samedi 24 octobre 2020

Adieu les cons de Albert Dupontel



Albert Dupontel, on l'aime bien, son côté dingue, un peu bête et méchant dans l'esprit d'un journal indispensable. Pour la promotion d' "Adieu les cons" on l'a beaucoup aperçu, gentiment ironique, mais diablement assagi, à l'image de ses derniers films dont le contenu semble s'édulcorer au contact de productions commerciales visant un large public.  

Le succès d'"Au revoir là-haut" le voit encore une fois à la tête d'un film coûteux ( 10 millions d'euros). Le résultat apparaît donc clinquant, très ( trop?)  virevoltant. La caméra, désormais, filme comme si elle était montée sur une attraction folle de fête foraine. Le film débute sur les chapeaux de roue, dans un univers à la Terry Gilliam ( période "Brazil"), égratignant un monde bureaucratique impitoyable et mettant en avant nos trois héros, exclus de ce système inhumain. La comédie possède d'emblée une ambition artistique, la hissant sans problème nettement au-dessus de la plupart de ses consoeurs françaises débitées hebdomadairement dans nos salles, mais, même si le rythme ne faiblit jamais, la mayonnaise ne prend pas complètement. 

Tout d'abord, nous avons Virginie Efira, impeccable comme toujours, mais que Dupontel fait jouer sur un registre toujours mélancolique, voire dramatique, la plaçant ainsi dans le rôle de faire-valoir de ses partenaires masculins. Et puis, on nous propose une dernière partie virant dans la comédie sentimentale, bien éloignée de l'esprit du début, achevant de rendre le film vraiment bancal. La caméra foldingue évite toutefois de nous appesantir sur quelques clichés que cette guimauve soudaine semble imposer. 

On peut faire la fine bouche sur cette nouvelle folie d'Albert Dupontel qui reste cependant tout à fait regardable. On ne s'ennuie pas car tout fonce à 100 à l'heure, vitesse qui peut faire oublier quelques lourdeurs ou gags un peu téléphonés. Nous sommes à une époque où nous devons nous changer les idées, alors pourquoi ne pas faire une pierre deux coups, se distraire et tenter de donner quelques euros au secteur du divertissement bien à la peine ? 




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