mercredi 14 novembre 2018

Le verdict de Nick Stone


Tout en impose dans ce polar ! L'épaisseur ...720 pages tout de même..., le titre sec et précis,  mais aussi la photo, ni sexy, ni fun, qui, avec cette perruque poudrée mise en avant, laisse augurer un roman d'un long classicisme vraisemblablement situé dans un prétoire, très loin des soubresauts trépidants d'un thriller haletant. Pourtant, si l'on scrute la quatrième de couverture, le terme " thriller" y est bien noté... et à juste raison, car les pages se tournent avec fébrilité jusqu'au bout.
Le départ de l'intrigue joue avec le classicisme. Une jeune femme est retrouvée nue, étranglée dans la suite d'un hôtel. Tout porte à croire que le coupable n'est autre que Vernon James, fraîchement élu "personnalité éthique de l'année" mais également occupant de cette suite. Ce beau, riche et séduisant quarantenaire mis sous les verrous va faire appel à un célébrissime cabinet d'avocats londoniens pour le sortir de là. Tout porte à croire qu'il est le coupable. Le roman ( et surtout le staff qui assure sa défense) s'ingéniera, au minima à contrer les preuves de l'accusation, au mieux à prouver son innocence.
Rien de bien neuf donc dans cette l'intrigue ? Si, quand même, car un deuxième personnage principal va attirer notre attention, le greffier du cabinet d'avocats, Terry, qui n'est autre que son grand ami d'adolescence. Entre les deux hommes, il y a un passé, trouble, de vieilles histoires autour d'un assassinat mais aussi d'une affaire de vol. De vieilles rancunes lient les deux hommes qui ne se sont pas vus depuis vingt ans... Nick Stone, l'auteur, laisse judicieusement quelques zones d'ombre sur ce passé, donnant ainsi un ressort supplémentaire à une intrigue qui n'évite pas l'emprunt des sentiers rebattus de l'enquête judiciaire composée de recherches minutieuses de détails incohérents au milieu d'un flot d'analyses d'experts et de dépositions de témoins.
Divisé en trois parties distinctes, la mise en place de l'intrigue, les recherches, le procès, le roman techniquement bien fait,  vous attrape dès les premières pages. On les tourne, on les dévore, on a envie de savoir, on s'étonne, on s'interroge. Même si quelques pistes semblent s'estomper sous les rebondissements ( nombreux), les morts soudaines ( l'enquête va se révéler dangereuse pour les protagonistes) , voire les poursuites dans un Londres en pleine effervescence sociale, vous emmènent jusqu'au bout de la nuit. Le lecteur prendra plaisir aux scènes de procès, classiques certes, mais ici empreintes d'incertitudes car l'auteur s'est ingénié à ne pas tout nous dévoiler sur les conclusions des diverses enquêtes. Seule peut être une fin inattendue et surtout ses conclusions rapides déçoivent un peu ... mais, les développer nous aurait conduit à un roman de 1000 pages. Qui de nos jours achèterait un polar aussi volumineux ?
Ne vous laissez pas impressionner par la grosseur du volume, "Le verdict" tient la route et saura vous passionner un bon moment, sans pour autant bousculer le genre. C'est tellement  plaisant de temps en temps de retrouver l'ambiance des prétoires et ses confrontations de témoins... Si vous aimez le genre, ne vous en privez pas !

Merci aux éditions Gallimard et au site BABELIO pour cette découverte.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Le discours de Laurent Tirard

 Maintenant que la jauge des cinémas est à 65 %, commencent à sortir les comédies françaises à potentiel, c'est à dire celles qui ont de...