dimanche 22 novembre 2020

Rebecca de Ben Wheatley


 Faire une nouvelle adaptation cinématographique du best-seller de Daphnée du Maurier "Rebecca", surtout après la formidable version d'Alfred Hitchcock en 1940, est soit une entreprise sérieusement téméraire soit une réelle envie d'en faire une lecture plus moderne. Le résultat ( visible sur Netflix) apparaît comme une sorte de pâle coloriage raté de la version noir et blanc du maître du suspens. 

Dès les premières scènes, on sent que l'affaire s'engage mal. Malgré de pimpantes couleurs estivales, écrin monégasque de la romance des deux tourtereaux ( un riche veuf et une jeune oie blanche), on sent très vite que tout ça na va pas le faire. Lily James ( la jeune séduite) manque singulièrement de charisme et s'avère plus agaçante que pauvre fille aveuglée et Armie Hammer, transparent et assez insignifiant, ne possède aucune once de mystère. Si l'arrivée dans l'imposant château de Manderley, immense propriété du veuf, laisse espérer un peu de peps à l'ensemble grâce à une Kristin Scott Thomas inquiétante à souhait dans le rôle de la gouvernante, bien vite on déchante devant une peu inspirée mise en scène qui hésite tout le temps entre en mettre plein les yeux avec des décors somptueux et instiller un peu de suspens de façon banale. On s'ennuie ferme. On repense à la précédente version au noir seyant parfaitement à l'intrigue et aux délices d'ambiguïtés que sir Alfred se faisait un malin plaisir de glisser dans cette intrigue, qui, ici, dans la platitude de la réalisation, apparaît soudain un poil tirée par les cheveux. 

En ne réalisant qu'une très ratée colorisation de l'ancienne version et lui gommant toute sa perversité, cette nouvelle version de "Rebecca" ne marquera pas les annales ...ou alors dans le rayon nanar. 



 



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