mercredi 25 février 2015

Le chevalier noir d'Antonin Louchard



A l'heure, où la morale va faire un grand retour dans les écoles,il n'est pas tout à fait sûr que "Le chevalier noir" se retrouve dans une de ses listes éditées par le ministère de l'Education Nationale. Je suis même certain qu'il en sera honni, les cheveux de nos futurs chevaliers de la bien pensance se seront dressés sur leur têtes de technocrates pour qui le monde de l'enfance est un agglomérat abstrait fait pour ingurgiter sans moufter les derniers courants pédagogiques.
C'est certain Antonin Louchard nous propose une fable piquante, loin d'un univers où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Le chevalier noir. bien que ce soit un lapin blanc, avec son armure inoxydable et son regard belliqueux, n'inspire guère confiance. Le voilà parti combattre les infidèles. ( C'est bizarre ce terme prend une saveur un peu étrange de nos jours). En chemin , il ne fait qu'à être énervé par des enquiquineurs qui le gênent dans sa chevauchée punitive. Des canards sauvages en migration ? Qu'importe, il les abat sans pitié avec son arc ! Des brigands ? Ils sont impitoyablement massacrés avec sa grande épée ! Ne parlons pas de ces ridicules moustiques et encore moins des infidèles dans leur château , ils seront détruits séance tenante !
Il va m'être difficile de continuer car je ne peux divulguer la chute de ce sanglant mais très malicieux album pour enfants. Je dirai, pour rassurer les lecteurs qui penseraient que je tourne au dangereux blogueur, que ce récit est un formidable hommage à l'imaginaire enfantin et à l'indéniable envie qu'ont les enfants d'inventer des histoires violentes et horribles pour leur plus grand plaisir.
Avec un sens inné du dialogue et une maîtrise de la chute impeccable, Antonin Louchard ne renie en rien son  côté acide et malicieux. En allant à contre courant d'un mouvement naissant, visant à faire entrer nos chérubins dans un moule moralisateur, encore plus bêtifiant et gnangnan, il prouve qu'avec humour,on peut à la fois respecter les enfants et leur imaginaire, souvent induit par leur entourage, tout en les faisant réfléchir sur cette violence qui existe en eux. Pour moi c'est un petit coup de coeur que l'on peut lire dès 4 ans, avec toutefois, comme l'annonce le titre  une possibilité d'être énervé par autant de liberté... Perso, j'y aurai ajouté une page bien rouge sang, bien sanguinolente, mais je pense que je suis un peu trop provoc sur le coup... Restons donc encore émerveillé par le monde si frais et si tendre de l'enfance....

1 commentaire:

  1. je viens de découvrir cet album, encore mieux que son Crocolion que j'avais adoré ! Louchard poil à gratter dans toute sa splendeur. Hâte de voir la fin des vacances pour le raconter !

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