lundi 24 août 2015

La belle saison de Catherine Corsini


Delphine fuit la campagne limousine où malgré quelques aventures féminines, le mariage quasi obligé avec un gars du cru lui pend au nez. Elle trouve un emploi chez Félix Potin, dans la capitale, loin des moissons et du bétail. Nous sommes en 1971, année secouée par un mouvement féministe fort et voyant. C'est lors d'une manifestation on ne peut plus sympathique qui consiste à mettre la main aux fesses des passants masculins, quelle croisera Carole, professeur d'espagnol au verbe haut et à l'allure conquérante. Bien que vivant avec Manuel, Carole se laissera séduire par une Delphine attirée par le physique rayonnant de cette pasionaria de la cause des femmes. Hélas, dans la ferme natale, le père se retrouve impotent suite à une attaque cardiaque et le retour dans les champs est inévitable, la mère, ne pouvant assumer le travail toute seule...
Beaucoup de jolies choses dans ce film sympathique mais pas de celles qui font les chefs-d'oeuvre, loin de là. La cause des femmes, leurs luttes pour un monde plus juste et plus égalitaire sert de toile de fond à la rencontre puis l'acceptation d'un amour que l'on voyait impossible à cette époque celle des amours des deux personnages. La représentation à l'écran d'amours lesbiennes sans fard dans un film style "qualité France à visée grand public" est assez rare pour être soulignée. Cécile de France y est filmée avec amour et déploie une beauté évidente, naturelle  (avec poils sous les bras ) et solaire. Izia Higelin est également parfaite. Mais allez savoir pourquoi, j'ai cru moyen à leur passion malgré les nombreuses scènes dénudées, les baisers. La faute peut être due à une photographie trop agréable à l'oeil qui noie le propos dans une imagerie de carte postale mais surtout à la sauce de la reconstitution historique aux amours des héroïnes qui ne prend pas. C'est un peu trop appliqué, voire parfois anecdotique malgré quelques dialogues bien sentis. On sent l'envie de bien faire. mais dans le genre sociologique, sur un thème finalement assez voisin, passer derrière "La vie d'Adèle" est un handicap. 
Tel qu'il est le film est honorable, gentiment militant mais formellement un tantinet trop simpliste. On me rétorquera que c'est encore une fois un pari audacieux dans la production française et c'est sans doute pour cela que l'on peut aller le découvrir pour constater qu'enfin les amours homosexuelles à l'écran arrivent peu à peu à se banaliser. C'est une bonne nouvelle en effet et espérons que ce ne soit pas qu'une parenthèse (presque) enchantée !




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