vendredi 11 mars 2016

Room de Lenny Abrahamson


Coproduction anglophone indépendante ( Canada, Irlande, USA), "Room" est un film qui traîne avec lui un caddie pour empiler les récompenses et si possible des Golden Globes et des Oscars. . Je ne sais s'il a été conçu pour cela ( on peut espérer que non ) mais, le fait est que, la récolte fut bonne.
Tous les ingrédients y sont : Une histoire inspirée de faits divers qui ont passionné les foules et les médias, une actrice jouant les contre-emplois, avec boutons et cheveux gras (  hummm; c'est bon ça coco ! ), un enfant craquant, une valeur ajoutée par son côté indé un peu fauché qui ajoute en crédibilité et un parcours exemplaire en festival transformant le petit film modeste en rouleau à compresseur émotionnel et oscarisable.
Le film est sans conteste efficace, très prenant dans sa première partie, assez bien fichue, jonglant avec l'angoisse et le suspens, arrivant même à instiller un peu de poésie dans un univers qui en manque sérieusement. Par contre, la deuxième partie peine un peu plus à convaincre, enfilant les situations supposées signifiantes aussi subtilement que dans un soap opéra pour retraités monégasques. Cependant, Lenny Abrahamson, en prenant le point de vue de l'enfant, arrive à éviter la chute dans le tire-larme complet. C'est vrai qu'un regard de bambin adoucit un peu les spectateurs durs à cuire comme moi. A ce propos, Jacob Tremblay, qui joue le petit garçon, aurait largement mérité l'oscar du meilleur acteur ! La coupe de cheveux est la même que celle de Léonardo dans " The revenant" et il en endure autant  même sur un autre registre. Mais, question jeu et dialogues, y'a pas photo ! Il est excellent et plus craquant ! Mais la loi des Oscars est ainsi, le prix va aux cheveux gras et là, on s'incline, Léo et Brie Larson ont à eux deux écoulé la moitié de la production d'huile d'amandes (bio) californienne et l'on comprend dès lors que leurs efforts d'enlaidissement soient récompensés.
Quoiqu'il en soit, cette machine à Oscars se laisse regarder. C'est un travail bien fait, bien calibré, on ne regrette pas son billet. Il y manque sans doute un je ne sais quoi de plus, un supplément d'âme, vous savez, ce petit quelque chose que certains appellent une vision d'auteur. "Room" a beau avoir un côté petite production sympa, une allure artisanale, mais il me fait irrésistiblement penser au menuisier qui a abandonné les tenons et les mortaises pour la colle à bois et les vis . Ca tient debout, mais c'est moins costaud au fil du temps !


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

La troisième guerre de Giovanni Aloi

 Faire un film sur ces hommes que nous voyons déambuler dans nos villes engoncés dans une tenue qui rappelle quelque cuirasse d'antiques...