jeudi 22 octobre 2020

Last Words de Jonathan Nossiter


On avait laissé Jonathan Nossiter sur des documentaires autour du vin. Le voilà qui revient avec une sorte de folie apocalyptique dont on se demande si elle n'est pas le résultat d'une longue beuverie au Bordeaux ou au Bourgogne. 

A écouter les protagonistes de ce pensum prétentieux, on devine les nombreuses et louables intentions : le monde court à sa perte par la négligence des hommes ( écologie, premier grand thème), les hommes occidentaux devraient écouter ceux qui viennent d'ailleurs ( le rôle principal est tenu par un jeune africain, vrai migrant...mais pas encore au top du jeu d'acteur), la culture ( et ici le cinéma) peut nous sauver de la barbarie et, cerise sur le gâteau, le monde n'est pas à l'abri d'être décimé entièrement par un virus ( ici, un virus qui fait tousser!).

Nul doute qu' à la vue de tant de jolis thèmes modes,  le sang de sélectionneur cannois de Thierry Frémaux n'a fait qu'un tour lorsqu'il a visionné le film durant le confinement et lui a donné tout de suite son label  "Cannes" ( mais sans doute aussi de part sa distribution haut gamme et internationale). Cannes ne sauve peut être pas des migrants ( malgré sa situation méditerranéenne ) mais pense aider sans doute quelques productions  hasardeuses comme celle-ci. 

A l'écran et surtout sur son siège, le choc n'est pas rude, il endort. En gros, l'ensemble est filmé dans un univers de ruines, genre maison bombardée au début, puis champ de vestiges antiques délaissés dans une deuxième partie étrangement humide et automnale ( alors que l'on dit la terre asséchée...). Les acteurs errent dans des costumes de loqueteux( normal, mais mention à Charlotte Rampling, dont le sexy costume en bâche plastique attire le mâle puisqu'elle tombera enceinte ! ), déclament des discours abscons avec des regards perdus ( mais pourquoi diable ai-je accepté ce rôle... Ah oui, mes impôts!), le tout filmé par notre bel africain ayant fabriqué une caméra avec ce qu'il a trouvé, histoire de redonner espoir en travaillant pour l'histoire. On s'ennuie ferme, on se demande qui a bien pu mettre un euro pour filmer une telle déconfiture,  Nick Nolte nous montre ses testicules ( y'a peut être des amateurs, tout est bon pour donner envie à quelques  spectateurs d'entrer dans les salles), Alba Rohrwacher n'a jamais été plus fantomatique, dans la salle, les portables se rallument subrepticement mais souvent, pour regarder l'heure et constater que les 2h06 passent décidément pas vite du tout. 

C'est prétentieux et raté mais cela restera une curiosité, un peu comme le long-métrage de Bernard-Henri Lévy et dans cette catégorie, autour d'une ou deux bouteilles, devant sa télé, pour rigoler, le film trouvera peut être son public. 



 

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