mercredi 5 décembre 2018

Les confins du monde de Guillaume Nicloux


1945. Indochine. Gaspard Ulliel. Assis. Des mains cadavériques. Une allure de jeune homme perdu. En fait, c'est Robert. Soldat. Mayennais donc bouseux. Taiseux aussi. Perdu dans une guerre coloniale. Rescapé d'un charnier dont on le voit s'extraire. Visage buté. Derrière ce regard mi-vide, mi-halluciné, la soif de la vengeance. Venger son frère. Tuer ce chef guerrier adverse. Et la routine de la guerre. Marcher. Guetter. Etre aux aguets dans une jungle poisseuse, humide, moite. Des copains de chambrées. Rudes. Gueulards. Sur les nerfs. La routine de la guerre. Des morts. Des cadavres découpés. Une bite bouffée par des sangsues. Castration, réelle. Symbolique aussi. La pluie, dense. Des bars à putes. Jouir pour oublier la peur. Opium. Fumer pour oublier la guerre. Des prisonniers, dans des cages. Un civil français bavard revenu de tout. La jungle humide. Un collier d'oreilles et de langues humaines. Le danger. L'amitié. La peur. La trahison. Un peu d'amour ? Non, c'est la guerre. Pas d'espoir. Gaspard Ulliel totalement nu. Guillaume Gouix aussi. Des morts encore. Blancs. Jaunes. Des coeurs aussi. Et toujours la jungle. Touffue. Idéale pour cacher un ennemi. Et Depardieu. Et l'esprit de Coppola. Et de Shoendoerffer. Et de Cimino. La guerre. Toujours la guerre. Toujours de la pluie. Du silence oppressant. Des envies de métro parisien. On marche dans la jungle. Coups de fusils. Serpent. La peur. L'amitié. L'abandon. La solitude. Putain, quand ça va finir ?
On sort de la salle. Un peu secoué. Un peu endormi. Un peu groggy. Un peu poisseux. Ai-je aimé ? Oui. Non. Sans doute. Déroutant. Artistique. Barré. Sensible. Beau. Fort. Pas aimable. Cruel. Unique.




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