dimanche 2 décembre 2018

Diamantino de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt


"Diamantino" , dans le flot ininterrompu de films markétés, sans consistance ou surnumérisés fait figure d'OFNI ( Objet Filmique Non Identifié). Avec un scénario de série B, brassant un cocktail avec tout ce qui passe à portée, du football aux migrants, du clonage à la montée de l'extrême droite, de l'esthétique queer aux paradis fiscaux, du genre à la surveillance généralisée, le film arrive à surprendre et à retomber sur ses pieds. Tout est improbable, du kitsch assumé de ces pékinois géants apparaissant sur des nuages roses dans le cerveau de ce champion de foot au moment où son génie se met en route jusqu'aux innombrables citations qui raviront les cinéphiles ( d'où peut être le très bon accueil critique réservé à ce film). Tout est surjoué voire mal joué, des soeurs jumelles méchantes de Diamantino ( version revisitée 21 ème siècle des soeurs de Cendrillon) aux comploteuses du gouvernement portugais. Et pourtant, on prend un grand plaisir à regarder ce film totalement déjanté qui ne perd jamais son âme enfantine malgré les lourds sujets abordés montrant un monde qui perd la boule. C'est sûrement  ce regard de sales gosses ne se prenant pas trop au sérieux qui donne au film tout son pouvoir de séduction. On se prend à penser que le cinéma mondial ne va pas sombrer dans un formalisme inquiétant, qu'il existe donc des poches de résistances créatives, drôles et pas si innocentes que ça. Ca fait un bien fou et nous ressortons de la salle un peu plus légers !
Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt, duo américano/portugais, deviennent désormais des réalisateurs dont on guettera avec intérêt la carrière en espérant qu'ils sauront résister aux sirènes commerciales. Si "Diamantino" n'est évidemment pas un grand film, mais une bulle fantasque et délurée, faite de bric et de broc, un pied de nez au cinéma planplan et donc un possible film culte qu'on se repassera pour le plaisir les soirs de disette cinématographique.


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