En sortant de la projection de "L'exercice de l'état", j'ai eu l'impression d'avoir passer 1h50 à l'intérieur de l'habitacle d'une formule 1. Non pas que le héros du film, le ministre des transports, Mr Saint Jean (interprété par Olivier Gourmet), soit un champion de la conduite ministérielle mais, le rythme et la tension dans lesquels nous portent le film sont aussi intenses que 60 tours du circuit de Monaco à 350 à l'heure.
Servir l'état est loin de tout repos surtout quand s'y ajoutent l'ambition, l'humiliation et le sacrifice.
Ce film nous plonge au coeur de la machine d'état dans une fiction qui fait froid dans le dos. Nous assistons aux journées d'un ministre, toujours sur la brèche, materné par une conseillère en communication et drivé par un directeur de cabinet et de ses adjoints qui s'occupent de tout et même du reste. Toujours entre deux rendez-vous ou vingt SMS, le ministre navigue à vue, donnant des ordres, trouvant une solution à tout problème mais risquant à tout moment la sortie de route. La route d'un ministre est semée d'embûches, de couleuvres qui traversent et qu'il faut bien avaler, de loups aux dents longues qui se mettent en travers de votre trajectoire et qu'il faut bien éviter. Evidemment, le conducteur/ministre est accompagné d'une foultitude de techniciens auxquels il faut bien accorder sa confiance ou bien virer dès qu'une faille se présente.
Mais le pouvoir (ou plutôt l'exercice d'un pseudo pouvoir) est comme une route verglacée, on risque le décor à chaque instant.
C'est cette tension qui est remarquablement décrite dans ce film, accumulant détails du quotidien ministériel, petites phrases assassines et tensions sous les dorures de nos palais républicains et donnant ainsi une richesse de lecture tout à fait stimulante. Du coup, la privatisation des gares françaises nous passionne comme dans un vrai thriller, c'est un peu désespérant mais totalement fascinant.
dimanche 30 octobre 2011
samedi 29 octobre 2011
Alex Beaupain en concert
Quand on va voir le concert d'un chanteur qu'on aime, on espère toujours éprouver un supplément d'émotion par rapport au disque. On espère également que la voix du chanteur sera à la hauteur, qu'en fait il sait vraiment chanter.
J'avoue avoir été un peu inquiet pour le spectacle d'Alex Beaupain. Son répertoire de chansons pops un peu dépressives, tournant autour de la mort de sa copine, passerait-il la rampe? Et sa voix, en live, assurée, juste? Et sa présence sur scène, toute empreinte de trac comme dans ses premiers concerts où il était arrimé à son micro comme le capitaine d'un bateau à son mât au moment du naufrage?
Au final, nous avons eu droit à un concert parfait. Alex Beaupain, entouré d'un batteur, d'un clavier, d'une guitare basse et d'une violoncelliste, a été plus qu'à la hauteur, il a prouvé qu'il se positionnait comme un des grands de la chanson française.
On a senti qu'il était très à l'aise sur la scène, présentant ses chansons avec un humour décapant et improvisé, jouant avec le public et l'actualité du jour. Fort de la reprise de sa chanson 'Au départ" dans les meetings de Martine Aubry, il se pose entre deux chansons post libération sexuelle, en ami d'une gauche revendicative.
La voix, sans être exceptionnelle, était claire et a servi parfaitement son répertoire intimiste ( à noter une jolie reprise du "pull marine" d'Adjani).
Après deux rappels, nous avons retrouvé nos vies avec une pêche d'enfer et la sensation d'avoir passé une excellente soirée en compagnie d'une personne qu'on est sûr de retrouver très vite sur scène ou sur disque.
Pourquoi battait mon coeur (live) Alex Beaupain
J'avoue avoir été un peu inquiet pour le spectacle d'Alex Beaupain. Son répertoire de chansons pops un peu dépressives, tournant autour de la mort de sa copine, passerait-il la rampe? Et sa voix, en live, assurée, juste? Et sa présence sur scène, toute empreinte de trac comme dans ses premiers concerts où il était arrimé à son micro comme le capitaine d'un bateau à son mât au moment du naufrage?
Au final, nous avons eu droit à un concert parfait. Alex Beaupain, entouré d'un batteur, d'un clavier, d'une guitare basse et d'une violoncelliste, a été plus qu'à la hauteur, il a prouvé qu'il se positionnait comme un des grands de la chanson française.
On a senti qu'il était très à l'aise sur la scène, présentant ses chansons avec un humour décapant et improvisé, jouant avec le public et l'actualité du jour. Fort de la reprise de sa chanson 'Au départ" dans les meetings de Martine Aubry, il se pose entre deux chansons post libération sexuelle, en ami d'une gauche revendicative.
La voix, sans être exceptionnelle, était claire et a servi parfaitement son répertoire intimiste ( à noter une jolie reprise du "pull marine" d'Adjani).
Après deux rappels, nous avons retrouvé nos vies avec une pêche d'enfer et la sensation d'avoir passé une excellente soirée en compagnie d'une personne qu'on est sûr de retrouver très vite sur scène ou sur disque.
Pourquoi battait mon coeur (live) Alex Beaupain
vendredi 28 octobre 2011
Les ignorants d'Etienne Davodeau
J'ai trouvé le cadeau idéal pour Noël prochain ! Fini d'offrir le dernier Goncourt à ma belle soeur et une bouteille de très bon vin à mon frère. Cette année, je ferai l'alliance des deux et j'offrirai mon Goncourt à moi, une bande dessinée : "Les ignorants" d'Etienne Davodeau!
Tout d'abord, c'est un très bel objet : beau papier avec même un tranchefile (petit liseré de tissu au niveau de la reliure) comme dans les beaux livres et une magnifique illustration de couverture dans les tons gris/brun du meilleur effet.
Mais, comme pour les bons vins, le meilleur est à l'intérieur.
C'est le récit de deux initiations croisées durant un peu plus d'une année. Etienne Davodeau va travailler dans les vignes et le chai de son ami Richard Leroy qui, lui, devra découvrir le monde de la bande dessinée.
A priori, le postulat de départ ne semble pas passionnant, mais c'est sans compter le génie de l'auteur pour nous embarquer dans ce voyage initiatique.
Un voyage de 270 pages où le lecteur ne peut s'arracher à sa lecture et d'où il ressortira enrichi.
Au fil des rencontres des amis auteurs de Davodeau qui nous dévoilent leurs secrets de création et des amis vignerons de Leroy avec qui on débouche de bonnes bouteilles, j'ai été transporté dans deux mondes finalement pas si différents. Avec passion, les deux hommes sont des artistes de haute volée, qui, chacun dans leur coin, essayent de donner le meilleur d'eux même et dont les créations ont le pouvoir de rapprocher les humains.
Etienne Davodeau, au sommet de son art, nous livre le récit joyeux et serein d'une rencontre qui, grâce à son humanité et sa tendresse, offre à ses lecteurs le plaisir d'une lecture aussi riche et savoureuse qu'une bouteille de très grand vin. On pourra aussi trouver, en creux, la vision rassurante d'un monde de passions qui tourne le dos au libéralisme galopant en osant le partage sans réserve.
Tout d'abord, c'est un très bel objet : beau papier avec même un tranchefile (petit liseré de tissu au niveau de la reliure) comme dans les beaux livres et une magnifique illustration de couverture dans les tons gris/brun du meilleur effet.
Mais, comme pour les bons vins, le meilleur est à l'intérieur.
C'est le récit de deux initiations croisées durant un peu plus d'une année. Etienne Davodeau va travailler dans les vignes et le chai de son ami Richard Leroy qui, lui, devra découvrir le monde de la bande dessinée.
A priori, le postulat de départ ne semble pas passionnant, mais c'est sans compter le génie de l'auteur pour nous embarquer dans ce voyage initiatique.
Un voyage de 270 pages où le lecteur ne peut s'arracher à sa lecture et d'où il ressortira enrichi.
Au fil des rencontres des amis auteurs de Davodeau qui nous dévoilent leurs secrets de création et des amis vignerons de Leroy avec qui on débouche de bonnes bouteilles, j'ai été transporté dans deux mondes finalement pas si différents. Avec passion, les deux hommes sont des artistes de haute volée, qui, chacun dans leur coin, essayent de donner le meilleur d'eux même et dont les créations ont le pouvoir de rapprocher les humains.
Etienne Davodeau, au sommet de son art, nous livre le récit joyeux et serein d'une rencontre qui, grâce à son humanité et sa tendresse, offre à ses lecteurs le plaisir d'une lecture aussi riche et savoureuse qu'une bouteille de très grand vin. On pourra aussi trouver, en creux, la vision rassurante d'un monde de passions qui tourne le dos au libéralisme galopant en osant le partage sans réserve.
jeudi 27 octobre 2011
Une fois encore ! d'Emily Gravett
Emily Gravett en quelques albums s'est imposée comme une des grandes auteures pour la jeunesse. Son nouvel opus ne fait que confirmer son immense talent.
Quand un auteur allie imagination débridée, sens de l'humour dévastateur, coup de crayon talentueux, créativité, originalité et envie de donner du plaisir à tous ses lecteurs, votre regard se dirige obligatoirement vers cette jeune britannique dont les éditions Kaléidoscope publient ce mois-ci "Une fois encore", qui est, il faut le dire, une vraie réussite.
Sur un thème bien connu des parents, la lecture d'un album au moment du coucher, Emily Gravett nous en donne une vision jubilatoire. Les enfants vont aimer cet album à la fois pour sa tendresse, sa drôlerie, son côté ludique et bien sûr pour son héros qui est un dragon malicieux. Les parents vont adorer les innombrables clins d'oeil qui leur sont adressés et qu'ils découvriront même après 20 lectures.
Et je ne vous raconte pas la fin, un vrai gag digne d'une super production hollywoodienne ! Un conseil, la première fois, ne regardez surtout pas la quatrième de couverture.
Un grand album qui restera dans la bibliothèque de votre enfant toute sa vie, en souvenir du plaisir pris durant ses nombreuses lectures.
Une fois encore ! d'Emily Gravett aux éditions Kaléidoscope 15€ A partir de 4 ans
Quand un auteur allie imagination débridée, sens de l'humour dévastateur, coup de crayon talentueux, créativité, originalité et envie de donner du plaisir à tous ses lecteurs, votre regard se dirige obligatoirement vers cette jeune britannique dont les éditions Kaléidoscope publient ce mois-ci "Une fois encore", qui est, il faut le dire, une vraie réussite.
Sur un thème bien connu des parents, la lecture d'un album au moment du coucher, Emily Gravett nous en donne une vision jubilatoire. Les enfants vont aimer cet album à la fois pour sa tendresse, sa drôlerie, son côté ludique et bien sûr pour son héros qui est un dragon malicieux. Les parents vont adorer les innombrables clins d'oeil qui leur sont adressés et qu'ils découvriront même après 20 lectures.
Et je ne vous raconte pas la fin, un vrai gag digne d'une super production hollywoodienne ! Un conseil, la première fois, ne regardez surtout pas la quatrième de couverture.
Un grand album qui restera dans la bibliothèque de votre enfant toute sa vie, en souvenir du plaisir pris durant ses nombreuses lectures.
mercredi 26 octobre 2011
Polisse de Maïwenn
Je crache le morceau tout de suite car je suis prêt à affronter la vindicte populaire : je n'ai pas beaucoup aimé le nouveau film de Maïwenn.
"-Pas possible! me diront les 200 personnes qui ont pleuré, sursauté, retenu une exclamation durant la projection du chef d'oeuvre, hier soir à la séance de 19 h, tu as le coeur sec, tu ne peux pas rester de marbre devant un tel film reconnu par toute la presse."
"- Comment peux-tu ne pas être ému par toute cette détresse, par ces vies sacrifiées, ces enfants bousillés? me demandent mes ados, à la maison, pour qui le film est déjà culte."
Hé bien, NON, je ne rejoindrai pas la foule pleurante et émue. Certes, j'ai apprécié les acteurs (surtout Karin Viard et Marina Foïs, impressionnantes) tous parfaits, formant une troupe homogène et donnant au film une colonne vertébrale que le scénario n'arrive pas à donner. Car c'est là où le bât blesse, le scénar ! La réalisatrice en est l'auteur et précise partout que tous les cas évoqués sont réels.
Effectivement, les affaires traitées sont exemplaires et prises séparément, émouvantes mais hélas jamais traitées jusqu'au bout. Quid de l'enfant malien et de sa mère ? Et la suite de l'affaire des grands bourgeois ? On ne saura jamais comment fini l'enquête. Et les enfants roms?
Ces mêmes affaires, confrontées à ces policiers qui sont des clichés ambulants (l'intello, la beur, la poivrote, ...), perdent de leur force car elles semblent servir systématiquement de caisse de résonance aux problèmes des différents membres de cette brigade des mineurs.
Si connaître un peu de l'intimité de ces policiers au boulot prenant et difficile s'avère intéressante, la présence de la réalisatrice en reporter-photographe séduite par l'un des membres de la brigade est ici traitée sur le mode nunuche et plombe sérieusement la tension du film.
Pour conclure, "Polisse" n'est pas un navet car il se dégage tout de même une réelle humanité, une furieuse envie de témoigner totalement salutaire et par moment un réel talent de mise en scène.
Cependant, Maïwenn et sa scénariste Emmanuelle Bercot auraient pu croire en l'intelligence du spectateur en resserrant leur sujet sans avoir recours à des artifices dignes d'un vulgaire téléfilm de TF1.
"-Pas possible! me diront les 200 personnes qui ont pleuré, sursauté, retenu une exclamation durant la projection du chef d'oeuvre, hier soir à la séance de 19 h, tu as le coeur sec, tu ne peux pas rester de marbre devant un tel film reconnu par toute la presse."
"- Comment peux-tu ne pas être ému par toute cette détresse, par ces vies sacrifiées, ces enfants bousillés? me demandent mes ados, à la maison, pour qui le film est déjà culte."
Hé bien, NON, je ne rejoindrai pas la foule pleurante et émue. Certes, j'ai apprécié les acteurs (surtout Karin Viard et Marina Foïs, impressionnantes) tous parfaits, formant une troupe homogène et donnant au film une colonne vertébrale que le scénario n'arrive pas à donner. Car c'est là où le bât blesse, le scénar ! La réalisatrice en est l'auteur et précise partout que tous les cas évoqués sont réels.
Effectivement, les affaires traitées sont exemplaires et prises séparément, émouvantes mais hélas jamais traitées jusqu'au bout. Quid de l'enfant malien et de sa mère ? Et la suite de l'affaire des grands bourgeois ? On ne saura jamais comment fini l'enquête. Et les enfants roms?
Ces mêmes affaires, confrontées à ces policiers qui sont des clichés ambulants (l'intello, la beur, la poivrote, ...), perdent de leur force car elles semblent servir systématiquement de caisse de résonance aux problèmes des différents membres de cette brigade des mineurs.
Si connaître un peu de l'intimité de ces policiers au boulot prenant et difficile s'avère intéressante, la présence de la réalisatrice en reporter-photographe séduite par l'un des membres de la brigade est ici traitée sur le mode nunuche et plombe sérieusement la tension du film.
Pour conclure, "Polisse" n'est pas un navet car il se dégage tout de même une réelle humanité, une furieuse envie de témoigner totalement salutaire et par moment un réel talent de mise en scène.
Cependant, Maïwenn et sa scénariste Emmanuelle Bercot auraient pu croire en l'intelligence du spectateur en resserrant leur sujet sans avoir recours à des artifices dignes d'un vulgaire téléfilm de TF1.
mardi 25 octobre 2011
Joseph avait un petit manteau de Simms Taback
Une jeune maison d'édition, les éditions du Genévrier, a décidé de s'attaquer à la publication d'ouvrages Etats-Uniens inédits en France et ayant reçu le prix Aldecott. Ce prix est décerné depuis 1938 par l'Association des bibliothécaires américains pour la jeunesse.
Depuis le printemps dernier une petite dizaine d'albums sont arrivés sur les tables des libraires, remarquables par leur allure un peu surannée.
Cette semaine est sorti un petit bijou datée de 1999 et qui a pour titre "Joseph avait un petit manteau".
L'auteur, Simms Taback, est, semble-t-il, spécialisé dans le livre à trous, genre à part entière si l'on en juge par le nombre de publications utilisant ce procédé qui plaît tant aux petits (et aux grands...).
Ce petit conte philosophique est inspiré par une chanson yiddish que l'on trouve à la fin de l'album.
Joseph, le héros, a un manteau vieux et râpé et va en faire une veste qui, à son tour sera vieille et râpée et deviendra autre chose jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Et même avec ce rien, Joseph fera quelque chose!!!!
Les illustration très colorées, un brin naïves, rehaussées par des collages de tissu ou de photos donnent une ambiance très Europe de l'Est à cette histoire anti gaspillage. Les trous sont ici utilisés de façon très ludiques et avec beaucoup d'intelligence, amenant le jeune lecteur à mieux appréhender la morale de cet album salutaire en ces temps d'hyper consommation.
Vous l'avez compris, pour moi, c'est le coup de coeur de cette rentrée qui m'amènera par la suite à suivre de très près les prochaines publications de cette jeune maison d'édition.
Joseph avait un petit manteau de Simms Taback édité par Le Genévrier 17€. A partir de 3 ans.
Depuis le printemps dernier une petite dizaine d'albums sont arrivés sur les tables des libraires, remarquables par leur allure un peu surannée.
Cette semaine est sorti un petit bijou datée de 1999 et qui a pour titre "Joseph avait un petit manteau".
L'auteur, Simms Taback, est, semble-t-il, spécialisé dans le livre à trous, genre à part entière si l'on en juge par le nombre de publications utilisant ce procédé qui plaît tant aux petits (et aux grands...).
Ce petit conte philosophique est inspiré par une chanson yiddish que l'on trouve à la fin de l'album.
Joseph, le héros, a un manteau vieux et râpé et va en faire une veste qui, à son tour sera vieille et râpée et deviendra autre chose jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Et même avec ce rien, Joseph fera quelque chose!!!!
Les illustration très colorées, un brin naïves, rehaussées par des collages de tissu ou de photos donnent une ambiance très Europe de l'Est à cette histoire anti gaspillage. Les trous sont ici utilisés de façon très ludiques et avec beaucoup d'intelligence, amenant le jeune lecteur à mieux appréhender la morale de cet album salutaire en ces temps d'hyper consommation.
Vous l'avez compris, pour moi, c'est le coup de coeur de cette rentrée qui m'amènera par la suite à suivre de très près les prochaines publications de cette jeune maison d'édition.
Joseph avait un petit manteau de Simms Taback édité par Le Genévrier 17€. A partir de 3 ans.
L'envie de Sophie Fontanel
Il y a des moments où je me demande si je sais lire... Cette réflexion me vient après la lecture de "L'envie" de Sophie Fontanel, livre dont on a beaucoup parlé cette rentrée. Beaucoup ont salué le culot de la part de l'auteur de traiter un sujet aussi sensible que la perte d'envie de faire l'amour et de l'ostracisme que cela induit. Certains ont été touchés par cette confession intime et impudique. D'autres ont admiré la démarche et la sensibilité.
Moi je n'ai rien vu de tout cela. Tout d'abord le sujet n'est qu'effleuré, cette perte d'envie de faire l'amour sert très souvent de prétexte à nous présenter des personnages empêtrés dans des problèmes d'ordres sexuels qui les rendent forcément malheureux et qui devraient au contraire rassurer la narratrice quant à son choix. Et puis, cette perte d'envie n'est jamais analysée. Pourquoi en est-elle arrivé là? On saura juste, furtivement, qu'elle se donnait à des partenaires juste par obligation, peut être pour faire comme tout le monde. On ne mesure pas exactement combien cela aura duré ni si cela lui pèse vraiment car au bout du compte, je trouve qu'elle en tire un sacré profit. Il faut voir la manière dont elle observe le monde et combien elle est attentive aux autres.
Mais, le pire dans ce livre pour moi est ailleurs. Mme Fontanel n'a plus envie de faire l'amour, on est d'accord et je me dis pourquoi pas? Où est le scandale? Chacun fait ce qu'il veut avec ses fesses.
Mais, il semblerait que dans le milieu extrêmement privilégié dans lequel évolue l'auteur, cela soit une autre histoire. Le sexe, les rencontres, la drague sont quasiment leurs seuls centres d'intêret. Toutes ses anecdotes de chef d'entreprise, d'acteurs, de mannequins, de grands bourgeois, qui parlent pipe en hurlant dans les rayons du Monoprix, avalent du Viagra comme d'autres de l'aspirine et bien sûr passent leur temps en Grèce, à Venise ou à Deauville, m'ont un peu agacé et surtout pas vraiment intéressé. Vous rajoutez à cela le désir de Mme Fontanel de vouloir faire oublier à tout prix qu'elle est l'auteur de Fonelle, chronique ultra légère du magazine Elle, encombrant ainsi son récit de phrases aux tournures alambiquées, pseudo-littéraires qui quelquefois sonnent plus creux que justes. Vous obtenez un livre mode, au thème idéal pour des articles dans la presse féminine et encensé par tout la gent journalistique qui se fait un plaisir de promouvoir une bonne copine.
En temps normal, j'aime bien les articles plein d'humour de Sophie Fontanel mais ici, voulant faire sérieuse, elle passe, hélas, à côté d'un sujet original. Mais peut être que cette abstinence voulue est encore trop taboue pour nous humains, obsédés de sexe?
Moi je n'ai rien vu de tout cela. Tout d'abord le sujet n'est qu'effleuré, cette perte d'envie de faire l'amour sert très souvent de prétexte à nous présenter des personnages empêtrés dans des problèmes d'ordres sexuels qui les rendent forcément malheureux et qui devraient au contraire rassurer la narratrice quant à son choix. Et puis, cette perte d'envie n'est jamais analysée. Pourquoi en est-elle arrivé là? On saura juste, furtivement, qu'elle se donnait à des partenaires juste par obligation, peut être pour faire comme tout le monde. On ne mesure pas exactement combien cela aura duré ni si cela lui pèse vraiment car au bout du compte, je trouve qu'elle en tire un sacré profit. Il faut voir la manière dont elle observe le monde et combien elle est attentive aux autres.
Mais, le pire dans ce livre pour moi est ailleurs. Mme Fontanel n'a plus envie de faire l'amour, on est d'accord et je me dis pourquoi pas? Où est le scandale? Chacun fait ce qu'il veut avec ses fesses.
Mais, il semblerait que dans le milieu extrêmement privilégié dans lequel évolue l'auteur, cela soit une autre histoire. Le sexe, les rencontres, la drague sont quasiment leurs seuls centres d'intêret. Toutes ses anecdotes de chef d'entreprise, d'acteurs, de mannequins, de grands bourgeois, qui parlent pipe en hurlant dans les rayons du Monoprix, avalent du Viagra comme d'autres de l'aspirine et bien sûr passent leur temps en Grèce, à Venise ou à Deauville, m'ont un peu agacé et surtout pas vraiment intéressé. Vous rajoutez à cela le désir de Mme Fontanel de vouloir faire oublier à tout prix qu'elle est l'auteur de Fonelle, chronique ultra légère du magazine Elle, encombrant ainsi son récit de phrases aux tournures alambiquées, pseudo-littéraires qui quelquefois sonnent plus creux que justes. Vous obtenez un livre mode, au thème idéal pour des articles dans la presse féminine et encensé par tout la gent journalistique qui se fait un plaisir de promouvoir une bonne copine.
En temps normal, j'aime bien les articles plein d'humour de Sophie Fontanel mais ici, voulant faire sérieuse, elle passe, hélas, à côté d'un sujet original. Mais peut être que cette abstinence voulue est encore trop taboue pour nous humains, obsédés de sexe?
L'envie de Sophie Fontanel édité par Robert Laffont 17€
dimanche 23 octobre 2011
La chambre à remonter le temps de Benjamin Berton
Voilà un roman que je n'avais pas envie de lire à cause de son titre, un peu trop fantastique à mon goût (je n'adhère pas du tout au genre), mais le résumé mis en ligne sur le site de l'éditeur Gallimard, laissait présager autre chose qu'une évocation de l'univers de Welles. Détail intéressant, l'action se situe dans ma ville et qui plus est, dans mon quartier.
L'histoire est banale. Un couple de trentenaire, gentiment bobo, s'installe pour des raisons de commodité dans une petite maison tranquille au Mans. L'ennui s'installe progressivement dans la vie de ce couple malgré l'arrivée d'une petite fille. Le narrateur, voulant mettre un peu de piment dans son quotidien, se joint à un groupe de voisins qui zonent la nuit pour protéger leur quartier du vandalisme.
Et la chambre du titre me direz-vous? Elle existe bien sûr car notre héros va s'en servir pour voyager dans un futur ou un passé proche notamment pour assouvir un petit fantasme extra conjugal.
Au final, j'ai beaucoup apprécié la description de la vie de ces trentenaires. Benjamin Berton n'est pas un écrivain aimable, il parle sans fard, sans concession, avec la précision d'un entomologiste, montrant du doigt les vilaines petites choses, les rancoeurs. Son héros, qui est loin d'en être un, n'est pas vraiment sympathique, tout à tour méprisant, lâche, misanthrope, il se débat dans un quotidien qu'il exècre de plus en plus. Mais, malgré tout, on le suit dans son parcours grâce à une très belle écriture, car, ici, on a affaire à un vrai écrivain. On est très loin de Mme Pancol, plus près de Michel Houellebecq.
La lecture de ce livre est hautement recommandée pour la pertinence et l'acuité de ce portrait de la vie dans ce début de 21ème siècle.
Et la chambre du titre me redemandez-vous? Heureusement pour moi, elle n'occupe que le quart de l'action, donnant un petit côté fantastique pas vraiment désagréable dans cet univers si étriqué mais qui, à mon avis, n'est pas la partie la plus réussie.
Pour conclure, je ne résiste pas au plaisir de vous faire lire un de ces nombreux paragraphes grinçants qui jalonnent ce livre et qui vous fera peut être comprendre pourquoi il est peu probable que Benjamin Berton reçoivent, un jour, une médaille des mains du maire du Mans.
"A la fin du mois d'août, nous (...) reprîmes la direction du Mans. L'entrée dans la cité cénomane, même après des semaines de pluie, n'était pas réjouissante. Les faubourgs de la ville étaient d'une laideur spectaculaire. Elle vous tombait dessus comme la lame d'une guillotine. Les maisons étaient grises et mal conçues. Les immeubles étaient anciens et mal bâtis. Si le centre-ville était à sa manière agréable et plutôt bien entretenu, la banlieue était dédiée au commerce et aux habitations de seconde zone. J'avais l'impression parfois qu'on avait confié pendant des années la politique d'urbanisme à l'un de ces types décérébrés qui passent leur temps à construire des cabanes en tôle dans leur arrière-cour pour y accumuler des bouts de ferraille et des carcasses de voitures au cas où ils serviraient un jour. (...) Les arbres étaient taillés par des jardiniers qui coupaient les cheveux des taulards en temps ordinaire. Les cimes pelées ressemblaient à des brocolis géants. Les plantations étaient sèches comme de la paille de fer."
Et la vie du couple est traité de la même manière....
L'histoire est banale. Un couple de trentenaire, gentiment bobo, s'installe pour des raisons de commodité dans une petite maison tranquille au Mans. L'ennui s'installe progressivement dans la vie de ce couple malgré l'arrivée d'une petite fille. Le narrateur, voulant mettre un peu de piment dans son quotidien, se joint à un groupe de voisins qui zonent la nuit pour protéger leur quartier du vandalisme.
Et la chambre du titre me direz-vous? Elle existe bien sûr car notre héros va s'en servir pour voyager dans un futur ou un passé proche notamment pour assouvir un petit fantasme extra conjugal.
Au final, j'ai beaucoup apprécié la description de la vie de ces trentenaires. Benjamin Berton n'est pas un écrivain aimable, il parle sans fard, sans concession, avec la précision d'un entomologiste, montrant du doigt les vilaines petites choses, les rancoeurs. Son héros, qui est loin d'en être un, n'est pas vraiment sympathique, tout à tour méprisant, lâche, misanthrope, il se débat dans un quotidien qu'il exècre de plus en plus. Mais, malgré tout, on le suit dans son parcours grâce à une très belle écriture, car, ici, on a affaire à un vrai écrivain. On est très loin de Mme Pancol, plus près de Michel Houellebecq.
La lecture de ce livre est hautement recommandée pour la pertinence et l'acuité de ce portrait de la vie dans ce début de 21ème siècle.
Et la chambre du titre me redemandez-vous? Heureusement pour moi, elle n'occupe que le quart de l'action, donnant un petit côté fantastique pas vraiment désagréable dans cet univers si étriqué mais qui, à mon avis, n'est pas la partie la plus réussie.
Pour conclure, je ne résiste pas au plaisir de vous faire lire un de ces nombreux paragraphes grinçants qui jalonnent ce livre et qui vous fera peut être comprendre pourquoi il est peu probable que Benjamin Berton reçoivent, un jour, une médaille des mains du maire du Mans.
"A la fin du mois d'août, nous (...) reprîmes la direction du Mans. L'entrée dans la cité cénomane, même après des semaines de pluie, n'était pas réjouissante. Les faubourgs de la ville étaient d'une laideur spectaculaire. Elle vous tombait dessus comme la lame d'une guillotine. Les maisons étaient grises et mal conçues. Les immeubles étaient anciens et mal bâtis. Si le centre-ville était à sa manière agréable et plutôt bien entretenu, la banlieue était dédiée au commerce et aux habitations de seconde zone. J'avais l'impression parfois qu'on avait confié pendant des années la politique d'urbanisme à l'un de ces types décérébrés qui passent leur temps à construire des cabanes en tôle dans leur arrière-cour pour y accumuler des bouts de ferraille et des carcasses de voitures au cas où ils serviraient un jour. (...) Les arbres étaient taillés par des jardiniers qui coupaient les cheveux des taulards en temps ordinaire. Les cimes pelées ressemblaient à des brocolis géants. Les plantations étaient sèches comme de la paille de fer."
Et la vie du couple est traité de la même manière....
jeudi 20 octobre 2011
Cyril Mokaïesh en concert
Son premier disque sorti au printemps dernier a été pour moi un coup de coeur malgré une production un peu grandiloquente. Cet automne, il était finaliste du prix Constantin, ce qui est déjà la preuve que ses compositions ont attiré l'oreille des professionnels. C'est donc avec curiosité que j'ai assisté à son concert hier soir dans une petite salle, à moitié pleine et avec un public qui ne le connaissait pas vraiment ou pas du tout.
C'est seul avec sa pianiste, une belle énergie et un beau culot que Cyril Mokaïesh a débuté son concert en piano voix avec "du rouge et des passions", chanson inspirée par Léo Ferré. Puis, accompagné de ses musiciens, se sont enchaînées les titres de son album qui, sur scène, prennent évidemment une autre dimension, car débarrassées des arrangements un peu lourds du disque. Cependant, on a bien senti que durant la première moitié du concert, le chanteur manquait un peu d'assurance devant ce public à conquérir, il n'y avait pas dans la salle assez de fans pour le soutenir. Mais le concert a pris bonne tournure au moment où, seul devant le micro, Cyril Mokaïesh nous a récité/joué un poème, avec une sincérité qui le mettait quasiment à nu, devant un public soudain très attentif. En enchaînant avec des titres plus pêchus, puis une reprise musclée de Marc Lavoine pour terminer par le fameux "Communiste", la salle a été emportée et conquise si j'en juge par les commentaires des spectateurs autour de moi.
Pour moi ce fut une belle soirée, Cyril Mokaïesh est encore jeune, mais a un énorme potentiel et l'on va sûrement le voir décoller dans les années qui viennent. En plus, ce jeune homme, au physique plus qu'avantageux, est vraiment sympathique, ouvert. Il a échangé de manière spontanée avec les spectateurs à l'issu de son concert, montrant ainsi que la sincérité se dégageant de ses chansons n'est pas une posture et que l'humanité que l'on a ressenti au travers de ses compositions est tout simplement l'émanation d'un belle personne.
Et cliquez sur le lien pour le live de Cyril Mokaiesh dans l'émission taratata du 14 octobre dernier :
http://video.mytaratata.com/video/iLyROoaf2nuR.html
C'est seul avec sa pianiste, une belle énergie et un beau culot que Cyril Mokaïesh a débuté son concert en piano voix avec "du rouge et des passions", chanson inspirée par Léo Ferré. Puis, accompagné de ses musiciens, se sont enchaînées les titres de son album qui, sur scène, prennent évidemment une autre dimension, car débarrassées des arrangements un peu lourds du disque. Cependant, on a bien senti que durant la première moitié du concert, le chanteur manquait un peu d'assurance devant ce public à conquérir, il n'y avait pas dans la salle assez de fans pour le soutenir. Mais le concert a pris bonne tournure au moment où, seul devant le micro, Cyril Mokaïesh nous a récité/joué un poème, avec une sincérité qui le mettait quasiment à nu, devant un public soudain très attentif. En enchaînant avec des titres plus pêchus, puis une reprise musclée de Marc Lavoine pour terminer par le fameux "Communiste", la salle a été emportée et conquise si j'en juge par les commentaires des spectateurs autour de moi.
Pour moi ce fut une belle soirée, Cyril Mokaïesh est encore jeune, mais a un énorme potentiel et l'on va sûrement le voir décoller dans les années qui viennent. En plus, ce jeune homme, au physique plus qu'avantageux, est vraiment sympathique, ouvert. Il a échangé de manière spontanée avec les spectateurs à l'issu de son concert, montrant ainsi que la sincérité se dégageant de ses chansons n'est pas une posture et que l'humanité que l'on a ressenti au travers de ses compositions est tout simplement l'émanation d'un belle personne.
Et cliquez sur le lien pour le live de Cyril Mokaiesh dans l'émission taratata du 14 octobre dernier :
http://video.mytaratata.com/video/iLyROoaf2nuR.html
mercredi 19 octobre 2011
Une chanson d'ours de Benjamin Chaud
Vous connaissez Charlie? Vos enfants aiment le rechercher de page en page? Vous trouvez que Charlie c'est sympa mais pas vraiment littéraire? Alors ouvrez "Une chanson d'ours" de Benjamin Chaud édité chez Hélium et vous aurez le bonheur de lire une histoire originale tout en cherchant un adorable petit ours perdu dans l'opéra de Paris!
En lisant cet album grand format aux illustrations foisonnantes et drôles, vous saurez ce qu'il arrive à un petit ours qui suit sans réfléchir une abeille et surtout à son pauvre père, sur le point d'hiberner, qui recherche son fils et qui sera amené à chanter sur la scène de l'opéra Garnier.
Benjamin Chaud, illustrateur des aventures de Pomelo, nous offre un album d'une grande fraîcheur, aux couleurs automnales et qui mélange très habilement une bonne histoire avec un jeu de recherche.
En fermant le livre, je me suis pris à rêver que ces ours pourraient très bien vivre, pour notre plus grand plaisir, de nouvelles aventures comme leur lointain cousin Charlie.
Une chanson d'ours de Benjamin Chaud édité chez Hélium (14,90€) A partir de 3 ans.
En lisant cet album grand format aux illustrations foisonnantes et drôles, vous saurez ce qu'il arrive à un petit ours qui suit sans réfléchir une abeille et surtout à son pauvre père, sur le point d'hiberner, qui recherche son fils et qui sera amené à chanter sur la scène de l'opéra Garnier.
Benjamin Chaud, illustrateur des aventures de Pomelo, nous offre un album d'une grande fraîcheur, aux couleurs automnales et qui mélange très habilement une bonne histoire avec un jeu de recherche.
En fermant le livre, je me suis pris à rêver que ces ours pourraient très bien vivre, pour notre plus grand plaisir, de nouvelles aventures comme leur lointain cousin Charlie.
Une chanson d'ours de Benjamin Chaud édité chez Hélium (14,90€) A partir de 3 ans.
lundi 17 octobre 2011
Chanson de la semaine : Avant la haine par Alex Beaupain et Camélia Jordana
Extrait du dernier album d'Alex Beaupain, ce duo avec Camélia Jordana est en fait la reprise d'une chanson entendue dans le film de Christophe Honoré "Dans Paris", interprétée à l'époque par Romain Duris et Joanna Preiss.
La mise en avant de ce très beau titre est accompagnée par un clip réalisé par Christophe Honoré. La classe!
La mise en avant de ce très beau titre est accompagnée par un clip réalisé par Christophe Honoré. La classe!
dimanche 16 octobre 2011
The artist de Michel Hazanavicius
Ce film hommage au cinéma muet hollywoodien qui est paraît-il programmé pour cartonner aux Etats-Unis m'a, avouons-le, un peu déçu.
Pourtant tout y est, pour satisfaire le spectateur : un acteur populaire, au sommet de la gloire, un réalisateur habile, habitué aux films hommages, un film original et gonflé, en noir et blanc et muet, à l'époque de la 3D omniprésente. Malgré cela, je suis resté sur ma faim.Le film démarre plutôt bien, le réalisateur joue habilement avec le son et la capacité des spectateurs actuels à jouer du clin d'oeil et de l'ellipse. Cette première partant nous montrant un acteur de cinéma muet, adulé et séducteur, est un joyeux mélange de comédie et de clin d'oeil. Jean Dujardin est parfait avec sa petite moustache fine à la Douglas Fairbanks et son oeil rieur. Puis bien vite, le film devient de plus en plus dramatique au fur et à mesure que le parlant triomphe sur les écrans et que nous assistons au déclin de la star irrémédiablement muette. Et là, par contre, l'émotion ne passe pas réellement, les scènes sont un poil trop longues, la magie du départ se dilue dans un mélodrame un peu convenu.
Reste, lorsque les lumières se rallument, un film sympa, avec des acteurs impeccables, une image magnifique (qui rappelle plus les films des années 40 que ceux des années 20) mais également la sensation d'un pari pas vraiment réussi comme si les auteurs avaient oublié que les grands films muets n'excédaient jamais 1h20, durée largement suffisante pour balader le spectateur du rire à l'émotion.
samedi 15 octobre 2011
Non de Claudia Rueda
Que c'est dur d'obéir toujours à ses parents! Qu'il est dur d'aller se coucher, surtout pour la longue nuit de l'hibernation qui attend le petit ours frondeur du délicieux album de Claudia Rueda.
Sur le thème de l'opposition parent/enfant, nous suivons, au milieu d'un paysage de plus en plus enneigé, l'obstination d'un ourson et la patience d'une mère devant la résistance de son enfant. Et cet enfant ira jusqu'au bout, trop loin peut être, créant ainsi un suspens effrayant dans les dernières pages de cet album très réussi.
Le graphisme tout en rondeur donne envie de se blottir, de s'enfoncer dans la neige ou dans le pelage des ces ursidés. L'histoire nous fait frissonner de froid, de peur pour mieux nous réchauffer ensuite.
Un album qui peut être apprécier à partir de trois ans, l'hiver, blotti sous la couette, une fois que nos petits monstres ont accepté de se coucher.
Non de Claudia Rueda édité chez Rue du monde, 14€ A partir de 3 ans.
Sur le thème de l'opposition parent/enfant, nous suivons, au milieu d'un paysage de plus en plus enneigé, l'obstination d'un ourson et la patience d'une mère devant la résistance de son enfant. Et cet enfant ira jusqu'au bout, trop loin peut être, créant ainsi un suspens effrayant dans les dernières pages de cet album très réussi.
Le graphisme tout en rondeur donne envie de se blottir, de s'enfoncer dans la neige ou dans le pelage des ces ursidés. L'histoire nous fait frissonner de froid, de peur pour mieux nous réchauffer ensuite.
Un album qui peut être apprécier à partir de trois ans, l'hiver, blotti sous la couette, une fois que nos petits monstres ont accepté de se coucher.
Non de Claudia Rueda édité chez Rue du monde, 14€ A partir de 3 ans.
Inscription à :
Articles (Atom)