mercredi 13 mai 2015

Goodnight mommy de Veronika Franz et Séverin Fiala



Attention avertissement ! L'affiche du film est certes vaguement inquiétante mais si vous êtes une âme sensible, attendez-vous à quelque chose d'inconfortable et exigez la présence d'un pompier à la sortie de la salle pour vous porter secours. Lorsque j'ai vu le film au festival Premiers Plans d'Angers, la personne à côté de moi a du sortir tellement elle ne supportait pas ce qu'elle voyait à l'écran et nous l'avons retrouvée dans les bras d'un charmant pompier.... Cependant le film n'est quand même pas un film d'horreur à la "Saw 6" ou à la "Vendredi 13". C'est plus chic, plus esthétique, plus violent psychologiquement.
Les deux adorables garçons de l'affiche habitent dans une splendide villa contemporaine au milieu de nulle part, dans une campagne autrichienne où pousse beaucoup de maïs. On notera au passage le côté horrifique et à suspens des champs de maïs dans le cinéma au 21 ème siècle ("Tom à la ferme" de Xavier Dolan pour ne citer qu'un exemple à la mode). Pas du tout agricultrice, mais actrice connue, la mère de ces enfants revient après avoir subi une révision totale du visage avec réparation de la carrosserie et regonflage des lèvres, le cinéma n'aimant que les peaux retendues sous peine de chômage. Pour l'instant la star n'est guère présentable et cache ses lésions sous un énorme bandage qui ne manque pas d'intriguer sa progéniture. Assez nerveuse sous les bandes Velpo, l'actrice ne ménage ses garçons, l'un surtout, un peu plus récalcitrant. On peut être souriante à l'écran, on ne l'est pas forcément à la maison, les mouflets ça vous gâche quand même la vie ! Mais dans cet intérieur froid et glacé, l'imagination des enfants va aller bon train. Ils vont se mettre en tête que cette femme n'est pas leur mère....
En sortant de "Goodnight mummy" on se dit que le cinéma autrichien c'est rude ! Après le " Funny game" Hanneke ou les films Ulrich Seidl (d'ailleurs ici producteur), on pensait avoir eu notre dose d'images mettant mal à l'aise. C'était sans compter sur ces deux cinéastes qui réussissent à plonger le spectateur dans un état de répulsion total avec un final éprouvant. Sans dévoiler la fin, disons que les futures mamans qui attendent avec impatience la venue au monde de la plus belle chose que la vie leur ait offerte risquent de demander d'avorter illico, même délai légal passé !
Collé au dossier de son siège au milieu d'une salle ayant du mal à retenir quelques cris de dégoût, les mains pas loin des yeux qui préfèrent regarder ailleurs, cette conclusion éprouvante rend du coup le film moins réussi. Après avoir fait monter avec un certain brio une sauce psychologique qui utilise habilement un décor frigorifiant en soignant l'image à l'extrême, la deuxième partie m'a paru plus lourdingue, préférant une violence esthétiquement moche, peut être pour mieux souligner les agissements de certains personnages. Mais était-ce bien utile ?  Et la conclusion, guère surprenante pour qui a fréquenté certains films connus, rajoute un peu plus à la déception finale.
Je suis ressorti de "Goodnight mommy" pas totalement convaincu.  Une chose est certaine, pour moi qui fréquente peu le cinéma qui fait frémir, je m'en souviendrai ! Alors, n'est-ce pas aussi le but du 7ème art graver quelques images à tout jamais ? Peut être, mais les moyens employés pour y arriver peuvent déplaire. Ici, j'ai du mal à me faire une opinion. Facilité, voyeurisme gratuit ? Sans doute pas, mais une petite tendance à appuyer un peu trop les effets, choquant le spectateur, le dérangeant, sans grande subtilité. C'est cette dichotomie qui empêche une adhésion plus franche à un film qui par ailleurs tient un discours assez radical sur l'enfance.





3 commentaires:

  1. Je l'ai repéré depuis longtemps. J'ai hâte de le voir !

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    1. Donc si tu aimes les thrillers psychologiques éprouvants... tu trouveras peut être ton bonheur ...

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    2. Il ne passe pas par chez moi...
      Je vais devoir patienter...

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