mardi 23 octobre 2018

Le grand bain de Gilles Lellouche


Ces beaux mâles ( ?!) que vous apercevez sur l'affiche du film représentent l'espoir de notre cinéma national. Les professionnels ont décrété que le nouveau film de Gilles Lellouche, production française au casting rutilant,  possédait tous les attributs pouvant drainer un public nombreux dans les salles cet automne. Presse, télé, radio, tout le monde se pâme, essayant de susciter l'envie de faire illico son sac de piscine et de  foncer dans ce "grand bain", feel good movie où règne l'humour, l'empathie et la bienveillance autour de loosers qui vont relever tous les défis. J'ai donc moi aussi enfiler un slip de bain ( le même que ceux des acteurs sauf que le mien est vert) et suis allé tâter l'eau de ce grand bain. J'ai plongé et l'eau est bonne certes, mais ...comme dans toute piscine qui se respecte, sans plus. On y croise du beau monde, des stars aux corps exposés sans façon et qui n'ont rien à envier à ceux de baigneurs plus lambdas, qui s'invectivent avec talent et forment un groupe de ratés dont le destin sportif fera vibrer tous ceux qui aiment les premiers de cordée. Cette eau chlorée verra éclore de vrais winners, des bons français qui se remuent, traversent le bassin au lieu de rester assis à barboter les pieds dans l'eau et vont tout faire pour aller chercher une très improbable victoire. " Le grand bain" célèbre cette France qui doit se bouger le cul pour sortir du trou comme nous y incite la République en Nage.
Sauf que, même si l'on crawle plaisamment, nous ne sommes quand même que dans une piscine qui ressemble à beaucoup d'autres, notamment à ce complexe aquatique anglais qui a beaucoup rapporté, le " Full Monty". ( Je rassure les âmes sensibles, aucun acteur ne retire son slip de bain ! ). C'est charmant, toujours entre mecs ( les actrices évidemment jouent les utilités), mais cette resucée souffre d'un gros défaut : Le bassin est vraiment trop long ! Quelle idée de vouloir qu'il fasse 206 m(n) ! Habitué au bassin de 25, voire de 50 m, on s'essouffle, on lambine un peu en route, on perd de sa concentration et ce ne sont pas les quelques invectives drôles que se lancent de-ci de-là les baigneurs célèbres qui nous remettent vraiment dans la course. Alors, on s'arrête, on fait la planche, on regarde nager les autres, on se laisse porter par un courant gentillet mais pas énormément inspiré.
Inutile d'apporter des brassards pour plonger dans ce grand bain, ce n'est pas bien profond. Clinquant de l'extérieur, l'intérieur résonne comme toute piscine et l'eau n'y est ni meilleure, ni plus tentante.  Mais, en cette saison, une séance à la piscine peut être un plaisir simple...



2 commentaires:

  1. Quand on voit toutes ces affiches, d'emblée j'me dis, c'est quoi encore tous ces maillots bleus, on en a assez vus...Des maillots verts?(si on laisse la superstition théâtrale de côté, ça tombe bien on est au ciné!), aurait p'tete permis un sprint plus rapide vers les guichets? Attirés par plus d'originalité!

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  2. J'adore ta chronique ! C'est vrai qu'on en entend beaucoup parler, je note tes remarques !

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