dimanche 22 avril 2012

Nos vies désaccordées de Gaëlle Josse


Je l'avoue, je suis très embêté pour parler de ce livre. Texte relativement court (142 pages), écrit joliment, lecture agréable mais au final pas grand chose. Pourquoi ce sentiment de vide  alors que toute la blogosphère à l'air de se pâmer ?
Est-ce la faute à l'histoire ? 
Non, je ne pense pas, pas moins intéressante que beaucoup d'autres. François Vallier, pianiste de renommée internationale retrouve par hasard la trace de Sophie, femme avec qui il a partagé la vie deux années auparavant et qui a disparu lors d'un de ses déplacements. La famille de cette dernière ayant jugé bon de l'éloigner et de la placer dans un institut spécialisé. 
Un problème de construction peut être ?
Non plus. L'histoire donne par moment dans le flashback, mais rien de déstabilisant pour le lecteur. A la limite, les passages en italiques, genre poésie en prose à la fin des chapitres sont un peu lourds et m'ont semblé casser le rythme de lecture, mais sans pour autant donner envie de les zapper.
Les personnages peut être ?
Là, je ne dirai pas non. Gaëlle Josse s'est mise dans la peau du héros et, j'ai l'impression qu'elle l'a rendu assez antipathique. Le cher virtuose, toujours parti par monts et par vaux, répétant des jours et des nuits entières ses morceaux, un peu taiseux et doté en plus d'une jalousie maladive, ne donne pas forcément envie de partager ses jours à une femme normalement constituée sauf si elle a gagné la dévotion à la grande loterie des gênes. La femme de l'histoire a un peu le profil requis, très (trop) sensible, artiste torturée, elle sombre dans une folie d'où elle ne revient pas, écoutant inlassablement le même enregistrement de Schumann et peignant la même toile de 2 x2m soit en blanc soit en noir. 
Alors c'est quoi?
Impossible à dire. C'est encore la réaction d'un vieux macho qui ne comprend rien à la subtilité d'un roman ciselé et sensible. C'est vrai, j'ai regardé ces personnages de très loin, je ne me suis jamais senti concerné ni en apathie avec eux. Le thème "je quitte tout pour elle" m'a semblé très excessif car je n'ai jamais ressenti un soupçon d'amour de la part du héros pour Sophie qu'il a soit disant dans la peau. Trop égocentré à mon avis. Quant à elle, vu l'état dans lequel elle se trouve, chose bourrée de médocs et totalement coupée du monde, j'ai eu du mal à l'imaginer un tant soit peu désirable. Mais l'amour est aveugle comme moi mauvais lecteur au coeur de pierre. 
Une chose est sûre : ceux qui ont aimé le livre vont poster des commentaires incendiaires (tant pis pour moi). Quant à ceux qui n'ont pas lu le nouveau Gaëlle Josse, je les encourage à se dépêcher de le dévorer puis de se défouler sur mon blog pour dire combien je ne comprends rien à la littérature de sentiments ou, peut être me réconforter dans mon manque de sensibilité....


3 commentaires:

  1. Je viens de le terminer et si j'ai adoré Les heures silencieuses, j'ai aimé celui-ci mais il.me manque quelque chose. Est-ce à cause du personnage ou ce grand nombre de destins tragiques juste ébauchés, ces passages en italique très beau mais dêconnectés (même si on comprend à la fin ce qu'ils représentent). Je vais faire ma chronique cet après midi.
    Attention, tu as laissé filé une coquille dans ta chronique, c'est Gaëlle Josse et non Camille. Cela m'arrive aussi quelque fois...

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  2. Tant mieux si tu as adoré. Je sens bien que ce livre peut plaire même si personnellement, il ne m'a guère touché.

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  3. ... Et merci de me signaler les coquilles....

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