dimanche 8 novembre 2020

Coups de vieux de Dominique Forma


 La quatrième de couverture de ce polar attire le chaland avec cette formule : "On rit beaucoup avec ce truculent "Coups de vieux"... La promesse d'une bonne détente rigolote induit un achat impulsif de la part du lecteur. Sans vouloir paraître désagréable ( mais un petit peu quand même), cette accroche est signée Le  Figaro Magazine... et prouve une fois de plus que la notion d'humour reste vraiment subjective, celle de ce  quotidien disons... conservateur étant ici difficile à trouver dans ce polar au mieux désabusé, au pire mal fichu. 

Tous les ingrédients d'un bon roman policier sont réunis ici. Un meurtre bien sûr, celui d'une jeune femme dans les dunes du Cap d'Agde ( côté naturiste, et un peu plus en marge, chez les libertins, ceux qui font les audiences d'été des reportages sur TF1 ou M6 et consorts), des magouilles financières et immobilières, des méchants très très méchants ou très moches. Rien à redire, du sexe, de l'argent et de la violence, les cases sont cochées, roule ma poule, c'est parti pour plus de 300 pages... sauf que l'intrigue au fil des chapitres apparaît de plus en plus tirée par les cheveux, surtout  animée par un groupe de personnages qui peinent à être vraiment sympathiques ( ou antipathiques malgré leurs veules intérêts) voire même à exister complètement car brossés à la serpe. Les soi-disant personnages principaux; le duo des  retraités antagonistes ( deux ex-militants de la gauche prolétarienne, l'un ayant viré facho et l'autre gauche/Libé) ne fonctionne pas par manque de crédibilité et de dialogues finalement plats et les malheureux qui gravitent autour, la moche, la libertine, le camé, le triste, le méchant, les très très méchant, ne sont caractérisés que par l'adjectif précédemment cité. A cela, se rajoute  une vision de notre monde bien triste où tout est sale, laid, corrompu, mais façon magazine de papier glacé, superficiel donc et sans l'ombre d'une nuance. 
Ce "Coups de vieux",  pesant comme une marche dans le sable, ne ressemble en rien niveau humour à d'autres seniors à succès ( "Les vieux fusils") et a du mal à s'imposer comme polar convaincant. 

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