dimanche 8 janvier 2012

La colline aux coquelicots de Goro Miyazaki


"La colline aux coquelicots" est le second film de Goro Miyazaki, le fils du créateur des studios Ghibli et le génial réalisateur de "Mon voisin Totoro", "Le voyage de Chihiro" ou "Princesse Mononoké".
Ce long métrage d'animation, si l'on en croit les gazettes, s'est fabriqué dans la douleur. Les rapports père/fils n'étant pas au beau fixe, le père reprochant à son rejeton de n'être qu'un réalisateur sans âme, pas mature. Malgré cette confection empreinte de méfiance, amenant Miyazaki père à envisager le prise des rênes de la réalisation, le film a finalement pu sortir au Japon, signé par le fils et y a remporté un joli succès. 
Adapté d'un shojo (manga pour jeune fille) publié en 1980, "la colline aux coquelicots" nous transporte en 1963 pour nous faire rencontrer Umi, charmante jeune fille, bonne élève et ado modèle, gérant de conserve étude et maison suite à la mort de son père à la guerre de Corée et au départ de sa mère aux Etats-Unis afin d'y terminer des études de médecine. Au lycée, elle rencontrera Shun, jeune homme militant contre la destruction d'un foyer culturel jugé trop vétuste par une administration obsédé de modernité. Leur relation, au départ amicale, se transformera en amour naissant jusqu'à être contrariée par la révélation d'un secret de famille trop mal gardé.
Vous l'aurez compris nous sommes ici très loin de l'univers fantasmagorique de Miyazaki père, bien que celui-ci ait signé le scénario, qui est, il faut bien le dire, ce qui a de plus faible dans ce film. L'histoire est assez mièvre, une véritable bluette aux rebondissements minimes et attendus. Sur une toile de fond historique pas vraiment exploitée, le Japon renaissant après la défaite et préparant activement les J.O. de Tokyo, nous suivons sans grande passion le cheminement des deux adolescents. 
Par contre, j'ai admiré les décors absolument magnifiques dans lesquels Goro Miyazaki fait évoluer ses personnages, chefs-d'oeuvre de précision et de poésie et donnant au film une signature digne des meilleurs films de son père. La bande son, soignée, joli mélange de chansons japonaises des années 60 et de piano romantique accompagne agréablement l'ensemble.
Je ne pense pas que film trouve un énorme public en France. Il ne s'adresse pas du tout aux enfants (qui se sont ennuyés un peu bruyamment lors de la projection), un peu  aux adolescentes fanas de mangas roses. Quant au public adulte, à moins d'être un accro de l'animation, il agacera par son côté gnangnan sérieusement démodé sauf s'il a envie de regarder de belles images colorées. Mais il a peut être passé l'âge...




1 commentaire:

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