samedi 22 août 2015

L'inconstance des démons d'Eugène Green


Un petit tour dans le Pays Basque profond, ça vous dit ? Pénétrer à la suite d'un ancien médecin, veuf et reconverti en vendeur de livres anciens, dans quelques unes de ces demeures typiques, rouges ou vertes, où, sans doute, au moins un jambon pend nonchalamment d'une poutre noircie par les fumées d'une grande cheminée. S'enfoncer au coeur d'une région conservant jalousement sa langue et ses traditions et tenter de comprendre pourquoi un adolescent de bonne famille entre régulièrement en transe et, tout en tenant des propos étranges, fait surgir autour de lui des voix venues d'ailleurs. " L'inconstance des démons" nous plonge aussi dans un passé où sorcellerie et religieux faisaient bon ménage et remonte jusqu'au XIIe siècle où vivaient dans ces contrées une caste considérée comme impure et confinée dans des ghettos : les cagots.
Pas de chance pour moi, je goûte peu à l'ésotérisme et à la sorcellerie, coeur de ce roman. Autre malchance, je n'ai aucune accointance avec la tradition basque (pas plus qu'avec la corse, la bretonne ou la bourguignonne), mélange de chauvinisme acharné et de repli traditionnel qui, à mes yeux, manquent pas mal de fraternité.
Au milieu de noms basques qui risquent de rendre la lecture un tout peu plus difficile pour des non-initiés (  originaire de la région, cela m'a plutôt fait sourire), il y a une intrigue que l'auteur a voulu vaguement policière qui m'a permis de m'acheminer mollement et sans conviction jusqu'au dénouement.
Même si le thème du livre n'est pas ma tasse de thé, j'avoue que ce texte m'a constamment paru poussiéreux, à l'instar des personnages semblant sortis d'une autre époque. Avec une écriture très simple, ressemblant à celle d'un feuilleton jadis proposé dans "Nous deux", l'intrigue avance platement, sans grand ressort. Cela pourrait s'intituler "Le clan des sept au Pays Basque" pour le style, mais l'enquêteur est seul. Toutefois, et pour se démarquer de feu Enid Blyton, on trouve au détours de certains chapitres quelques éviscérés ou décapités.
Sombrant dans une bouillie ésotérico obscure, le livre s'est refermé tout seul, rejoignant ainsi la pile des titres qui prendront la poussière avant un sort plus funeste.
A écriture facile, conclusion à l'avenant :" L'inconsistance des démons" ....heu ...pardon "L'inconstance des démons" m'a diablement peu intéressé.

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