurs qui jouent mal. La fille est souvent nue , l'homme pète sur ses toilettes, défèque bruyamment en lisant à haute voix de la philosophie. Il y a des mafieux en Mercédes qui sont sensés nous foutre la trouille et Roxy Miéville, un chien (celui de sa compagne) qui court dans la nature. C'est pédant, prétentieux et se veut épate bourgeois. On sent bien que Maître Godard essaye de prouver qu'il a quelque chose de créatif et d'original à dire malgré son grand âge. Personnellement, j'ai eu l'impression que ce collage d'images et de sons ressemblait plus aux derniers soubresauts d'un cinéaste jadis précurseur qu'à une réelle envie de dire quelque chose. Etre percutant et pertinent doit-il passer obligatoirement par un procédé hermétique et rasoir ? Pour réserver cela à une soi-disant élite intellectuelle ? Ce procédé qui nie en fait toute possibilité d'être entendu par le plus grand monde, sombre dans un néant sidérant et sidéral. Et malgré tout le respect que l'on peut avoir pour lui et son passé de cinéaste reconnu, l'impression de propos tenus par un vieil aigri prévaut.
Alors on s'ennuie ferme, on ricane en entendant des phrases lancées de façon pontifiante par une voix d'outre tombe du genre : " Il n'y a pas de nudité dans la nature parce que l'animal est nu même s'il n'est pas nu" ( approximativement car sitôt dite, on enchaîne avec un plan penché et tremblotant d'un chien courant dans les bois alors qu'une autre voix professe une phrase toute aussi compliquée mêlée à du Sibélius à fond les manettes). Digérer ce que l'on entend devient vite impossible et soit on prend l'option de sortir (ce qu'ont fait mes trois malheureux compagnons qui avaient tenté l'aventure godardienne plutôt que de regarder le foot à la télé) soit on reste, hésitant entre le fou rire et le sommeil. Je suis resté, je n'ai pas beaucoup ri quand même, mais je sais que j'ai lutté contre l'endormissement.
Certains me diront que tout l'intérêt du film vient de la 3D. Comme ma salle en région ne l'a projeté qu'en 2D, je peux supposer que je n'ai visualisé qu'une oeuvre amputée.... D'autres, qui ont eu la chance de chausser sur leur nez ces magnifiques lunettes qui servent généralement aux projections des Disney et autres Spiderman, m'ont confirmé que la 3D version Godard ne fait qu'exploser la rétine ! Alors, je remercie mon cinéma de m'avoir épargné, en plus, un rendez-vous ophtalmo...Le cinéma est parfois loin d'être un plaisir...



1 commentaire:

  1. Déjà que je n'avais pas envie d'y aller, cette fois c'est sur!!! ;-)

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