mercredi 3 décembre 2014

White god de Kornél Mundruczo


Partant pour trois mois en Australie, une femme laisse sa préado de fille et son chien chez son père. Les rapports filiaux sont assez tendus surtout que le père (et son voisinage) ne tolère guère la présence d'Hagen, le fidèle compagnon à 4 pattes. Il finira par l'abandonner au bord d'une route. L'adolescente recherchera son chien. Le chien vivra, perdu dans la ville, de multiples aventures...
Raconté comme cela, vous penserez que nous sommes dans un remake de " Lassie, chien fidèle". Mais nous sommes à Budapest, capitale abritant en ce moment un régime franchement conservateur, et les chiens qui ne sont pas de pures races, sont taxés ou envoyés en fourrière pour être vendus ou carrément supprimés. La métaphore est évidente et irrigue le film. Il est évident que marteler un discours contre la xénophobie actuelle est toujours bon à prendre, même si parfois asséné de façon un peu lourde. Cependant "White god" (j'allais écrire dog ) ne se résume pas qu'à cela. Si la première partie mixe le film animalier larmoyant façon Disney avec une chronique sur le passage à l'adolescence et les rapports tumultueux avec le père, il prend, dans sa seconde partie, un virage horrifique. Là aussi, le film hésite entre le film d'horreur de série B et le conte fantastique ( avec un clin d'oeil façon "Joueur de flûte d'Hamelin" ). Force est de reconnaître, que malgré un scénario à grosses ficelles (oui, je sais, c'est un conte quelque part) et une dénouement un peu gnangan, cette dernière partie est prenante. Les plans de la meute de chiens assoiffés de vengeance sont particulièrement convaincants et sont, à eux seuls, une excellente raison d'aller voir le film.
"White god" est une oeuvre cinématographique gonflée. Si l'on peut être réservé sur le traitement symbolico/politique assez lourdingue ou cette façon de tomber dans les clichés du film de genre ( oui, certains plans du regard du chien sont faits pour nous émouvoir), le film possède une force visuelle étonnante et captivante. C'est ce regard et cette imagination que je finis par retenir, emportant au final mon adhésion pour ce qui reste sûrement le long métrage le plus original du mois.


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