mercredi 19 septembre 2018

Climax de Gaspar Noé


Si vous devez aller voir "Climax" autant ne pas en savoir grand chose, la surprise n'en sera que plus grande, mais, sans rien dire de l'intrigue ( ok, le film ne brille ni par son scénario, ni par ses dialogues), donner quelques éléments qui vous permettront de cerner cette nouvelle curiosité du cinéma français, nouvelle pierre étrange à la filmographie de Gaspar Noé ( après "Irréversible" ou "Love")  semble nécessaire.
Tout d'abord, le film débute par la dernière scène, suivie par le générique de fin. Le ton est donné, hors de question d'assister à quelque chose de lambda. La scène suivante pose encore mieux le film et annonce bien ce qui va suivre. Sur l'écran, une télévision passe des extraits d'un casting pour ce qui sera un spectacle de danse. Des jeunes gens parlent mais ne dansent pas. On les écoute mais l'oeil du spectateur est attiré par les rangements situés de part et d'autres de la petite lucarne. A droite des boîtiers vidéos de films comme "Possession" de Zulawski, "Salo" de Pasolini ou "Suspiria" d'Argento et à gauche, des livres sur le cinéma ( Murnau) mais aussi Sweig, Fritz Zorn et "Suicide mode d'emploi". Le message est clair, les sources d'inspiration ne vont pas nous mener vers un hommage à "La la land " ni aux " Les Tuche". Nous en serons bien loin !
Dans ce long-métrage au genre indéfini, on trouvera une scène de ballet magnifiquement filmée, la caméra semblant s'envoler avec les danseurs, glisser sur le parquet comme si elle dansait elle-même, mais aussi un générique de début au milieu du film, la musique de  Cerrone ou des Rolling Stones, souvent mélangée avec toutes sortes de cris humains, et puis, des couloirs, des couloirs, éclairés verdâtre ou rougeoyant comme dans " Irrésistible"  ou " Possession" ( à creuser cette obsession des couloirs chez le réalisateur...). Les sensibles de l'estomac pourront prévoir un cachet contre le mal de mer, la caméra virevoltant dans tous les sens, filmant en diagonale, à la verticale, cul par dessus tête. Parfois c'est un peu systématique, peut être gratuit, parfois ça donne des plans magnifiques et graphiquement bluffants notamment le plan presque final quand s'ouvre la porte au petit matin... Oui, c'est interdit aux moins de 16 ans, car, bien sûr il y a un violence certaine dans ce lieu clos où ces danseurs vont vivre une soirée plus proche du cauchemar que la fête d'anniversaire des 60 ans de l'oncle Jérôme.
Est-ce que c'est réussi ? Difficile à dire ...  C'est une curiosité, ça peut faire mal aux yeux ( bon moins que n'importe clip de rappeurs), dérouter, agacer, quelques scènes s'éternisent un peu mais avouons-le, Gaspar Noé reste quand même un sacré original qui ne laisse pas indifférent. On peut autant adorer que détester cette obsession un peu systématique à vouloir épater, créer du jamais vu ( si c'est possible).
Si vous êtes curieux, si pour vous le cinéma ce n'est pas forcément une bonne histoire avec de jolies images et de beaux acteurs, si être un peu dérangé, heurté par des scènes rudes et âpres fait forcément partie du plaisir de spectateur, risquez le voyage dans "Climax", il en restera forcément quelque chose.


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