dimanche 3 février 2019

Le ciel sous nos pas de Leïla Bahsaïn


Une jeune fille, assez délurée, vit avec sa supposée soeur et sa supposée mère ( leur lignage reste flou) dans un petit appartement avec vue sur une place. Pas d'homme dans ce foyer pauvre qui vit grâce au commerce de contrebande.  Nous sommes dans un pays du Maghreb, la supériorité masculine est une évidence, le rôle de la femme celui d'une soumise. La narratrice, pas formatée pour deux dirhams, a un cerveau qui la pousse vers la liberté. Le chemin reste évidemment difficile, jalonné d'épreuves qu'elle contournera par une résistance passive non dénuée d'insolence. 
Ce genre de récit, de roman, fleurit très régulièrement depuis plusieurs années. L'âge des narratrices peut varier, leur condition sociale aussi mais leur désir de liberté se développe au fil des pages. "Le ciel sous nos pas" se démarque peu de ces précédentes versions mais possède, heureusement, sa propre musique. En évitant le misérabilisme tout comme en se jouant finement de quelques clichés, Leïla Bahsaïn, accroche son lecteur. Sans en rajouter sur le côté grande gueule de cette Zazie marocaine, l'auteure montre avec sagacité la complexité de sa situation dans un cocktail mélangeant machisme, religion débilitante, consommation et pouvoir de l'argent. Son style, empreint de poésie orientale mais bousculé par un langage plus actuel, rend son histoire très vivante et attachante. Et si, comme souvent, le roman a du mal à tenir la longueur avec une deuxième partie un peu moins inspirée, on appréciera ( tout du moins pour nous lecteurs occidentaux) ce vibrant hommage à la culture par les livres qui ouvrira les esprits de toutes les opprimées ( mais on peut aussi le mettre au masculin). Un joli message d'espoir, pas désagréable à lire ! 

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