jeudi 23 septembre 2021

La troisième guerre de Giovanni Aloi


 Faire un film sur ces hommes que nous voyons déambuler dans nos villes engoncés dans une tenue qui rappelle quelque cuirasse d'antiques guerriers ( revisitée du seyant motif camouflage ... étrange pour un environnement fait de béton et de boutiques bariolées) relève de la gageure, surtout pour un premier film. Giovanni Aloi a eu la bonne idée d'axer son film sur le point de vue de l'un de ces hommes des forces sentinelles, une jeune recrue ( Anthony Bajon) fraîchement débarquée de sa campagne natale puis du centre d'instruction. Cela aurait pu être intéressant, mais le scénario s'empêtre dans plusieurs directions jamais creusées, trop survolées ou clichés ( le final en film d'action peu inspiré). 

La démarche des trois acteurs principaux, lourdement habillés, déambulant tels des robots qui ne risquent pas de courser le moindre terroriste ( mais bon, ils ont des mitraillettes), donne le rythme du film. Assez lent, peu palpitant car visant surtout à nous montrer le peu d'intérêt dramatique que recèle ces longues marches sur les trottoirs, cette troisième guerre reste plus psychologique qu'aventureuse. Pour donner un peu de peps à tout cela, l'histoire s'intéresse aussi à la vie de caserne de ces hommes et n'évite hélas pas les personnages secondaires un peu clichés. Et à trop montrer ces jeunes adultes jonglant avec tous les travers de l'époque ( petit deal, inculture crasse, amateurs de fake news, ...), le film finit par être un poil ambigüe, ce qui pourrait lui donner un certain relief sauf que l'impression que tout cela reste plus maladroit que  volontaire s'insinue très vite. On essaie, en vain, de se passionner pour les acteurs ... qui font le job ...mais caparaçonnés dans leur tenue et dans un scénario et des dialogues réduits au minimum, ils n'ont guère de possibilités de jeu.  

Si pour un premier film, le thème choisi est original, le résultat reste quand même assez décevant et peu passionnant, comme sans doute de déambuler dans Paris toute une journée en slalomant en les papys promenant leur chien et les hommes au foyer traînant leur charrette de course. 







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