jeudi 22 novembre 2018

Les bonnes intentions de Gilles Legrand


Le film démarre par le pompeux jingle de la Twenty Century Fox. Tout de suite remontent en mémoire "Sept ans de réflexion" ou " The full monty" ( pour ne parler que des comédies). On se cale dans son fauteuil, un peu curieux quand même de voir ce que donne ce parrainage insolite pour une comédie française aux allures banales. Après un générique un cran au-dessus de l'habitude ( celui de fin sera mieux fichu) et une ou deux répliques drôles ( celles de la bande annonce .... " J'ai une petite bonne malgache" ..." Pourquoi petite ? Elle est naine ? "), le désenchantement arrive vite. Ce portrait d'une bourgeoise de gauche, gauche, gauche, pleine d'empathie pour la misère du monde, dévouée jusqu'à l'écoeurement ( de sa famille mais très vite aussi des spectateurs, tellement son cabas pour le secours populaire est chargé), se prend très vite les pieds dans le tapis. Ce qui apparaissait au départ  pour un film luttant contre les préjugés, devient une comédie lourdingue qui accumule les clichés. Le scénario passe loin de son sujet initial pour s'achever dans un final qui essaie de faire larmoyer le public sans y parvenir, perdu depuis bien longtemps par une intrigue de passage de permis de conduire par des élèves étrangers du cours d'alphabétisation de l'héroïne particulièrement basse de plafond. Agnès Jaoui, cabotine un max ( normal, elle ne fait que reprendre un rôle qu'elle a beaucoup joué) au milieu d'une chinoise qui propose des massages intégraux, d'un roumain évidemment magouilleur, d'une bulgare pute ( Oh, GiedRé au cinéma !) ou d'un africain qui connaît mieux Fleury-Mérogis que les salles du centre social du coin. On reste de marbre ( ou presque, car on peut sourire parfois ici ou là) devant ce petit monde qui s'agite vainement.
Je ne suis donc pas certains que les bonnes intentions annoncées soient franchement à la hauteur. On voudrait être gentil avec un film qui essaie d'en afficher, mais quand on voit le résultat, avec la meilleure volonté du monde, on ne peut pas.


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