mercredi 4 mars 2015

Le grand méchant renard de Benjamin Renner


Franchement qui aurait cru qu'en 2015, une bande dessinée avec des poules, un renard, un loup, quelques poussins, un lapin et un cochon, puisse être aussi enthousiasmante ? Et quelle idée a eu l'éditeur de lui accoler un bandeau sur lequel on peut lire : "Par le co-réalisateur d'Ernest et Célestine" ! Autant on peut trouver les aventures d'Ernest et Célestine un poil cucul la praline, autant cette histoire de renard devenant père de famille est une très fine et très pétillante histoire.
Tout ne reprenant les personnages familiers qui rôdent autour d'une basse-cour mais en redistribuant un tant soit peu les rôles, il parvient à brosser un tableau très humoristique de nos sociétés contemporaines. En gros, nous avons un pauvre renard qui n'effraye absolument personne et surtout pas les poules, présentées ici comme de rudes matrones éprises de liberté et à la forte personnalité. Jamais il ne parvient à en attraper une, se contentant, pour se nourrir, de navets offerts gentiment par le cochon et le lapin. Coaché par un loup féroce mais au fond compréhensif, il va essayer d'arriver à ses fins. Mais rien ne fonctionne et le renard doit se résoudre à voler des oeufs afin qu'il puisse dévorer les poussins qui en sortiront. Mais, le plan ne fonctionne pas comme prévu. Si les oeufs atterrissent bien dans le terrier du renard, l'éclosion de la couvée va lui faire endosser un rôle imprévu : celui de maman !
Il est évident qu'avec ce scénario un poil décalé qui peut être lu à plusieurs niveaux, le lecteur est aux anges. C'est plein d'un humour bonhomme mais piquant aussi. Les situations s'enchaînent avec bonheur, poussant le bouchon toujours plus loin et nous renvoyant dans des sphères aussi drôles que bien vues. L'éducation des poussins est une resucée poilante des livres de Laurence Pernoud et leur entrée à l'école  est un régal de causticité. Le dessin, aux tons d'aquarelles automnales est au diapason, vif et tendre.
"Le grand méchant renard" réussit l'exploit d'être un album qui enchantera de 7 à 77 ans. C'est le genre de bande dessinée que l'on peut offrir à tout le monde. On peut être certain que cela plaira aussi bien aux fous de comics qu'aux lecteurs de Houellebecq car dans chacun sommeille une âme d'enfant qui a été bercé par des histoires de poule et de renard. Sauf qu'ici, elles sont drôles puissance 10 !






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