jeudi 5 novembre 2020

Un hiver à Wuhan de Alexandre Labruffe

 


Evidemment en période de surdose américaine, aller à Wuhan peut être un bon plan. Mais, confinement oblige, a-t-on pour autant envie de retourner là où cette pandémie mondiale a commencé ? En ce plongeant dans cette courte évocation des séjours d'Alexandre Labruffe au pays des usines à produire beaucoup d'inutile, le dépaysement est garanti ainsi que la qualité littéraire de l'ensemble. 

De qualité, il sera beaucoup question dans cet ouvrage. Qualité de l'air où les particules fines ont un taux 10 fois supérieur à celui de son homologue parisien. Qualité de la surveillance, où personne ne peut faire un pas sans être filmé, surveillé, suivi. Qualité de l'accueil pour les étrangers ( toujours suspects de quelque chose) qui ne sauraient se passer de quelques soins spéciaux ou de jolies chinoises. Qualité des villes nouvelles où un immeuble de 180 mètres se construit en 9 Jours et dont la hauteur ne peut toutefois pas vous garantir que vous apercevrez le ciel, sa hauteur ( limitée par décret) n'arrivera tout de même pas à  dépasser la nappe de brouillard qui surplombe la ville. 

Toutes ces informations ne sont évidemment pas nouvelles mais ici parsemées dans un récit maniant un humour distancié avec une les états d'âme d'un français lambda un peu désarçonné par cet univers, elles prennent des allures littéraires très agréables, qui nous font sortir de notre univers de confinement bien plus qu'une petite attestation. Jouant plaisamment (et sans que cela nuise à la lecture) avec la chronologie de ses voyages en Chine, Alexandre Labruffe, après ses formidables "Chroniques d'une station service" parues l'an passé, prouve qu'il devient le chroniqueur idéal de notre époque mondialisée et un peu neurasthénique. 


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