samedi 17 novembre 2018

Les chatouilles de Andréa Bescond et Eric Metayer


Le sujet des "Chatouilles", de par son côté autobiographique et l'évidente sincérité qui en découle, reste inattaquable. Traiter des agressions sexuelles subies par la petite Odette durant son enfance, les dégâts psychologiques qui fatalement en résultent, puis, à l'âge adulte, la lente reconstruction pour parvenir à vivre à peu près normalement, ne peuvent que révolter, émouvoir.
Andréa Bescond, auteure, réalisatrice et comédienne ( elle joue Odette adulte) choisit pour son témoignage, en plus de s'attaquer frontalement au problème sans jamais de voyeurisme, qu'il soit aussi empreint d'un certain optimisme ( la résilience est possible) et d'une bonne dose d'humour.
Pas facile de mélanger abus sexuel sur enfant, optimisme et drôlerie ! Accompagnée par Eric Métayer à la réalisation, le film peine un peu à trouver son unité. Disons que le scénario ressemble à un burger : Deux tranches de narration dérangeante, intense, autour des abus subis durant l'enfance et du procès, et au milieu la narration éclatée, un poil clinquante, dansante, rêveuse, de l'Odette devenue adulte et se débattant pour essayer de (sur)vivre.
C'est cette garniture, prise en sandwich par les deux moments de grande intensité que sont l'ouverture et le final du film, qui pêche un peu. La caméra a beau virevolter dans tous les sens, la mise en scène jouer l'esbroufe en mélangeant les temporalités, en rajoutant de la danse, des sketches énervés ( on sent l'adaptation théâtrale), l'ensemble, à force mélanger les saveurs, peine à convaincre.
Cependant, on appréciera les comédiens ( courageux) comme Pierre Deladonchamps ( de plus en plus indispensable au cinéma français) et Karin Viard qui endossent des rôles de méchants avec talent et surtout un propos courageux, propre je l'espère, à faire émerger des paroles, des secrets enfouis au plus profond d'êtres brisés. Rien que pour cela "Les chatouilles"  mérite d'être vu, montré, discuté, même si ce n'est pas de la grande cuisine cinématographique, le thème l'emporte sur la réalisation.


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