vendredi 6 décembre 2019

Made in Bangladesh de Rubaiyat Hossain


Bon pour l'empreinte carbone.

La France se targue d'être un des seuls pays au monde où l'accès à des cinématographies rares ou peu diffusées reste accessible au plus grand nombre. Cette affirmation est vraie en très grande partie. Ainsi, cette semaine pour peu que vous habitiez dans ou à proximité d'une ville française un peu importante, le bon cinéma d'art et essai du coin vous propose un film de Bangladesh, occasion rare de se payer un petit voyage d'une heure et demie à peu de frais ( c'est bon pour l'empreinte carbone et le compte en banque). De plus, s'intéresser à un récit sur le combat d'une femme contre une de ces abominables usines de textile de sinistre réputation, donne un net supplément d'âme militant. Donc " Made in Bangladesh", avec son dépaysement plein de belle et bonne conscience est la parfaite alternative à votre sortie cinéma de la semaine ( vous faisant snober avec raison l'épouvantable et vieillissant duo Bruel/Lucchini qui lorgne sur votre CB avec une insistance trop lourde pour être réellement honnête). 
Mais, le combat fort sympathique de cette jeune femme en voie de libération, future syndicaliste,  emporte-t-il pour autant une totale adhésion ? Tout d'abord, et désolé de casser le mythe de l'exotisme, mais le film n'est pas un pur produit bengali. En grande partie produit, écrit par la France ( avec une petite aide du Danemark et du Portugal), "Made in Bangladesh" reste le fruit d'une coproduction en très grande partie française ( qui, il faut l'avouer produit partout dans le monde...)  Reste toutefois la réalisatrice et les comédiens, vraiment du cru, tous portés par une histoire vraie ( le personnage dont on nous raconte le combat). Bien sûr nous plongerons dans un mode de vie vraiment bengali, avec ses croyances, ses rapports humains bien locaux et surtout les couleurs des vêtements chatoyants qui ensoleillent un quotidien pourtant bien sombre. De ce côté là, le voyage vaut vraiment le coup. Sinon, hélas, le film souffre d'un scénario prévisible, un peu sage qu'une réalisation tout aussi sage n'illustre qu'assez platement. Mais, un combat reste un combat pour nous occidentaux en recherche de sens, et le film fonctionne bien sur le public ( le festival d'Amiens lui a donné son prix le mois dernier), alors pourquoi se priver de ce voyage qui respecte la planète, même si on appréciera plus l'exotisme qu'un cinéma un peu planplan? 




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