mercredi 12 décembre 2018

Utoya, 22 juillet de Erik Poppe



Attention film à forte émotion ! Le 22 juillet 2011, sur l'île d'Utoya pas loin d'Oslo en Norvège, la ligue des jeunes travaillistes réunit ses jeunes troupes pour un camp d'été mêlant rencontres et réflexion politique. Un facho d'extrême droite de 32 ans sèmera la terreur en tirant sur ces adolescents avant d'être arrêté par la police. Le film a pour projet de marquer la mémoire et entretenir le souvenir de ce sordide attentat.
Basé sur des témoignages de survivants, le scénario nous accroche aux basques d'une jeune fille venant de se disputer avec sa soeur pour une broutille. Sa colère sera soudain balayée par l'arrivée du tueur et par la lutte pour sa survie. Mais durant sa fuite, l'inquiétude de n'avoir aucune nouvelle de cette soeur, grandira...
 En un seul plan séquence de 73 mn (le temps exact de l'attentat avant l'arrivée des premiers secours) la caméra collera à cette jeune fille. Cette performance de mise en scène mais aussi de la jeune comédienne, pourrait occulter le devoir de mémoire, camoufler une certaine réflexion politique de l'événement pour ne se focaliser que sur  son aspect terrifique. ( Certains pourront y voir un côté abrutissant, voire jouant avec l'événement que pour n'en tirer que  son côté horrifique plus vendeur ...). Réellement, face à l'écran, on oublie et technique et cynisme mercantile, pour se trouver réellement, viscéralement, plongé dans l'action, cloué sur son siège, attentif aux balles du tueur selon que la bande son nous les rend proches ou lointaines. Nous ne verrons jamais Anders Behring Breivik ( le sinistre coupable), seulement cette jeune fille éperdue, voulant sauver sa peau et retrouver sa soeur. Alors que quasi aucune violence n'est visible à l'écran, tout se jouant hors-champ, le spectateur vit un moment de terreur pure, sans jamais savoir quel dénouement l'attend. Et lorsque la fin arrivera,  l'heure de la délivrance ne sera que symbolique, le film aura fait son oeuvre ( au risque de réactions de certains spectateurs). Des cartons secs et froids nous rappelleront que cet attentat fut commis par un membre de l'extrême droite, la même que celle qui désormais commence à s'imposer partout en Europe.
La lumière se rallume sur des spectateurs groggy, qu'un film sans concession aura bousculé, terrifié, peut être choqué. Certains y voient un mauvais film exploitant l'horreur, d'autres un vrai témoignage déchirant et marquant. Je penche pour la deuxième version !


1 commentaire:

  1. On apprend avec stupéfaction, à la fin du film « Utoya 22 juillet », que l'espèce de nazi qui a commis cet épouvantable crime de masse a affirmé lors de son procès qu’il récidiverait après avoir purgé sa peine de prison de 21 ans.Non content de cela le criminel,d’une extrème dangerosité a intenté un procès à l’Etat norvégien pour traitement inhumain sur la base d’un article de la convention européenne des droits de l’homme !Dans cette Europe qui a pourtant vécu quelque temps sous la botte nazie c’est un peu le monde à l’envers :les pires ennemis de la démocratie poursuivent en justice les représentants de la démocratie et les victimes espèrent bénéficier de la clémence de leurs bourreaux.Dans une histoire fiction on pourrait aussi imaginer d’anciens nazis intenter un procès aux juges du Tribunal de Nuremberg.Il reste donc aux travaillistes norvégiens la possibilité d’espérer que ledit nazi ne mette pas ses menaces à exécution.Comment se fait-il que les régimes démocratiques ayant pourtant l’obligation de garantir la sécurité de leurs citoyens fassent preuve d’une telle complaisance,d’une telle faiblesse à l’égard des pires ennemis de la liberté ?En lieu et place d’une exécution capitale parfaitement justifiée et méritée pour ces criminels de la pire espèce,méprisables adorateurs d’Hitler et ennemis mortels de la démocratie,nos sociétés leur offrent une tribune d’expression. « Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre ».

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