mercredi 14 mars 2018

Celui qui comptait être heureux longtemps de Irina Teodorescu


Nous sommes dans un pays totalitaire de l'est de l'Europe après guerre ( peut être la Roumanie d'où est native l'auteure). Le récit va disséquer de l'intérieur ce totalitarisme étouffant en suivant Bo, un homme issu d'un milieu relativement privilégié et pourvu de capacités mathématiques fort intéressantes pour le régime. De sa naissance sous les bombes jusqu'au scientifique enfin libéré du joug que l'on suppose communiste, nous le suivrons auprès des deux femmes qui l'ont accompagné dans sa vie ainsi que dans sa paternité contrariée suite à la maladie de son fils.
Il y a deux femmes dans ce roman et donc deux parties qui vont se révéler bien distinctes mais donner un certaine déséquilibre à l'ensemble. Le premier amour de Bo, se prénomme Irenn, longue tige assez inexpressive. Cette relation assez étrange va s'accompagner d'une narration flirtant avec une sorte de douce folie dans un style assez mordant qui, hélas, n'arrive pas à camoufler un certain ennui ( peut être celui de ce pays en proie à l'autoritarisme ...mais bon). Ca débute donc un peu moyen mais heureusement ça ne dure pas car voici Di, ce deuxième amour.( Beaucoup de personnages n'ont qu'une syllabe comme prénoms, symbolisant les pions qu'ils représentent dans ce système totalitaire). Bo va draguer inlassablement Di, réussir à l'épouser, connaître un certain bonheur conjugal. Puis viendra un enfant. Le ton pour ce couple est plus empathique surtout que le malheur guette. Le mélange drame intime et personnel avec l'oppression de tous les instants fonctionne bien. Même si le thème de l'emprise d'un régime totalitaire sur les êtres humains est loin d'être nouveau, Irina Teodorescu arrive à rendre son histoire et grinçante et émouvante. Ces êtres comparés à des poulets de batterie ( les héros, pour moi, sont quand même des poulets de Loué car, bien placés dans l'échelle sociale du régime, ils bénéficient d'un peu plus d'espaces de liberté que leurs congénères), vont se trouver face à un choix difficile à assumer. C'est dans cette dernière que l'auteure emporte le morceau...mais un peu tard tout de même...

1 commentaire:

  1. Exactement ressenti la même chose . Jamais vraiment accroché même si l'histoire est intéressante le style m'ennuie vraiment. Heureusement il ne faisait que 20 pages plus j'aurais raccroché rapidement .

    RépondreSupprimer

La troisième guerre de Giovanni Aloi

 Faire un film sur ces hommes que nous voyons déambuler dans nos villes engoncés dans une tenue qui rappelle quelque cuirasse d'antiques...