mardi 1 mars 2022

Vertidog de Léonie de Rudder


Pour son coup d'essai, Léonie de Rudder peut être fière, elle nous offre un roman totalement  contemporain, plein de verve, avec du fond et surtout garanti sans inceste, sans secret de famille, sans amant(e) dans un loft bourgeois ( oui, c'est possible). Dans une intrigue menée tambour battant, vous voyagerez à San Francisco en compagnie d'un jeune français en stage dans une start up tellement pleine d'empathie avec son personnel qu'elle le vire dès la première sensation de négativité. Parce qu'il a envie de rester dans cette ville qui offre quand même une foultitudes de possibilités quand on un jeune geek créatif, en attendant de créer l'appli qui déchirera, il vivote en déambulant avec des chiens à ses pépères et mémères en tant que dog-walker. 
Sur cette base et suite à une rupture amoureuse, nous suivrons la folle journée de ce jeune français, accro à son portable, cherchant un nouveau toit pour la nuit via une appli ( Tinder) et instagrammant au mieux ces instants mélancoliques, histoire que de nombreux likes le fasse sentir vivant. 
Le roman, très cinématographique dans ses références ( "Vertigo" y joue un certain rôle) voire dans sa succession de portraits et de rebondissements,  n'est pas sans rappeler "After Hours" de Martin Scorcese avec sa suite de galères qui auscultent au plus près nos sociétés, ici totalement vouées à des activités digitales ( pas sur peau mais sur écrans tactiles). Sous des airs légers, "Vertidog" sait aussi se montrer caustique, gentiment moqueur, interrogeant son lecteur quant à notre avenir sous le joug d'activités numériques ou à la merci des gourous du bien-être.
Le rythme effréné de cette chaude journée ( avec une petit moment un peu mou du genou lors de la rencontre avec cette créature aux puces greffées sous la peau) nous conduira au bout d'une nuit qui nous laissera aussi pantelant que son héros mais ravi d'un lecture contemporaine, simple ( malgré un vocabulaire geek bien fourni) et assurément très agréable. 



 

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