mardi 22 mars 2016

Remember d'Atom Egoyan


Un petit thriller avec de très vieux acteurs ( dont un en fauteuil roulant) qui traquent un ancien nazi cela ne vous tente pas plus que ça ? Peur d'un manque d'action ? Mais si je vous dis que c'est Atom Egoyan derrière la caméra ? Non plus ? Parce que les derniers films du réalisateur ne vous ont pas convaincu ? Et si je rajoute Martin Landau ( oui celui de la série télé "Mission impossible" !) et Bruno Ganz et Christopher Plummer ? Pas plus ? Parce qu'à eux trois ils totalisent 250 années de cinéma et que ça impressionne ? Et bien, vous aurez tort, parce que même si "Remember " ressemble a un film de commande, vous passerez un sacré bon moment devant une histoire plus maline que l'on peut penser et plus profonde qu'il n'y paraît.
Comme le suggère l'affiche, Christopher Plummer  tient le film à bout de bras, la caméra d'Atom Egoyan ne le quittant pratiquement pas. On lit sur ce visage ridée, l'épuisement mais aussi la détermination et la puissance que donne l'esprit de vengeance ainsi que cette part trouble que possède chaque individu. On le suit avec ferveur, prêt à lui fournir l'énergie nécessaire pour mener sa mission à bien quitte à lui fournir un déambulateur et un peu plus de mémoire. Car, la mémoire est le sujet central de cette histoire, celle qui s'efface mais celle aussi que l'on se doit de perpétuer.  Défaillante chez le personnage incarné par Christopher Plummer, elle hante pourtant son esprit, marqué par les ignominies de l'holocauste autant que par son épouse décédée. Le scénario, avec son intrigue aux apparences classiques mais se débrouillant tout le temps pour prendre une direction inattendue, joue finement avec le thème mémoriel.  Et si l'ultime rebondissement peut paraître un peu trop grossièrement amené, il conclue le film de façon très astucieuse, donnant même un certain vertige qui oblige à repenser, à se remémorer ce que l'on a vu. Cette continuelle évocation de la mémoire, de ses stimuli comme de ses failles, irrigue un film qui par ailleurs joue aussi avec nos souvenirs cinématographiques, la brochette de vieux acteurs nous replongeant aussi dans notre passé, parfois oublié, de spectateur. (Mais dans quel film ai-je vu Christopher Plummer ? Ah oui ! " La mélodie du bonheur "!... )
Si "Remember" n'atteint pas les sommets des premiers films d'Atom Egoyan, si l'on peut y trouver aussi quelques petits défauts comme une musique parfois trop appuyée voire redondante, l'ensemble se laisse regarder avec plaisir. Et pour peu que l'on se laisse embarquer par l'histoire, vous ne serez pas au bout de vos surprises.



1 commentaire:

  1. Bonjour Pierre D. J'ai vu la BA du film hier soir pour la première fois. Je pense que j'irai rien pour les acteurs qui assument leurs rides. Bonne fin d'après-midi.

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