samedi 8 octobre 2016

J'adore la mode mais c'est tout ce que je déteste de Loïc Prigent



Attention ce livre est aussi addictif qu'un paquet de bonbons colorés et fondants posés devant vous. Mais si vous préférez les caramels, les chips, les cacahuètes ou n'importe quelle chose que ne grignoterait jamais un seul des personnages ouvrant le bec dans ce recueil de phrases de Loïc Prigent, ne vous gênez pas !
Pour les néophytes, Loïc Prigent est sans aucun doute aujourd'hui la personne la plus douée pour nous parler de la mode. Ses nombreux reportages, souvent diffusés sur Arte sont un régal même pour ceux pour qui Céline est une chanson d'Hugues Aufray et Donatella, le nom d'une nouvelle friandise très sucrée de chez Ferrero. Fin observateur de cette tribu qui est devenue la première source de devises en France, il note depuis des années tout ce qu'il entend chez les couturiers, dans les rédactions des magazines de mode, lors des défilés et autre fashion week. Et c'est aussi drôle qu'hallucinant, aussi méchant que stupide, aussi snob que vaniteux, aussi tête à claques que fascinant.
Ce ne sont donc que des courtes phrases qui pourtant, en creux, dessinent un univers totalement à part. Dans la mode, on se doit de rester mince et donc on ne mange pas ou peu ( " Ne mange pas , après tu dois digérer et c'est crevant.")  et donc les gros, franchement mal vus, victimes de quelques méchancetés ( " Qu'est-ce qu'il lui est arrivé, il y a eu des soldes chez Lindt ,").
Dans la mode, on aime les marques, les vraies et à n'importe quel prix : ( "J'en peux plus des assistants débraillés. Quand je débutais je venais au bureau en Mugler. Avec le trou de l'antivol, mais en Mugler."). Et ces marques ont de l'argent, beaucoup d'argent, même pour faire travailler des tocards : ( " -On a dû refaire toutes nos boutiques en Chine. - Redécorer ? - Non.Déplacer. On s'était trompé de quartiers. )
C'est un monde où l'on aime le mot juste, le mot vrai ( " Tu ne dis pas rose, tu dis grenadine claire.") parfois jusqu'à l'absurde ( "J'ai sommeil des pieds !"). 
C'est un monde où tout est luxe ( " Je ne sais pas ce qu'est la vraie vie : je n'ai jamais rien acheté, jamais travaillé, jamais rien payé.), calme (" Elle devrait se taire quand elle parle ") et volupté ( " - Ca sent le brûlé ? - Oui, c'est mon cul.") mais aussi perfidie ( " Elle est morte. Il faut juste qu'on la prévienne." , méchanceté ( " Elle ne ressemble pas du tout à sa mère. - Normal, chirurgiens esthétiques différents.") et lucidité (" Elle n'a pas voulu d'enfant, Hermès  faisait  pas de couches culottes.). 
C'est un monde qui permet un billet facile car il s'y profère tellement de phrases absurdes, drôles, méchantes ou terriblement bien vues que l'on en résiste pas au plaisir de les citer. Rassurez-vous, si vous avez aimé le tout petit florilège ci-dessus, le recueil de Loïc Prigent compte 269 pages ! De quoi rire aux éclats mais aussi détester ce monde là qui semble vivre dans une autre réalité. Sous les pépiements de ces gens, la rude vie en sac Hermès et en robe pas encore en boutique. Parfois on a envie de les habiller en Kiabi...et je reste gentil..

1 commentaire:

  1. Malgré ton commentaire, je ne lirai pas ce livre.. Je risquerais d'avoir envie de poser une bombe dans la ruche !

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