vendredi 30 octobre 2020

Garçon Chiffon de Nicolas Maury


Profitant de l'éclairage très bienveillant que son personnage d'Hervé dans la série "Dix pour Cent" offre à Nicolas Maury, le voici nous proposant un premier film en tant que réalisateur. Et comme beaucoup de première oeuvre, c'est en grande partie autobiographique...  Pourquoi pas ? ... Au risque de rendre le film narcissique et le spectateur un rien dubitatif... Ce qui ne manque pas d'arriver en voyant ce "Garçon Chiffon",  qui sera jugé, selon son degré d'admiration pour l'acteur (et désormais réalisateur, mais aussi chanteur...), horripilant ou sensible. 

Avec un scénario pas bien folichon d'originalité, ( mon mec m'a quitté et je file à la campagne chez ma mère étudier un rôle que j'espère obtenir) Nicolas Maury, de tous les plans ou presque, revisite sa vie de comédien...lunaire ou tout du moins à la personnalité décalée. Il essaie d'amalgamer souvenirs personnels et intimes avec d'autres plus professionnels, convoquant à l'écran ses amis ( Laure Calamy formidable dans une scène mémorable) ou les évoquant (Vanessa Paradis) voire les invitant à faire une silhouette ( Isabelle Huppert). Cela aurait pu donner du peps à l'ensemble, mais le choix de coller au plus près à ce que l'on suppose être la personnalité du réalisateur, rend le film un peu ( trop?) nombriliste. Jérémy, le nom du personnage de Nicolas Maury dans le film, jaloux maladif, enfant dans un corps d'adulte, navigue entre deux eaux, parfois touchant, parfois franchement agaçant. Le film aurait sans doute eu une autre allure si l'on avait créé un vrai personnage original, une sorte de figure lunaire entre Buster Keaton et Woody Allen, Nicolas Maury en a le talent. 

Mais nous sommes dans un premier film, avec évidemment l'envie d'y mettre beaucoup de soi. On suit les petites aventures de Jérémy même si elles s'avèrent un peu longuettes. Le film aurait gagné à être plus resserré ( 20mn de trop). Cependant, il faut noter qu'entre les jolis chatons, les moues désabusées et le joli chiot, il passe beaucoup d'émotion dans les scènes à deux, signe d'un joli potentiel de réalisateur que l'on peut espérer retrouver dans un projet plus ambitieux. 







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