samedi 8 septembre 2018

Nuit sur le neige de Laurence Cossé

Le nouveau court roman ( 142 pages) de Laurence Cossé surprend un peu le lecteur. Le texte, classique, avec une écriture parfaite et fluide, nous entraîne dans le sillage d'un jeune homme de la petite bourgeoisie parisienne qui intègre une classe de prépa dans un lycée tenu par des jésuites. Nous sommes en 1935. La France politique s'écharpe et file petit à petit vers le Front Populaire, Hitler se fait de plus en plus menaçant, faisant planer dans les esprits une sensation de guerre prochaine.
Robin, ce bon élève qui va trimer dur sous la férule des religieux, à 17 ans, est presque encore un enfant ( il n'y avait pas You Porn à l'époque). Surveillé amoureusement par une mère veuve, il n'a pas encore couper le cordon ombilical. C'est entre les murs sombres et peu entretenus de son lycée qu'il deviendra l'ami de Conrad, un peu plus âgé que lui, passionné de ski et sans doute bien plus déluré.
Nuit sur la neige" sera à la fois un  roman d'apprentissage ( surtout amoureux  et très délicat) mais aussi, en toile de fond, le joli récit de la naissance des sports d'hiver dont les futurs congés payés préfigureront l'essor dans la société de loisirs d'après guerre. Nous assistons à la naissance de Val D'Isère qui n'était à l'époque qu'un hameau perdu au bout d'un sentier pierreux accessible qu'à pied ( à dos d'âne?), bien loin du luxe d'aujourd'hui.
Parti sur les traces bien définies du roman un peu nostalgique, un séjour montagnard et hivernal  des protagonistes donnera un sacré coup de fouet à l'ensemble. Le final, cruel, sombre, très sombre même, rappellera aussi une actualité brûlante lorsque cette nuit, toute symbolique, tombera sur une neige trop immaculée pour ne pas cacher la noirceur de l'âme humaine.
Court, classique et glaçant, ce petit roman reste dans la tête. 

1 commentaire:

  1. Je l'ai noté et j'ai hâte de le lire. J'aime le style de Laurence Cossé. Comme l'impression qu'elle sort un peu de sa zone de confort. Tant mieux

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