vendredi 12 octobre 2018

Girl de Lukas Dhont


Lara, quinze ans, intègre une grande école de danse belge. Malheureusement pour elle, jamais elle n'a appris la technique des pointes. Elle devra redoubler d'efforts dans une discipline déjà très dure pour parvenir à rester au niveau et surtout pouvoir passer la période de huit semaines d'essai. Parallèlement à ce travail harassant, elle a débuté un processus pour changer de sexe pour que le garçon qu'elle est, devienne une vraie fille.
Le véritable grand sujet de ce premier film n'est pas le dur apprentissage de la danse classique à un haut niveau, mais bien le changement de sexe. Pour mieux se concentrer sur le portrait psychologique de cette jeune fille pour qui les modifications corporelles inévitables qu'apporte l'adolescence prennent ici une ampleur toute autre, le film, sans omettre les difficultés rencontrées par Lara, a la bonne idée de nous éviter les problèmes familiaux que l'on peut rencontrer dans ce genre de parcours. Lara, vit avec son père et son petit frère ( exit la mère... partie ? décédée ? on ne saura pas) et tout se passe avec intelligence, écoute et douceur. Le père est un formidable accompagnateur, attentif,  présent et vraiment en accord avec la décision de sa fille. Bien sûr, rien n'est facile, rien ne le sera. La caméra de Lukas Dhont, toujours à la bonne place, sans jamais aucun voyeurisme, ausculte au plus profond cette psyché en perpétuel mouvement. Le réalisateur nous donne à ressentir autant la détermination, l'impatience de Lara à devenir une femme que les douleurs, les gènes, les hontes qu'elle endure face à une société pas encore bienveillante. Sans jamais surligner, dans une palette de couleurs franches, le film passionne et émeut. Si on peut juste reprocher au film  quelques trop nombreuses scènes de danse ( ok , on a compris que Lara bosse comme une dingue), peut être pour justifier la présence au générique du grand chorégraphe Sidi Larbi Cherkaoui ( même si les pirouettes, pas de bourrée et autres entrechats ne sont pas réellement filmés puisque la caméra reste principalement sur le visage de l'acteur), on ne pourra pas rester de marbre devant l'interprétation exceptionnelle du jeune Victor Polster qui joue la jeune fille. A 15 ans, c'est un virtuose du jeu ( et de la danse, même sur des pointes) et son prix d'interprétation à "Un certain regard " à Cannes est amplement mérité. Et puis on ne peut que louer l'intelligence de " Girl", au scénario parfaitement maîtrisé qui emplit le film de multiples pistes psychologiques pertinentes et passionnantes et lui donne un petit côté chef d'oeuvre.
" Girl", par son absolue finesse, par son regard sans faille, par sa réalisation loin de toute caricature, par son formidable casting et  par sa Caméra d'or incontestable ( Lukas Dhont devient d'ors et déjà un réalisateur à suivre de très près) est un film qu'il faut découvrir absolument.


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