dimanche 5 juillet 2020

Les parfums de Grégory Magne


"Les parfums" sera sans doute le film français ayant eu la publicité la plus longue de la décennie voire du siècle .... Devant sortir le mercredi suivant le confinement, il a décoré les villes durant presque trois mois, son affiche n'ayant jamais disparu des colonnes Morris et autres panneaux Decaux. Difficile dans ce contexte de ne pas avoir envie de le voir, surtout après cette longue période de diète cinématographique en salle. Soyons francs, l'oeuvre n'est pas impérissable et plus proche du téléfilm que du grand cinéma qui emporte. Cependant, on passe quand même un bon moment grâce à une petite incursion sympathique dans un univers peu montré au cinéma, celui des nez en parfumerie ( en chirurgie plastique, cela aurait été un poil démodé de nos jours) et surtout par la présence de deux acteurs au diapason : Emmanuelle Devos et Grégory Montel. On prend un plaisir fou aux joutes perpétuelles entre cette bourgeoise claquemurée dans sa solitude et ce père aussi solitaire qu'au bord du déclassement social. Petit bémol, le film hélas s'intéresse aussi par ailleurs à une histoire de garde d'enfant, bien plus convenue donc nettement moins intéressante ( avec en plus une gamine un tantinet agaçante), nous faisant languir de nos deux héros si attachants. Si l'on rajoute un dernier quart d'heure plus ou moins inspiré, qui, heureusement évite de tomber dans le cliché habituel du ..." ils n'avaient rien pour être ensemble mais ils vont s'aimer comme jamais", le deuxième long-métrage de Grégory Magne se hisse tout de même un cran au-dessus d'une fiction télévisuelle et nous permet un retour en douceur dans les salles ( en attendant mieux), le tout bercé par une B. O. signée Gaétan Roussel vraiment pimpante !


1 commentaire:

  1. Bonjour Pierre, merci pour cette bonne critique sur un film qui est trop passé inaperçu et je le regrette. Les critiques du Masque et la Plume n'ont pas été tendres. Un film que je reverrai volontiers quand il sortira en DVD.

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