mardi 20 novembre 2018

Anatomie de l'amant de ma femme de Raphaël Rupert



Ce premier roman a obtenu le prix de Flore. Est-ce donc avec Adeline Dieudonné et David Diop ( tous deux primés cette rentrée), mais aussi Nicolas Mathieu ( Goncourt pour un second roman)  l'arrivée d'une nouvelle vague de romanciers prêts à tailler des croupières aux anciens qui s'accrochent désespérément ? On peut le penser tellement chacun de ces écrivains arrivent à créer un univers bien particulier autour de sujets qu'ils osent triturer sans complexe.
"Anatomie de l'amant de ma femme" se pose déjà en roman original au milieu de ses confrères, il vise à faire rire ( sourire) son lecteur. Il est rare qu'une oeuvre humoristique soit couronnée ( même si le prix de Flore n'arrive pas encore à rivaliser avec Médicis et autre Renaudot ). Et si l'on rajoute qu'il est beaucoup question du sexe plutôt long et vigoureux d'un dénommé Léon, amant de l'épouse  soudain comblée du narrateur, peut être que l'intérêt grandira...  Quoiqu'il en dise, un(e) petit(e) cochon(ne) sommeille dans chaque lecteur-trice.
Ce qui peut toutefois calmer ces ardeurs de découverte,c'est sans doute que, hormis ce prétexte égrillard, le roman reste surtout centré sur la création littéraire. Le narrateur essaie d'écrire un improbable roman dont il ne maîtrise ni l'issue ni même l'exacte portée. Posé devant sa page blanche, il s'interroge beaucoup sur son travail d'écrivain, faisant appel à quelques maîtres du genre ( Proust, Kafka, Kundera, Melville, Tolstoï, Guyotat, ...), son esprit vagabondant. Mais, il est certain que la découverte via le journal intime de sa compagne, qu'un amant, Léon, la satisfait énormément plus que lui grâce à un long sexe vigoureux, va changer le cours de ses réflexions. Entre l'enquête pour savoir qui est ce Léon et ses réflexions sur les rapports littérature/sexe, notre narrateur explorera toutes les zones d'ombres de l'interrogation masculine quant à la virilité ou la pornographie.
Avec causticité, avec humour aussi, mais sans jamais rien lâcher d'une vraie culture littéraire, Raphaël Rupert joue avec les codes de l'autofiction autant qu'avec ceux du vaudeville ou des scénarios de films pornographiques. L'ensemble se lit agréablement sans toutefois convaincre complètement, comme si la sauce entre cette vraie culture universitaire et le prosaïque de la taille du membre de l'amant avait quand même du mal à se mélanger, à l'image du roman écrit par le narrateur qui essaie de lier Shoah et pétomanie.
"Anatomie de l'amant de ma femme", correspond tout à fait aux désirs de son éditeur, "L'arbre vengeur", de ne publier que des oeuvres insolentes et exigeantes, chacun de ces deux derniers termes pouvant servir de repoussoir pour certains. Original, pas complètement réussi à cause de quelques redites et d'une fin un peu vague, humant le hipster parisien, ce premier roman possède le culot de ceux que rien n'arrête et pour cela, on peut se laisser tenter ! 

1 commentaire:

  1. branlette intellectuelle et manu militari qui ne m'ont rien apporté. Première fois que je n'arrive pas au bout d'un livre par total désintérêt

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