jeudi 7 février 2019

Belle-Amie de Harold Cobert


Vous ne l'attendiez pas et pourtant la voilà ! Une suite de "Bel-Ami" de Guy de Maupassant ( paru en 1885) se dresse fièrement en librairie. Mais quelle drôle d'idée ! Est-ce un coup d'éditeur ? Le résultat d'un pari après une soirée bien arrosée ? Une intention un poil vaniteuse de se glisser dans les rails d'un grand maître de la littérature française ? On ne sait pas trop mais le résultat est là, 416 pages d'une suite sous le patronage de Tatiana de Rosnay ! ( Certes grosse vendeuse, mais dont le dernier ouvrage a très justement déçu, y compris son lectorat le plus énamouré...donc bandeau à double tranchant).
Le roman débute par trois chapitres qui, malgré une évidente imprégnation du style de Maupassant, n'échappent pas à la lourdeur car il s'agit de (re)mettre à niveau le lecteur et de résumer les épisodes précédents. Donc on retrouve Georges Duroy de Cantel, parvenu grâce à ses différentes maîtresses à épouser la richissime Suzanne Walter et à devenir directeur d'un journal parisien appartenant à son beau-père. Parti de rien de sa campagne normande, il compte bien continuer son ascension dans la société et vise maintenant la politique et même un ministère.
Revanche, manipulations, corruption, vengeance seront les quatre mamelles d'une intrigue qui verra Georges gravir les marches de la gloire ...avant la chute. Des femmes bien sûr jalonneront ce parcours ( en fait pas tant que ça, car contrairement à ce que laisse supposer le titre, la gent féminine est ici en arrière-plan) qui rappelle pas mal un roman récent à succès, " Couleurs de l'incendie" de Pierre Lemaître mais avec nettement moins d'allant. Avec des thèmes aussi peu sexys que le magouillage sous la troisième république ou le montage financier du creusement d'un canal au Nicaragua, Harold Cobert parvient à attraper son lecteur et, il faut le dire, avec son imitation de Maupassant, arrive à nous faire revenir à la fin du XIXème siècle. De ce côté là, le pari est réussi, on s'y croit. Reste l'intrigue et le sens du roman eux, nettement plus lourdauds.
L'histoire, un peu prévisible, n'hésite pas à se servir de quelques ficelles (les petites scènes de bondage qui servent souvent à faire rebondir l'action et à donner du piment un peu éventé) ou à aller vers une morale que l'on voit venir. Georges a grimpé grâce aux femmes et chutera donc par les... Chut...je ne spoile pas ! On n'échappe pas non plus au clin d'oeil fort appuyé du "tous pourris" ( politiques, journalistes et, extrapolons, l'humain en général)  hier et donc, évidemment, aujourd'hui. Ca ne mange pas de pain mais ça reste clicheton. 
Pas désagréable à lire car, l'imitation de Maupassant est assez convaincante, " Belle-Amie" manque toutefois de relief dans son intrigue. Le vrai défi aurait été d'écrire, avec ce style et avec le regard acéré de notre grand écrivain normand, une description de nos beaux amis d'aujourd'hui. Peut être la prochaine fois ?

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