samedi 12 septembre 2020

Palmarès du festival du film américain de Deauville 2020


 Le grand gagnant de cette édition est donc le deuxième film de Sean Durkin : "The Nest", grand prix, prix de la critique, prix de la révélation.  Précédé par la réputation de son premier film "Martha, Marcy, May, Marlène" sorti en 2012 en France et devenu culte au fil du temps, on peut penser que le regard fut  bienveillant pour ce long-métrage pourtant pas bien original. Servi par un couple d'acteurs parfaits ( Jude Law et Carrie Coon), le film ne décolle pas énormément, empruntant un chemin balisé et sans surprise. Filmé sobrement et dans des couleurs sombres, on le regarde avec un ennui distingué. Est-ce que le fait qu'il soit bientôt distribué en France ( contrairement à la plupart de ceux en compétition) par le groupe M6 a joué en sa faveur ? 

Sinon, le jury mené par Vanessa Paradis a primé d'autres film et sans conteste, ceux qui le méritaient quand même un peu dans cette sélection pas bien affriolante. Kelly Reichardt avec "First Cow", ne pouvait repartir bredouille tant son cinéma, certes minimaliste, touche de façon essentielle en abordant les grands sujets par la petite histoire ( ici le mythe américain revisité avec un suspens pâtissier à base de beignets). Sabrina Doyle avec "Lorelei" prouve que l'on peut filmer l'Amérique profonde tout en y injectant une vraie histoire et filmer le tout avec un regard un poil plus original que ses nombreux confrères en compétition cette semaine sur un thème sensiblement identique. 

Heureusement qu'un autre jury ( celui de la révélation, présidé par Rebecca Zlotowski) a eu la pertinence de primer pour sa mise en scène, l'impeccable " The Assistant"  premier film de la très prometteuse Kitty Green, sans doute le long-métrage le plus maîtrisé et le plus prenant de la semaine.  

Un mot sur le prix du public pour le gentil  "Uncle Franck"  jolie bluette sur le coming out un peu forcé d'un universitaire auprès de sa famille ( vivant comme de bien entendu au fin fond d'un état bien craignos). Assez banal mais agréable à regarder, il a fait l'unanimité et c'est plutôt sympa à savoir même si l'on n'atteint pas des sommets de cinéphilie. 




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