samedi 28 octobre 2017

Au revoir là-haut de Albert Dupontel


Pour adapter le roman de Pierre Lemaître, Albert Dupontel s'est hissé sur une grue pour prendre de la hauteur, sans doute pour ne pas contredire le "là-haut" du titre. Et c'est ainsi, que vue de cet engin, l'intrigue se trouve élaguée ( normal, on ne voit pas les détails lorsque l'on est perché) mais surtout, avec ses travellings dans tous les sens,  le film a parfois un côté montagnes russes de fête foraine, qui fonctionne finalement très bien avec l'univers baroque et lyrique adopté par la mise en scène.
L'adaptation faite par le réalisateur de " Neuf mois ferme"  reprend dans les grandes lignes cette belle amitié entre deux hommes d'un milieu différent mais soudée par les traces ineffaçables de rudes combats et d'une société qui les rejette. Le sel du film est bien sûr conservé, à savoir cette escroquerie aux monuments aux morts dans l'immédiate après guerre ( en 1919 pour ceux qui n'auraient pas lu le Goncourt 2013 et échappé à la promo tous azimuts du film) et surtout la présence d'un méchant à l'onctuosité perverse et glaciale. La réussite du film tient  pourtant sans doute plus aux écarts et à la façon dont le réalisateur/scénariste s'est emparé de l'histoire, que de sa fidélité à l'œuvre originale.
En tirant le récit vers son univers habituel, Albert Dupontel arrive à donner du burlesque et une vraie  causticité au récit, ( l'humour était déjà présent dans le roman) tout en lui donnant un aspect virevoltant comme le furent les années qui ont suivi la grande guerre. On appréciera un joli travail sur l'image, aux couleurs rappelant les autochromes de l'époque et une profusion de magnifiques masques que portent le personnage d'Edouard, tous s'intégrant parfaitement avec l'action.
Tout cela donne un grand film populaire dans le bon sens du terme, avec du rythme, de l'humour, des méchants, des bons pas si innocents que ça et de l'émotion. Les acteurs sont au diapason du projet. Laurent Lafitte incarne avec une gourmandise évidente un salaud intégral, Nahuel Perez Biscayart prouve une nouvelle fois qu'il est sans aucun doute la révélation de l'année ( après " 120 battements par minute" ), arrivant à donner une force de vie à son personnage masqué avec juste des mouvements du corps et son regard et Niels Arestrup épate encore une fois avec sa dureté sous laquelle se cache un cœur.
Production de luxe, "Au revoir là-haut " plaira à ceux qui n'ont pas lu le roman et épatera dans le bon sens ceux qui attendaient au tournant cette mise en images. Moins calibré que prévu, un peu foutraque mais sympathique, le film devrait se tailler un beau succès au box office ( ou alors c'est à désespérer des spectateurs).




2 commentaires:

  1. Hello,
    le film ne m'a pas déplu mais le livre m'a tellement plu que je reste sur ma faim - fin livresque.
    Bonne journée de Toussaint

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  2. Moi les films qui arrivent à me faire cramponner les sièges au début,me faire verser ma larme à la fin et m'émerveiller tout le long, y en a pas beaucoup. Chapeau et masque bas...

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