mercredi 9 septembre 2020

Festival 2020 du film américain de Deauville (2)

 



Une fois la cohue du week end passée, le festival continue en une version plus adaptée à son public de rentiers retraités. Sur les écrans, on a l’impression que les organisateurs réservent la grosse artillerie pour le deuxième week end à venir. Du coup, pas de films labellisés Cannes et une sélection en demi-teinte qui n’a pas vraiment enthousiasmé le public.

En compétition lundi et mardi, 3 films de femmes cinéastes sur 4 montrent combien la parité est bien respectée ici à Deauville, preuve que le cinéma indépendant US semble s’ouvrir se féminiser un petit peu. Les thèmes récurrents qui font dire à tout le monde que ce festival donne une autre vision des États Unis sont bien présents, avec des thèmes tournant autour de la misère sociale au fin fond de quelques états peu mis en avant par les gros studios ( mais peut on parler de mise en avant par le cinéma indépendant quand on voit un peuple vivant au pied d’usines polluantes dans des maisons miteuses et sombrant dans la drogue ou l’alcool ? ).

«  Holler » , premier film de Nicole Riegel n’échappe pas à cette catégorie où deux jeunes précaires du sud de l’Ohio travaillent chez un ferrailleur pas très net pour pouvoir envoyer l’un des deux à l’université. Le propos est louable, la réalisation rappelle les frères Dardenne ou Ken Loach mais l’ensemble  pâtit d’un scénario pas bien original qui donne une impression de déjà vu ...en mieux. 

D’autres ados, du sud des États Unis nous attendaient dans « Giants Boeing Lonely » de Grear Patterson ( également premier film). Lycéens un peu désœuvrés, riches ou pauvres, ils vivent des situations plus ou moins compliquées au sein de leur famille. Ils flirtent, jouent au base ball et préparent le bal de fin d’année. Rien de bien nouveau ici aussi quant au thème qu’une réalisation naviguant entre des scènes façon arty et des plans imitation Instagram essaie de transcender sans y parvenir réellement. 

Pour nous changer un peu les idées nous avons eu une comédie d´Eleanor Coppola ( la femme de Francis Ford! ) «  Love is Love is Love » mettant en scène des gens de sa génération ( et de sa condition), c’est à dire des seniors pétés de thunes. Ce film à sketches ( Bon ok, il y avait aussi des histoires avec des gens un peu plus jeunes) a fait frémir d’aise les brushing impeccables d’une partie du public qui s’est bien retrouvée dans cet humour d’un autre âge, ultra convenu et sans l’ombre d’un second degré. 

Pour pimenter ces deux jours, nous avons quand même pu admirer la nouvelle œuvre de la quasi cultissime Kelly Reichardt «  First Cow ». Pas d’ados, ni de seniors au fin fond de l’Oregon ( le ciné indépendant adoré les fins fonds des états), juste deux hommes qui veulent s’en sortir. Nous sommes en 1820 et beaucoup d’espoirs peuvent naître à cette époque. Le film raconte comment en volant le lait d’une vache pour fabriquer des gâteaux, on peut monter un petit commerce florissant. Lent et contemplatif, le film revisite la plupart des mythes de la société américaine en lorgnant bien sûr sur aujourd’hui. Exigeant, peut être un peu trop minimaliste et abusant de plans «  au travers de...portes, fenêtres, branchages,...) , le film finit par emporter le morceau mais n’a pas électrisé le public si j’en juge par les trois personnes à côté de moi qui ont préféré la sieste de bon matin ( c’était la séance de 10h30!). 

Sinon Deauville, c’est aussi d’autres films de l’industrie du cinéma américain, plus studio. Ont été projetés, notamment,  le premier long-métrage de l’acteur John Leguizamo «  Critical Thinking » ( des ados perdus ( encore!), un prof formidable qui les sort de leur condition en les faisant jouer aux échecs. Classique, plein de bons sentiments le film se démarque par des parties d’échec filmées de façon rapide et rythmée) ou «  Bad Education » de Cory Finley avec Hugh Jackman ( classique film sur une histoire de fonds détournés dans une école publique américaine, scandale révélé par le journal des lycéens ( un peu moins désœuvrés ceux-ci)  ou encore un thriller avec des ados  ( aller, en chœur : désœuvrés et au fin fond du ... Kentucky) «  Don’t Tell a Soul » de Alex Mac Aulay, dont les rebondissements en chaîne finissent par rendre l’ensemble assez improbable. 

Le festival continue ... la compétition aussi... Je file ...Ce matin encore un ado et son copain taciturne... Décidemment... le cinéma US s’inquiète pour sa jeunesse... Rien que lui ? Espérons que non ! 



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