dimanche 20 juillet 2014

Complètement cramé de Gilles Legardinier / Lectures de vacances 2



POURQUOI ?

- Quoi tu n'as pas lu Legardinier  ?
- Ben non
- Mais toi qui lis plein de truc, tu n'as jamais lu Legardinier ? Moi j'adore !
Hé non, honte à moi, , je n'avais jamais ouvert ces livres aux chats photoshopés qui trônent auprès des caisses de toutes les maisons de la presse de France et de Navarre et même de certaines librairies entre les oeuvres de Grégoire Delacourt et "La femme parfaite est une connasse" (mais comptez pas sur moi pour perdre même une heure pour lire ce dernier !). Alors, je profite de l'été, de ce moment privilégié ou entre un verre de vin blanc frais et un marché artisanal made in China, on se laissa aller à un peu de légèreté pour découvrir ce qui plaît tant aux clients des librairies.

OU ?

Pas les moyens d'un relais et châteaux pour dévorer Legardinier et être ainsi raccord avec le lieu de l'intrigue de son "Complètement cramé". Pour lui, c'est tout bêtement dans mon jardin, mais avec mon chat tout de même, que j'ai passé quelques heures en compagnie de Blake, le héros et son étrange mission...



ET ALORS ?

Le créneau des romans dégoulinants de bons sentiments a trouvé son maître. Plus fort qu'Anna Gavalda  (pourtant plus mordante) et Grégoire Delacourt (pourtant plus inspiré) réunis, Gilles Legardinier n'y va pas de main morte. A partir d'une intrigue genre Club des cinq pour un côté vaguement mystérieux, mâtinée d'un décor et de personnages issus tout droit de la littérature romanesque pour dames mais d'avant Harlequin (Delly, Max du Veuzit que plus personne ne connaît) et de quelques répliques bien senties genre théâtre de boulevard, "Complètement cramé", malgré son titre aux relents actuels, m'a propulsé dans un genre romanesque oublié depuis longtemps : la bluette de gare. Tout y est ! Le château isolé, sa cuisinière ronchonne, sa soubrette délurée, son garde-chasse bougon, sa propriétaire belle et mystérieuse, sa méchante copine,  ses affreux banquiers et bien sur ses terribles secrets de famille. Et jeté au milieu de tout ça, Blake, le héros, qui atterrit là comme Terence Stamp dans "Théorème" mais, je vous rassure tout de suite, sans l'ombre d'un soupçon d'ambiguité. Il est là pour faire le bien et il y réussit. Un peu comme Joséphine ange gardien ( pour situer le niveau) , la magie en moins. 
Je n'ai rien contre les bons sentiments, c'est même plutôt rassurant, mais là, trop c'est trop. Malgré les pages de remerciements de la fin, à faite fondre en larmes un rugbyman bodybuildé reconverti dans le porno, cette avalanche de jolies choses font d'office apparaître Anna Gavalda comme la candidate la plus probable au prochain Nobel de littérature et Grégoire Delacourt grand favori du prochain Goncourt et premier auteur du 21 ème siècle à entrer dans le Lagarde et Michard (ça existe encore ça ? ). Militer (?!) pour une plus grande fraternité entre les hommes est une chose, la faire passer par l'écriture en est une autre. Gilles Legardinier écrit simple, simpliste parfois, mais la plume est alerte tout de même. Je ne doute pas une seconde de sa bonne foi mais, de grâce, pourquoi noyer tout cela dans une intrigue bourrée de clichés, enfilés les uns après les autres et moins originale qu'un téléfilm de M6 diffusé en pleine après-midi ? 
J'ai lu, je n'y reviendrai plus. 

5 commentaires:

  1. Une lecture pas très convaincante mais un billet qui aura eu le mérite de me faire rire. Plusieurs amies ont essayé de me mettre les livres de Legardinier dans les mains mais j'ai réussi jusqu'ici à esquiver. Ouf!

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  2. Mais si Legardinier a du talent : révéler celui des autres !! Merci pour cette chronique probablement plus drôle que le livre en entier !!
    Et bonnes vacances ...

    Ps evidemment faire des critiques sur une base fixe de questions, on n'en parle pas hein, allez c'est l'été, même ma mégalomanie a les pieds dans l'eau ;)))
    yann

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  3. Le premier opus était léger, divertissant! Mais je n'ai jamais eu envie d'en lire un 2ème ;-)

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  4. Rebonjour Philippe, décidément, je suis sur la même longueur d'ondes. J'avais lu le premier "Demain, j'arrête": vraiment pas terrible Je préfère la collection "Harlequin", c'est dire. Bon samedi.

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Kaamelott de Alexandre Astier

  Quand on n'est pas fan de la série et qu'en plus on n'en a aperçu qu'une ou deux scènettes durant sa vie de téléspectateur...