lundi 8 septembre 2014

Agatha, la vraie vie d'Agatha Christie d'Anne Martinetti, Guillaume Lebeau et Alexandre Franc


Ecrire une biographie réussie n'est pas une affaire facile. Maintenant que la BD, occupant vraiment sa place de 9ème art, devient de plus en plus incontournable,tous les genres y sont abordés. Cet ainsi que depuis quelque temps on a vu fleurir de nombreuses biographies qui n'ont rien à envier à celles parues en littérature générale.
S'attaquer à la vie d'Agatha Christie, la reine du polar à énigme qui a vendu des millions d'exemplaires de ses ouvrages à travers le monde, s'avère ardu, car la dame n'a guère eu une vie exaltante. Enfance bourgeoise, certes deux mariages et beaucoup de voyages mais surtout une vie de négrière du polar, passée derrière une machine à écrire à produire le plus souvent deux romans par an. Le seul événement un peu croustillant est sa mystérieuse disparition de quelques jours qui a mis en émoi la presse anglaise durant la fin de l'automne 1926. C'est à partir de ce fait divers jamais vraiment élucidé que les scénaristes de cette biographie nous font entrer dans la vie de cette romancière illustre.
Le procédé n'est pas original et à sans doute servi de nombreuses fois. Son utilisation dans cet album est tout de même plaisamment amenée grâce à une alternance de courts chapitres, mêlant l'enquête avec l'enfance et les débuts de la romancière. C'est nerveux, rapide, pas spécifiquement BD.
Ce qui est plus original par contre, et qui est malicieusement réussi, c'est la présence des héros récurrents d'Agatha Christie qui dialoguent avec elle tout au long de sa vie. Ca, c'est là que réside la  force de la bande dessinée qui peut se permettre cette légèreté sans nuire au récit. C'est très bien vu car Hercule Poirot autant que Miss Marple sont indissociables de leur créatrice que l'on imagine bien dialoguer avec pour ensoleiller sa vie d'ermite de la littérature ou éprouver la construction d'un roman. Cela apporte un peu de peps aux dialogues et donne un relief certain à cette biographie. Les illustrations d'Alexandre Franc ont une élégance très anglaise sans la raideur de celles de Floc'h, grand spécialiste des ladies et autres personnages d'outre Manche.
Le pari est gagné pour les auteurs d'Agatha, ils arrivent à rendre intéressante une vie qui ne l'était pas forcément. Exhaustif, léger, cet album est une jolie surprise !


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Gabrielle Chanel , manifeste de la mode

 Une foule essentiellement féminine, gentiment rangée sur le trottoir devant le palais Galliera, patiente pour pénétrer dans l'expositio...