samedi 30 avril 2016

Je les aime tous de Mathilde


Pour vous cette semaine, j'ai testé le premier album d'une ex-candidate malheureuse de "The voice".
Je le reconnais, pour écouter de ce premier opus, il faut vaincre quelques réticences, oublier que les gagnants de cette émission sont en général assez éloignés de ce que j'écoute habituellement en matière de chanteurs français. Pour tout dire , Kendji Girac ne me fait pas du tout gondoler ! Il est préférable aussi d'effacer tous les clichés que véhicule ce genre d'émission formatée et se dire que pour faire le spectacle, TF1 a du avoir eu l'idée de prendre quelques semi-professionnels, tout aussi, sinon plus talentueux que les gagnants qui, eux, en plus de leur possibilité à pouvoir pousser la chansonnette, doivent répondre à d'autres critères, notamment physiques.
Alors, je mets le CD dans le lecteur, quelques notes de piano, dans la gamme des aigus, m'accueillent. Puis, la voix de Mathilde s'élève, claire, à la puissance maîtrisée.
" Pas mal !" me dis-je.
Bon, j'ai un peu déchanté en écoutant les paroles. Ce premier titre est une composition personnelle, une chanson d'amour, dont le texte, il faut le dire, accumule quelques clichés qui gâchent un peu la jolie mélodie cristalline. Le refrain dit :
"Mon amour, je t'aime et je t'attends
J'écris ton prénom dans la nuit
je pars, je reviens, je me rends". 
Après ce titre moyennement convainquant, suis l'une des sept reprises contenues dans cet album : "Sous le ciel de Paris", façon jazzy très chic, qu'enveloppe joliment la voix de Mathilde, en parfaite harmonie. Joli travail, belle interprétation, là, mon oreille se dresse.
Dans cette catégorie "hommage aux grandes chansons françaises" se succèdent  "Dis, quand reviendras-tu ? ", vraiment réappropriée, nettement plus réussie que la reprise de Bruel, l'inévitable "La javanaise" à la lenteur sensuelle, un joli duo sur "Une chanson douce " avec le chanteur brésilien Marcio Faraco. Franchement plus surprenante dans notre époque au puritanisme rampant, est la reprise d'une chanson coquine de Colette Renard " Les nuits d'une demoiselle" où un doux swing accompagne les rêveries érotiques d'une jeune fille. On trouve aussi un autre duo façon bossa-nova sur "Que reste-t-il de nos amours ? " et l'"Hymne à l'amour" quasi à capella. Je l'avoue, j'ai été séduit par cet ensemble, classieux, accompagné brillamment par le piano de Jacky Terrasson et une ribambelle de sonorités chaudes et charnelles, façon velours des bars de grands hôtels. Mathilde a une belle voix expressive, une voix qui force l'écoute et nous enveloppe dans un cocon de sensations douces et attentives. Même sur ses titres personnels qui s'intercalent au milieu de ces standards et bénéficient eux aussi de jolis arrangements jazzys, la voix de cette jeune femme est arrivée à m'accrocher malgré une certaine faiblesse d'écriture ( sauf  peut être sur " Les amants du Père Lachaise" ).
Alors, oui, Mathilde a un réel talent d'interprète, une voix qui ne laisse pas indifférent et qui arrive avec cet album aux apparences un peu convenues, à créer un joli univers. J'ai apprécié qu'elle sache maîtriser sa voix, évitant tous les clichés actuels en matière de chant et jouant ainsi une carte toute personnelle qui devrait , je l'espère, lui faire rencontrer de bons paroliers et un public. Un conseil :
Virez vos albums de Kendji et offrez-vous un moment de douceur avec Mathilde.
Le clip ci-dessous, écrit, réalisé par l'artiste ( que de talents !) est une de ces chansons originales qui pâtit sans doute de l'environnement des grandes chansons choisies pour cet album.




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